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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2205128

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2205128

jeudi 27 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2205128
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantOGIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 et 14 octobre 2022, les sociétés A.L.M., B, Baldi Lavage, Embruns, Le Florany, A, Jytel, Karwash, Ker Auto Net', Lavage Eco Service, EURL Lavage Landevantais, Lav'Auto 56, Lorric Cogard, Maricou, Mouss'Auto Sarz'eau, Ples'car Wash, Le Port, Riantec Lavage, Rubis Lavage, Salav, société de Lavage Automobile et Symono, représentées par Me Ogier, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre principal, d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 6 octobre 2022 portant modification de l'arrêté du 12 août 2022 plaçant le département du Morbihan en crise sécheresse et portant limitation provisoire de certains usages d'eau en tant qu'il limite l'autorisation de l'activité des stations de lavage de voiture à une piste sur deux en utilisant les seuls programmateurs basiques jusqu'au 30 novembre 2022 et non en tant qu'il abroge le précédent arrêté applicable en date du 12 août 2022 ;

2°) à titre subsidiaire,

* d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 6 octobre 2022 du préfet du Morbihan en tant qu'il interdit partiellement l'activité des stations de lavage sans prévoir de dispositif d'aides ;

* d'enjoindre au préfet du Morbihan d'examiner leur situation et de prendre des mesures d'aides financières, dans un délai de quatre jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) en toute hypothèse, de mettre à la charge de l'État le versement à chacune d'elles de la somme de 2 500 euros à chacune sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite : l'arrêté emporte fermeture administrative de l'ensemble des entreprises ayant une activité de station de lavage automobile dans le département du Morbihan pour la période du 12 août au 31 août 2022, les privant de 60 % à 80 % de leur chiffre d'affaires sur le mois d'août et de son intégralité pour les mois de septembre et d'octobre, alors qu'elles doivent continuer à supporter des charges fixes dont la rémunération de leurs salariés ; elles ont ainsi perdu, selon les entreprises entre 30 % et 40 % de leur chiffre d'affaires annuel qui ne leur permet plus de faire face à leurs charges d'exploitation incompressibles ; leurs pertes d'exploitation ne sont pas prises en charge par leurs contrats d'assurance et toutes n'ont pas la trésorerie nécessaire pour faire face à cette cessation temporaire d'activité ; les gérants ne disposent d'aucun revenu de remplacement ; la circonstance que l'arrêté attaqué autorise le fonctionnement partiel de l'activité n'est pas de nature à retirer au présent recours son caractère urgent dès lors qu'elles ne peuvent honorer les factures en attente ni faire face au paiement des charges à venir, le chiffre d'affaires susceptible d'être dégagé étant encore nettement inférieur à celui d'une activité normale ; l'intérêt public qui s'attache au maintien de l'exécution de l'arrêté ne saurait primer sur l'intérêt privé des entreprises au bord de la cessation de paiement et le maintien des contrats de travail de leurs salariés, la fermeture des stations de lavage est de nature à générer une économie d'eau qui reste incertaine et qui demeure, en tout état de cause, faible, tout en aggravant la pollution par les résidus d'hydrocarbures des sols et des nappes phréatiques ;

- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

- elle est entachée d'incompétence dès lors que le préfet ne justifie pas que son signataire disposait d'une délégation régulière ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation : les entreprises de station de lavage participent à la préservation de l'environnement et à la lutte contre la pollution dans des proportions non négligeables, en permettant de récupérer, collecter les résidus d'hydrocarbures pour qu'ils soient traités par des organismes agréés ; la cessation d'activité des stations de lavage génère une économie d'eau qui est plus ou moins importante selon l'outil de lavage utilisé et qui demeure en tout état de cause très limitée ; elles utilisent toutes un nettoyeur haute pression nécessitant un besoin limité à 50 litres d'eau pour un lavage efficace ; les stations de lavage utilisent la ressource d'eau sans la consommer puisque 95 % de l'eau utilisée dans les centres de lavage automobile est renvoyée dans les centres d'assainissement après avoir été traitée ; l'activité des stations de lavage préserve les intérêts des automobilistes en concourant à leur sécurité ; la mesure de cessation d'activité forcée impose la fermeture pure et simple des entreprises concernées, le bouleversement de l'équilibre économique du secteur qui emploie, en France, environ 12 500 salariés et la mise en danger de l'entrepreneuriat qui prédomine sur ce marché majoritairement composé de franchisés ou d'indépendants, elle fragilise en conséquence la capacité d'investissement et la cessation intermittente du fonctionnement des équipements et est de nature à les endommager ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté du commerce et de l'industrie : elle contraint l'ensemble des professionnels d'un secteur à cesser leur activité pendant une période suffisamment importante pour remettre en cause leur équilibre économique sans s'accompagner d'un dispositif d'aides ; elles ne disposent d'aucune alternative à la fermeture pure et simple et n'ont aucune garantie quant à la possibilité de bénéficier, à court ou moyen terme, d'une aide compensant leur perte d'activité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le département du Morbihan connaît depuis plusieurs mois une situation de sécheresse inédite l'ayant conduit à le placer en état de " crise sécheresse " avec pour conséquences, pour une période limitée courant du 12 août 2022 au 30 novembre 2022, des restrictions voire des interdictions de certains usages de l'eau afin de préserver les milieux aquatiques et la ressource en eau potable du département, que le stations de lavage sont soumises à ces restrictions et que la situation peut être amenée à évoluer en fonction de la remontée du débit des cours d'eau et du remplissage des retenues d'eau potable.:

Vu :

- la requête au fond n° 2205157 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 octobre 2022 :

- le rapport de Mme C,

- Me Ogier, représentant les sociétés requérantes, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'elle développe, insiste sur l'incidence des mesures prises sur l'activité économique des sociétés de lavage, sur les difficultés de trésorerie que ces entreprises rencontrent, sur le fait que les mesures prises n'ont donné lieu à aucune compensation financière et que leurs assurances ne veulent pas couvrir leurs pertes d'exploitation, qu'il n'existe que très peu de salariés dans le secteur de telle sorte qu'elles ne peuvent bénéficier du dispositif de chômage partiel, souligne que les mesures doivent être proportionnées et être conciliées avec le principe de la liberté du commerce et de l'industrie, fait valoir que le fait que le département du Morbihan repasse en état de vigilance renforcée n'est pas de nature à remettre en cause la situation d'urgence puisque cet état ne s'accompagnera pas d'une possibilité de reprise totale de leur activité,

- les explications de M. A, gérant de la société A.

Le préfet du Morbihan n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'environnement : " I. - Les dispositions des chapitres Ier à VII du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer : / 1° La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides () / 2° La protection des eaux et la lutte contre toute pollution () / 3° La restauration de la qualité de ces eaux et leur régénération ; / 4° Le développement, la mobilisation, la création et la protection de la ressource en eau ; / 5° La valorisation de l'eau comme ressource économique ( ) / 5° bis La promotion d'une politique active de stockage de l'eau pour un usage partagé de l'eau permettant de garantir l'irrigation, élément essentiel de la sécurité de la production agricole et du maintien de l'étiage des rivières, et de subvenir aux besoins des populations locales ; / 6° La promotion d'une utilisation efficace, économe et durable de la ressource en eau ; : 7° Le rétablissement de la continuité écologique au sein des bassins hydrographiques () / II.- La gestion équilibrée doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population () ". Aux termes de l'article L. 211-3 du même code : " I. - En complément des règles générales mentionnées à l'article L. 211-2, des prescriptions nationales ou particulières à certaines parties du territoire sont fixées par décret en Conseil d'Etat afin d'assurer la protection des principes mentionnés à l'article L. 211-1. / II. - Ces décrets déterminent en particulier les conditions dans lesquelles l'autorité administrative peut : / 1° Prendre des mesures de limitation ou de suspension provisoire des usages de l'eau, pour faire face à une menace ou aux conséquences d'accidents, de sécheresse, d'inondations ou à un risque de pénurie () ". Aux termes de l'article R. 211-66 du même code : " Les mesures générales ou particulières prévues par le 1° du II de l'article L. 211-3 pour faire face à une menace ou aux conséquences d'accidents, de sécheresse, d'inondations ou à un risque de pénurie sont prescrites par arrêté du préfet du département dit arrêté de restriction temporaire des usages de l'eau. Elles peuvent imposer la communication d'informations sur les prélèvements selon une fréquence adaptée au besoin de suivi de la situation. Elles peuvent aussi imposer des opérations de stockage ou de déstockage de l'eau. Dans ce cas, l'arrêté imposant l'opération est porté à la connaissance de l'exploitant par tous moyens adaptés aux circonstances. / Ces mesures, proportionnées au but recherché, ne peuvent être prescrites que pour une période limitée, éventuellement renouvelable. Dès lors que les conditions d'écoulement ou d'approvisionnement en eau redeviennent normales, il est mis fin, s'il y a lieu graduellement, aux mesures prescrites. Celles-ci ne font pas obstacle aux facultés d'indemnisation ouvertes par les droits en vigueur. Concernant les situations de sécheresse, les mesures sont graduées selon les quatre niveaux de gravité suivants : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. Ces niveaux sont liés à des conditions de déclenchement caractérisées par des points de surveillance et des indicateurs relatifs à l'état de la ressource en eau. / Les mesures de restriction peuvent aller jusqu'à l'arrêt total des prélèvements, et sont définies par usage ou sous-catégories d'usage ou type d'activités, selon des considérations sanitaires, économiques et environnementales, dont les conditions sont fixées dans les arrêtés-cadres prévus à l'article R. 211-67. / Le préfet peut, à titre exceptionnel, à la demande d'un usager, adapter les mesures de restriction s'appliquant à son usage, dans les conditions définies par l'arrêté cadre en vigueur. Cette décision est alors notifiée à l'intéressé et publiée sur le site internet des services de l'Etat dans le département concerné ".

3. Par un arrêté du 18 mars 2022, le préfet du Morbihan a, sur le fondement notamment des articles L. 211-3 et R. 211-67 du code de l'environnement, pris, pour la période du 1er avril au 30 novembre 2022 inclus, un arrêté cadre sécheresse visant à anticiper les mesures de gestion et leurs modalités de mise en œuvre lors de situations de pénurie ou de sécheresse afin de préserver la ressource en eau et définir des mesures de gestion progressives permettant de préserver les usages prioritaires de l'eau et les besoins des milieux naturels. Cet arrêté a délimité des zones de gestion dans lesquelles peuvent s'appliquer des mesures de limitation ou d'interdiction temporaire des usages de l'eau en cas de sécheresse ou de pénurie de la ressource en eau et a fixé pour chacune des zones de gestion des seuils de référence pour le déclenchement des niveaux de sécheresse (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) à partir desquels des mesures de limitation ou d'interdiction temporaire des prélèvements s'appliquent. Un premier arrêté préfectoral a, le 29 juillet 2022, placé le département en alerte renforcée sécheresse et partiellement en crise pour les milieux naturels et pour l'eau potable et imposé des restrictions d'usage de l'eau à appliquer tant par les particuliers, que l'agriculture et les entreprises ou les collectivités, Dans ce cadre, les stations de lavage n'ont été autorisées qu'à ouvrir une seule piste de lavage haute-pression par station disposant d'un recyclage. Les débits mesurés en moyenne sur cinq jours consécutifs aux stations de référence étant devenus inférieurs aux débits seuils de crise définis dans l'arrêté cadre sur trois jours consécutifs, le préfet du Morbihan a, par arrêté du 12 août 2022, placé le département en état de crise et a prescrit, s'agissant des stations de lavage, leur fermeture à l'exception du maintien d'une seule piste de lavage haute-pression par station pour le lavage sanitaire et réglementaire. Par arrêté du 6 octobre 2022 portant modification de l'arrêté du 12 août 2022, le préfet du Morbihan a autorisé les stations de lavage à ouvrir une piste sur deux, en utilisant les programmes basiques moins consommateurs en eau. Par un arrêté du 24 octobre 2022 régulièrement publié, le préfet du Morbihan, à la suite de l'avis favorable du comité de gestion de la ressource en eau du Morbihan réuni le 21 octobre 2022, et constatant que la situation hydrologique sur l'ensemble du département s'était améliorée depuis le 13 octobre 2022 avec une augmentation du débit des cours d'eau, a abrogé l'arrêté du 12 août 2022 et placé le département en alerte sécheresse renforcée.

4. L'arrêté du 12 août 2022 prévoit des mesures de restrictions affectant notamment l'irrigation agricole, les usages professionnels, notamment les golfs, les stations de lavage et carénage, les piscicultures, les centres équestres, les parcs aquatiques ainsi que divers usages des particuliers tels que l'interdiction du lavage des véhicules, du remplissage des piscines privées, de l'arrosage des pelouses et espaces verts et du lavage des voiries. L'arrêté du 6 octobre 2022 dont les sociétés requérantes demandent la suspension de l'exécution a assoupli, s'agissant des seules stations de lavage, les restrictions d'usage de l'eau afin de tenir compte de leur situation économique. Si les mesures de restriction prévues sont indéniablement de nature à gêner l'exercice de l'activité des sociétés requérantes, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet n'aurait pas, en prenant l'arrêté en litige, opéré la conciliation qu'impose l'article L. 211-1 précité du code de l'environnement entre les différentes exigences visées par ces dispositions dans le but d'assurer une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau prenant en compte les adaptations nécessaires au changement climatique, cette gestion équilibrée devant en priorité satisfaire, aux termes même de la loi, les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population. Les mesures de restriction de l'usage de l'eau imposées répondent ainsi à la nécessité de faire face à une menace de sécheresse ou à un risque de pénurie de la ressource en eau eu égard aux conditions climatiques, et en particulier pluviométriques, constatées dans le département depuis le début de l'année. En outre, cet arrêté prévoit également, à son article 3, la possibilité de lever les mesures en fonction de l'observation de l'état de la ressource en eau et n'est en tout état de cause applicable que jusqu'au 30 novembre 2022. Dans ces circonstances, et alors que l'atteinte du seuil de déclenchement de crise par le niveau des débits des cours d'eau tel que défini par l'arrêté cadre n'est pas contestée par les sociétés requérantes, les moyens tirés de ce que les mesures prescrites par l'arrêté du 6 octobre 2022 seraient entachées d'erreur d'appréciation et que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté du commerce et de l'industrie ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.

5. Aucun des autres moyens invoqués susvisés n'est davantage, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

6. Enfin, si, à la date de la présente ordonnance, l'arrêté du 12 août 2022 a été abrogé par un arrêté du 21 octobre 2022, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points précédents, les moyens invoqués ne sont pas davantage en tout état de cause de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ce dernier arrêté.

7. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions à fin de suspension de la requête présentées tant à titre principal que subsidiaire ne peuvent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

8. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête des sociétés requérantes, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par les intéressées doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par les sociétés requérantes doivent, dès lors, être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société ALM, première dénommée, pour l'ensemble des sociétés requérantes en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet du Morbihan.

Fait à Rennes, le 27 octobre 2022.

Le juge des référés,

signé

F. C La greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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