LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204953

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204953

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204953
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS PEQUIGNOT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête n°2204953, un mémoire additionnel et en demande de jonction, et un mémoire en réplique, enregistrés le 29 septembre 2022, le 17 octobre 2022 et le

15 mars 2023, le syndicat Union Nationale Interuniversitaire (UNI), représenté par Me Frédéric-Pierre Vos, avocat de la SELARL LVI Avocats Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la présidente de l'université Rennes 2 a autorisé l'organisation, les 15 octobre 2022 et 19 novembre 2022, d'un atelier de découverte du logiciel Ableton Live, en le réservant aux femmes ;

2°) de joindre la présente requête avec celle enregistrée sous le n°2205137 ;

3°) de mettre à la charge de l'université Rennes 2 le paiement d'une somme de

2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a qualité et intérêt à agir pour contester la décision de la présidente de l'université Rennes 2, au regard de son objet social ;

- la décision d'organisation des deux sessions de formation litigieuses a bien le caractère d'une décision administrative, de portée réglementaire et faisant grief ;

- son recours a été introduit dans le délai de recours de deux mois, l'information relative à l'organisation de cet atelier de formation ayant fait l'objet d'une publication diffusée le 21 septembre 2022 sur le site internet de l'université Rennes 2 ;

- la décision contestée est illégale, en ce qu'elle prévoit l'organisation d'un atelier par le service culturel de l'université, sans qu'il soit établi que la création de ce service a fait l'objet d'une délibération d'approbation du conseil d'administration et que les statuts de l'université, ainsi approuvés, ont été transmis au ministre de l'enseignement supérieur pour validation ainsi qu'au recteur de l'académie de Rennes ;

- ni le service culturel de l'université ni la présidente de l'université n'ont compétence pour organiser des formations diplômantes de manière autonome ;

- la décision contestée, directement tirée de l'idéologie du wokisme, en provenance des Etats-Unis d'Amérique, est contraire aux principes que l'université Rennes 2 a entendu se fixer dans le préambule de ses statuts universitaires, qui se réfèrent à l'article L. 811-1 du code de l'éducation ;

- la décision contestée viole, en tout état de cause, les grands principes qui s'imposent à l'administration tels qu'affirmés dans le code de l'éducation ou au titre des principes constitutionnels d'égalité et de non-discrimination ;

- la décision contestée méconnaît l'article L. 111-5 du code de l'éducation ;

- le principe de neutralité de l'action administrative interdit à l'administration de prendre des positions ou d'adopter des comportements qui s'écarteraient de la neutralité, au seul prétexte d'un effet de mode ou d'un affaiblissement général du sens commun ;

- l'organisation d'une activité artistique autour d'un logiciel informatique dont l'usage n'a rien à voir avec le genre masculin ou féminin des participants, en restreignant son enseignement à un seul sexe, sans motiver ce qui justifierait cette restriction, est illégale, discriminatoire et erratique ;

- la présidente de l'université Rennes 2 a commis une erreur manifeste d'appréciation en autorisant l'organisation de cet atelier non mixte.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 février 2023 et le 10 mars 2023, l'université Rennes 2, représentée par Me Laurent Péquignot, avocat de la SARL Péquignot avocat, conclut :

1°) à titre principal, à ce que le tribunal constate qu'il n'y a plus lieu de statuer ;

2°) à titre subsidiaire, à l'irrecevabilité de la requête ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, au rejet de la requête au fond ;

4°) à ce qu'il soit mis à la charge du syndicat UNI le paiement d'une somme de

3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le syndicat requérant a été informé, dès le 29 septembre 2022, que la présentation de l'atelier litigieux avait été modifiée afin de permettre son ouverture à tous les étudiants puis, par une décision du 10 octobre 2022, du report de cet atelier au second semestre de l'année universitaire, en maintenant le principe d'une inscription ouverte à l'ensemble des étudiants et du personnel de l'université ;

- la requête du syndicat UNI dirigée contre la décision du 21 septembre 2022 est devenue sans objet, dès lors que l'atelier litigieux, dans sa conception initiale, n'a pas eu lieu et n'aura jamais lieu ;

- la requête est irrecevable en ce qu'elle est présentée par le syndicat UNI qui ne saurait se prévaloir des termes très généraux de son statut pour justifier de sa qualité à agir contre la décision litigieuse relative à un atelier culturel portant sur la découverte d'un logiciel musical professionnel ;

- les dispositions de l'article L. 711-7 du code de l'éducation prévoyant une transmission au ministre chargé de l'enseignement supérieur des statuts, approuvés par délibération du conseil d'administration de l'université, n'ont pas pour effet de conditionner l'entrée en vigueur des délibérations d'un établissement universitaire, qui dispose de l'autonomie administrative ;

- l'atelier litigieux, organisé par le service culturel de l'université, conformément aux missions qui lui ont été dévolues, n'avait pas vocation à dispenser une formation diplômante ;

- le syndicat requérant ne démontre pas que le service culturel aurait excédé ses compétences en programmant l'atelier litigieux qui, au surplus, ne s'est pas tenu ;

- l'objectif de l'atelier " découverte Ableton Live ", initialement réservé aux femmes, était de promouvoir la parité dans le milieu professionnel de la musique, dans lequel une majorité d'hommes est présente, en favorisant la formation des femmes.

Un mémoire en défense a été enregistré pour l'université Rennes 2 le 19 mars 2023, mais n'a pas été communiqué.

Un mémoire en défense a été enregistré pour le syndicat UNI le 21 mars 2023, mais n'a pas été communiqué, la clôture de l'instruction étant intervenue trois jours francs avant la date de l'audience fixée au 23 mars 2023.

II - Par une requête n°2205137 et un mémoire, enregistrés le 11 octobre 2022 et le

15 mars 2023, le syndicat Union Nationale Interuniversitaire (UNI), représenté par Me Frédéric-Pierre Vos, avocat de la SELARL LVI Avocats Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 septembre 2022 par laquelle la présidente de l'université Rennes 2 a décidé que l'atelier de découverte du logiciel Ableton Live, organisé les

15 octobre 2022 et 19 novembre 2022, serait ouvert à l'ensemble des étudiants et du personnel de l'université ainsi que la décision du 10 octobre 2022, modifiant les décisions prises les 21 et

26 septembre 2022, reportant la tenue de cet atelier au second semestre de l'année universitaire ;

2°) de joindre la présente requête avec celle enregistrée sous le n°2204953 ;

3°) de mettre à la charge de l'université Rennes 2 le paiement d'une somme de

2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a qualité et intérêt à agir pour contester la décision de la présidente de l'université Rennes 2, au regard de son objet social ;

- les deux décisions contestées, relatives aux conditions d'organisation de deux sessions de formation, ont bien le caractère de décisions administratives, de portée réglementaire et faisant grief ;

- ni la présidente de l'université, ni le service culturel ne sont compétents pour transformer une activité ludique en formation diplômante, le tout sans l'accompagnement pédagogique et scientifique requis pour la circonstance ;

- les décisions de la présidente de l'université, en tant qu'elles émanent du service culturel, sont entachées d'un vice de forme, dès lors qu'il n'est pas établi que ce service aurait été régulièrement créé, par délibération du conseil d'administration transmise au ministre de l'enseignement supérieur ;

- la décision du 10 octobre 2022 est également viciée en ce qu'elle ne prévoit pas de notification individuelle pour les personnes préinscrites aux séances initialement programmées les 15 octobre 2022 et 19 novembre 2022 et en ce que l'inscription des premiers participants était irrégulière au regard des conditions d'accès prévue le 21 septembre 2022 ;

- la décision du 10 octobre 2022 présente enfin le caractère d'un acte individuel dont la motivation est répréhensible ;

- les décisions contestées méconnaissent le principe d'égalité d'accès au service public, la modification intervenue le 26 septembre 2022 ne permettant pas aux hommes de retrouver un accès égal à l'atelier organisé par le service culturel, compte tenu du nombre de places limité ;

- le tribunal ne saurait rendre une décision de non-lieu à statuer, dans la mesure où les trois décisions successivement intervenues pour l'organisation de l'atelier litigieux ne sont pas définitives, où elles ont chacune reçu un début d'exécution et où l'acte d'origine n'a pas été retiré ;

- les décisions contestées se fondent sur un postulat non démontré, selon lequel les femmes seraient sous-représentées dans les métiers du son, ne permettant pas de justifier une dérogation aux principes de neutralité et d'égalité ;

- les décisions contestées sont entachées d'un détournement de pouvoir, la présidente de l'université ayant ainsi tenté de trouver un fondement juridique à une pratique discriminante.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 février 2023 et le 10 mars 2023, l'université Rennes 2, représentée par Me Laurent Péquignot, avocat de la SARL Péquignot avocat, conclut :

1°) à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à ce qu'il soit mis à la charge du syndicat UNI le paiement d'une somme de

3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête du syndicat UNI est irrecevable, en ce qu'elle est partiellement dirigée contre la décision du 10 octobre 2022 de report de la tenue de l'atelier qui n'est pas un acte susceptible de recours ;

- la requête est irrecevable en ce qu'elle est présentée par le syndicat UNI qui ne saurait se prévaloir des termes très généraux de son statut pour justifier de sa qualité à agir contre les décisions litigieuses ;

- le moyen tenant au vice de procédure dont seraient entachées les décisions contestées est imprécis et, en tout état de cause, non fondé ;

- la décision du 10 octobre 2022, qui est un acte réglementaire à portée générale et impersonnelle, a fait l'objet d'une publication sur le site internet de l'université, conformément aux exigences de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'objectif initial de l'atelier litigieux était légitime, puisqu'il tendait à favoriser la formation des femmes alors que le secteur de la musique connaît des inégalités de genre, et était proportionné, puisqu'il ne concernait que deux sessions d'un atelier de découverte d'un logiciel musical ;

- la rupture d'égalité alléguée n'a pas eu lieu puisqu'elle a fait le choix d'annuler les inscriptions initiales et de reporter la tenue de l'atelier ;

- le détournement de pouvoir invoqué n'est pas établi, les décisions du

26 septembre 2022 et du 10 octobre 2022 ayant eu pour objet d'ouvrir l'accès des ateliers à tous.

Un mémoire en défense a été enregistré le 19 mars 2023 à 17h30 pour l'université Rennes 2, quelques heures avant la clôture automatique de l'instruction intervenant trois jours francs avant l'audience fixée au 23 mars 2023, et n'a pas été communiqué

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la constitution du 4 octobre 1958, et notamment son préambule ;

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de Me Vos, représentant le syndicat UNI et de Me Houdyer, représentant l'université Rennes 2.

Deux notes en délibéré, présentées par Me Vos pour le syndicat UNI, ont été enregistrées le 24 mars 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Le service culturel de l'université Rennes 2 a programmé, pour la saison 2022-2023, l'organisation d'un atelier de découverte d'Ableton Live, logiciel musical professionnel, en deux sessions, tout en précisant que " cet atelier est ouvert en non-mixité et est réservé aux femmes ". Saisie par le syndicat Union Nationale Interuniversitaire (UNI) de cette programmation réservée aux femmes, la présidente de l'université Rennes 2 a, par un courrier du 29 septembre 2022, exposé le contexte ayant conduit le service culturel à cibler un public féminin, lequel est moins représenté dans les métiers du son, tout en décidant de tenir compte des incompréhensions suscitées et d'ouvrir, en conséquence, l'atelier à l'ensemble des étudiants et du personnel de l'université. Elle précisait, dans ce courrier, qu'un candidat était d'ores et déjà inscrit à cet atelier. Le 10 octobre 2022, le service culturel de l'université publiait sur son interface accessible depuis Internet une information relative au report au second semestre de l'année universitaire des deux sessions de l'atelier découverte d'Ableton Live, initialement programmées les samedis 15 octobre 2022 et 19 novembre 2022. Par une requête enregistrée sous le n°2204953, le syndicat UNI demande l'annulation de la décision initiale de la présidente de l'université Rennes 2 d'organiser un atelier réservé aux femmes selon deux sessions devant se tenir les 15 octobre 2022 et 19 novembre 2022. Par une requête enregistrée sous le n°2205137, le même syndicat demande l'annulation de la décision du 26 septembre 2022 de la présidente de l'université Rennes 2 d'ouvrir l'atelier découverte à tous, ainsi que de la décision du 10 octobre 2022 reportant les sessions de l'atelier au second semestre de l'année universitaire. Ces deux requêtes portant sur les conditions d'organisation d'un même atelier par le service culturel de l'université Rennes 2, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

3. Il ressort des pièces du dossier que par une première décision du 26 septembre 2022, la présidente de l'université Rennes 2 a modifié les conditions d'accès aux deux ateliers organisés par le service culturel et proposant la découverte du logiciel Ableton Live, en précisant qu'ils seraient accessibles à tous les étudiants et membres du personnel de l'établissement. Par une seconde décision du 10 octobre 2022, la tenue des ateliers, initialement programmée les

15 octobre 2022 et 19 novembre 2022, a été reportée au second semestre de l'année universitaire. Dans le cadre de la présente instance, l'université Rennes 2 soutient avoir annulé les premières inscriptions enregistrées à la suite de la programmation annoncée le 21 septembre 2022, puis avoir proposé de nouvelles inscriptions, ouvertes à tous en décembre 2022 pour les ateliers désormais organisés les 28 janvier 2023 et 4 mars 2023. Elle produit, pour en justifier, un extrait du site internet de son service culturel qui propose l'inscription aux deux sessions de l'atelier de découverte du logiciel Ableton Live avec la mention " Atelier réservé aux étudiant.es et membres du personnel de l'Université Rennes 2 " ainsi que la liste des participants inscrits, laquelle est composée d'étudiants des deux sexes. Par ces éléments, l'université établit suffisamment que la décision initiale du 21 septembre 2022 d'ouvrir des ateliers de découverte réservés aux femmes a été retirée et que les inscriptions alors enregistrées, bien que révélant un début d'exécution de cette décision, ont été privées de tout effet. Dans ces conditions, l'université Rennes 2 est fondée à soutenir que la décision du 21 septembre 2022, contestée par la requête n°2204953, est devenue sans objet dès lors que les ateliers litigieux, dans leur conception initiale, n'ont pas eu lieu et n'auront jamais lieu. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par l'université Rennes 2 s'agissant de la décision du 21 septembre 2022 doit être accueillie. Seules restent, en conséquence, en litige la décision du 26 septembre 2022 ouvrant à tous les étudiants et membres du personnel de l'université Rennes 2 la participation aux ateliers de découverte du logiciel Ableton Live et la décision du 10 octobre 2022 de report de la tenue de ces ateliers au second semestre de l'année universitaire 2022-2023.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

4. Aux termes de l'article 2 de ses statuts, l'association Union nationale Inter-Universitaire, dite UNI, s'est donnée pour objet : " la défense des droits et intérêts matériels et moraux tant collectifs qu'individuels des lycéens, des étudiants et des enseignants. ". Ce même article précise que : " L'UNI est organisée suivant une formule tripartite ; elle englobe les étudiants et les lycéens, les enseignants et tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de l'enseignement et de la recherche et qui souhaitent promouvoir la connaissance et la culture auprès de l'ensemble des Français. L'UNI a vocation à œuvrer à un but d'intérêt général, dans une voie profitable à la création d'un véritable esprit civique, aussi nécessaire à la vie de la Nation qu'à l'Université, et de favoriser l'engagement dans le débat public. ". L'article 3 desdits statuts prévoit que : " Pour atteindre cet objet, l'association se propose de créer des organismes et des cercles d'études qui lui fourniront les moyens de développer son activité. / L'association pourra également susciter la création d'organismes annexes ou indépendants, notamment de caractère philanthropique, sportif et éducatif, pour l'aider dans la réalisation de son objet. / Elle pourra présenter des candidats et des listes aux élections lycéennes et universitaires, organiser des stages, des conférences, des cycles d'étude, des réunions, des débats, et publier un journal, des brochures et autres publications. / L'association pourra ester en justice. ". Enfin, selon l'article 7 de ces statuts : " L'association nationale est divisée en unions régionales formées chacune par l'ensemble des sections de base constituées dans la région dans le cadre des disciplines ou des établissements. Les unions régionales délèguent chacune un représentant à l'Assemblée générale. / L'UNI peut par ailleurs créer des associations locales afin de favoriser son activité sur le territoire national. ".

5. Les décisions contestées portent sur l'organisation, dans le cadre de la programmation culturelle et artistique de l'université Rennes 2, d'un atelier de découverte du logiciel musical Ableton Live, dont l'accès a été réservé aux étudiants et au personnel de l'établissement. Toutefois, eu égard à la portée des décisions litigieuses, le syndicat UNI ne justifie pas, en tant qu'organisation nationale, d'un intérêt lui donnant qualité pour contester ces décisions. Il ne soutient pas même avoir des adhérents au sein de l'université Rennes 2 dont les droits et prérogatives auraient été atteints par les décisions litigieuses ou encore être dûment mandaté pour représenter les intérêts d'une de ses associations locales. En outre, et en tout état de cause, le syndicat UNI ne saurait raisonnablement soutenir que la décision par laquelle la présidente de l'université Rennes 2 a finalement permis à tous les étudiants et membres du personnel, sans considération de sexe, de s'inscrire aux ateliers litigieux, ainsi que la décision par laquelle elle a reporté la tenue de ces ateliers au second semestre de l'année universitaire en cours, portent atteinte aux intérêts qu'elle entend défendre. Ces décisions, en modifiant les conditions d'organisation des ateliers litigieux, ont en effet pris en considération les principaux griefs que le syndicat UNI avait exposés dans son recours gracieux adressé à la présidente de l'université, satisfaisant ainsi les attentes exprimées par ce syndicat. Au regard de ces éléments, le syndicat UNI ne justifie ni de sa capacité, ni de son intérêt pour agir contre les décisions restant en litige. Dès lors, et ainsi que le fait valoir l'université Rennes 2 en défense, ses conclusions tendant à l'annulation des décisions du 26 septembre 2022 et du 10 octobre 2022 sont irrecevables et doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge du syndicat UNI, partie perdante, le versement à l'université Rennes 2 d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées au même titre par le syndicat requérant ne peuvent, en revanche, qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 septembre 2022 de la présidente de l'université Rennes 2 autorisant l'organisation, les 15 octobre 2022 et 19 novembre 2022, d'un atelier de découverte du logiciel Ableton Live réservé aux femmes.

Article 2 : La requête n°2205137 et le surplus des conclusions de la requête n°2204953 présentés par le syndicat UNI sont rejetées.

Article 3 : Le syndicat UNI versera à l'université Rennes 2 la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat UNI et à l'université Rennes 2.

Une copie du présent jugement sera adressée pour information à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et au recteur de l'académie de Rennes, chancelier des universités.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

La rapporteure,

signé

M. Thalabard

Le président,

signé

G.-V. VergneLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2204953,2205137

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions