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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2205040

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2205040

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2205040
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantGOURLAOUEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2022 à 15 h 55, M. E C, représenté par Me Gourlaouen, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 3 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 3 octobre 2022 l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours à Rennes, avec remise de son passeport, astreinte à se présenter deux fois par semaine à la police, et astreinte à demeurer à son domicile entre 18 h et 21 h ;

4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer sa situation dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les arrêtés sont entachés d'incompétence ;

L'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi :

- est entaché d'une erreur de droit pour être fondé sur le 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entaché d'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant au regard des dispositions des articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

La décision d'interdiction de retour d'une année :

- méconnaît l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant au regard des dispositions des articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

L'arrêté portant assignation à résidence :

- est illégal par voie d'exception ;

- méconnaît l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de New York relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Radureau, vice-président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D, qui informe les parties de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur une substitution de base légale concernant l'application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les observations de Me Gourlaouen, représentant M. C qui indique que le préfet a commis une erreur de droit en fondant l'obligation de quitter le territoire sur le 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il séjourne en France depuis plus de trois mois et indique qu'il travaille comme maçon, que sa fille est scolarisée en classe de 6ème et qu'il dispose d'attaches familiales, sa mère séjournant régulièrement sur le territoire et son frère se trouve également en France.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant géorgien né le 21 février 1980, est entré sur le territoire français le 26 octobre 2017 accompagné de son épouse et de sa fille mineure. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 23 avril 2018 et par la Cour nationale du droit d'asile le 31 octobre 2018. Par des arrêtés du 18 février 2021 le préfet d'Ille-et-Vilaine a fait obligation de quitter à M. C et à son épouse de quitter le territoire français dans les trente jours en fixant le pays de destination. Séjournant irrégulièrement sur le territoire et n'ayant déposé aucune demande de titre de séjour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris à l'encontre de M. C le 3 octobre 2022 un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et décidé une interdiction de retour sur le territoire d'un an. Par arrêté du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence. Le requérant demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. M. C justifie avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il y a par suite lieu, en application des dispositions précitées, de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la compétence de l'auteur des arrêtés :

4. Par un arrêté du 13 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à M. B A, chef du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière et signataire des arrêtés attaqués, pour signer notamment les obligations de quitter le territoire français et les assignations à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des actes attaqués manque en fait.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et le pays de renvoi :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 5221-5 auquel il est ainsi renvoyé : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. ". Selon l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : () / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ".

6. Il ressort des termes de l'arrêté que le préfet d'Ille-et-Vilaine, a retenu que M. C ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'est également fondé sur la circonstance que l'intéressé déclarait exercer illégalement une activité professionnelle de maçon sans être titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit dans l'application des dispositions du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En tout état de cause, le préfet d'Ille-et-Vilaine a également fondé la décision portant obligation de quitter le territoire sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le requérant ne soutient pas qu'il ne se trouverait pas dans le cas prévu par ces dispositions qui étaient de nature à fonder la décision d'éloignement attaquée.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Si M. C indique être présent sur le territoire français depuis le mois d'octobre 2017, il ressort de la chronologie rappelée au point 1 que sa demande d'asile a été rejetée en 2018 qu'il a fait d'une mesure d'éloignement en 2021 et s'est maintenu sur le territoire sans avoir présenté de demande de titre de séjour. La preuve d'une insertion particulière en France n'est rapportée par aucune pièce du dossier et si M. C indique avoir travaillé dans le secteur du bâtiment, outre l'absence de toute justification, il l'a fait en utilisant une carte d'identité usurpée. La présentation d'une seule feuille d'imposition au titre des revenus de l'année 2021 sans indication des ressources déclarées ne permettant pas plus de démonter une insertion au plan social ou professionnel. Le requérant ne justifie pas être dépourvu de liens familiaux en Géorgie où il a vécu jusqu'à l'âge de 37 ans et si sa mère bénéficie d'un titre de séjour pour raisons de santé il n'est pas établi qu'elle serait dépendante de son fils et n'a en tout état de cause pas vocation à séjourner durablement sur le territoire. L'épouse de M. C se maintient également irrégulièrement sur le territoire et si sa fille est scolarisée en France il n'est établi l'existence d'aucun obstacle à ce que cette scolarité soit reprise et poursuivie en Géorgie. Il ne peut être considéré, dans ces conditions, que le préfet d'Ille-et-Vilaine, en décidant d'obliger M. C à quitter le territoire, aurait porté au droit de l'intéressés au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " et aux termes de l'article 9 de cette convention : " Les enfants ne peuvent pas être séparés de leurs parents, à moins que ce soit pour leur bien. Les enfants dont les parents sont séparés doivent garder le contact avec leurs deux parents, sauf si ceci est néfaste pour l'enfant. ".

11. La mesure d'éloignement contestée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer M. C de sa fille ou sa fille de sa famille et la cellule familiale pourra se reconstituer en Géorgie où sa fille a vocation à accompagner ses parents. Par ailleurs il n'est pas établi que la scolarisation de la fille de M. C, engagée en France, ne pourrait être poursuivie dans ce pays. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit donc être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. C pas fondé à demander l'annulation des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays d'éloignement.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire d'une année :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-7 du même code : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour. () ".

14. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

15. En premier lieu, il ressort des motifs de l'arrêté contesté que pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire, le préfet a tenu compte de ce que M. C a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas mise à exécution sans invoquer de motif légitime, de l'absence de justification de l'ancienneté de ses liens sur le territoire, de l'absence de liens personnels et familiaux en France autres que ceux évoqués à savoir outre sa femme et sa fille, sa mère et son frère, et qui ne sont pas exclusifs de ceux conservés en Géorgie, que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public et il a écarté l'existence de circonstances humanitaires pour fixer à une année la durée d'interdiction de retour sur le territoire. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a ainsi examiné l'ensemble des critères fixés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché d'une erreur de droit sa décision de fixer à un an la durée de l'interdiction de retour prononcée contre l'intéressé.

16. En deuxième lieu, le requérant n'établit l'existence d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé à son encontre d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire et rentrait dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite M. C qui a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 à 11 les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation doivent être écartés.

18. Il résulte de ce qui précède que M. C pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

19. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision l'assignant à résidence serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde doit être écarté.

20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ;le préfet peut prendre une mesure d'assignation à résidence à l'encontre d'un étranger qui fait l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire français et qui présente des garanties propres à prévenir le risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement./ () ".

21. L'arrêté portant assignation à résidence étant fondé sur les dispositions citées au point 20, M. C n'est pas fondé à invoquer une méconnaissance des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont applicables dans le cas de la notification d'une décision de transfert.

22. Les conclusions dirigées contre l'arrêté portant assignation à résidence doivent, par suite, être rejetées.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C dirigées contre l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 3 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine avec interdiction de retour sur le territoire d'un an et l'arrêté du même jour l'assignant à résidence, doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

24. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent, dès lors, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

signé

C. DLe greffier,

signé

M.-A. Vernier

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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