mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | COIRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 21 octobre et les 3 et 4 novembre 2022, Mme C D, représentée par Me Coirier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération par laquelle le jury d'examen du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) pâtisserie a prononcé son ajournement à la session 2022, ensemble la décision du 12 septembre 2022 du recteur de l'académie de Rennes rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Rennes d'organiser une nouvelle réunion du jury, autrement composé, afin qu'il délibère sur sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à défaut de lui enjoindre de réorganiser l'épreuve EP1 du CAP pâtisserie afin de lui permettre de passer cette épreuve ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : son ajournement empêche la poursuite de ses projets professionnels d'ouverture d'un salon de thé et de proposer des prestations de découverte de la pâtisserie dans les établissements scolaires et de loisirs et compromet directement leur mise en œuvre ultérieure ; c'est son deuxième échec et il ne lui reste qu'une seule possibilité de repasser les épreuves, les stages n'étant valables que trois ans ; la situation engendre des difficultés financières dès lors qu'elle a arrêté son précédent emploi pour se consacrer à la formation professionnelle en vue d'obtenir le CAP puis pour créer son entreprise, à savoir un salon de thé proposant des pâtisseries mais aussi de dispenser des conseils en nutrition diététique et en pâtisserie healthy (sans beurre ni sucres) ; le fait qu'elle ait mis fin d'elle-même à son emploi précédent est sans incidence sur l'urgence ; le process de création d'entreprise est engagé et elle subirait donc un préjudice moral et financier important si elle devait y renoncer ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité des décisions litigieuses :
- les articles D. 327-22 et -23 du code de l'éducation ont été méconnus car le jury n'a pas été impartial : la commission d'évaluation ne présentait pas les garanties d'indépendance requises pour apprécier sa valeur professionnelle dès lors qu'y siégeait son ancien maître de stage, stage qui avait dû être interrompu avant son terme ; celui-ci savait qu'elle faisait partie des candidats ; le principe d'anonymat prévu pour l'épreuve a été méconnu en pratique ;
- les règles d'évaluation des candidats définies par l'arrêté du 6 mars 2019 portant création de la spécialité " Pâtissier " de certificat d'aptitude professionnelle et fixant ses modalités de délivrance s'agissant de l'épreuve UP1 ont été méconnues : aucune de ses réalisations n'a fait l'objet d'une dégustation, aucune remarque n'a été formulée au cours de l'oral sur la qualité de ses productions ; lors de l'épreuve les candidats étaient au nombre de 8 et non de 6 rendant plus difficile l'examen des savoir-faire de chacun par la commission d'évaluation ; un membre de la commission d'évaluation était absent lors de la phase pratique ; en 2022, les notes obtenues par les candidats à l'épreuve EP1 s'échelonnaient de 5 à 10/20 et les élèves ont été frappés par l'amateurisme de son organisation ;
- en méconnaissance des articles L. 112-4, D. 112-1 et D. 351-27 du code de l'éducation, les mesures d'aménagement des épreuves dont elle bénéficiait de droit eu égard à son handicap ont été partiellement méconnues : pendant l'épreuve pratique, les informations délivrées à l'oral par les membres de la commission d'évaluation n'ont pas été écrites alors que, bénéficiant d'un tiers temps pour l'épreuve écrite, elle arrivait en retard par rapport aux autres ; les modalités d'aménagement de l'espace cuisson étaient inadaptées ;
- le jury a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la qualité de sa prestation : la note finale attribuée par le jury est sans lien avec les appréciations émises et est décorrélée des modalités de notation devant être appliquées de manière uniforme aux candidats ; le jury n'a pas tiré les conséquences logiques de sa grille d'appréciation et a donc commis une erreur de droit ;
- les candidats n'ont pas fait l'objet d'une parfaite égalité de traitement au cours de l'épreuve car ils n'ont pas disposé du même matériel ni n'ont été évalués de la même manière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie dans la mesure où la requérante peut encore se présenter une troisième fois à l'examen du CAP Pâtisserie ; rien ne lui interdit d'ouvrir son salon de thé sans que les pâtisseries soient confectionnées par elle-même ;
En ce qui concerne la condition du doute sérieux, il soutient que le manque d'impartialité de la commission d'évaluation n'est pas établi dès lors que le stage qu'elle avait effectué auprès de l'examinateur dont elle conteste la présence a été validé et a duré les cinq semaines prévues ; les appréciations rapportées ne sont pas dirigées spécifiquement contre elle ; l'anonymat ne s'applique pas à l'épreuve EP1 ; le nombre de candidats souhaitable est de six mais ce n'est pas une obligation et il n'y en avait que sept en pratique ; le nombre d'items dans la grille d'évaluation était différent parce que les épreuves, entre 2021 et 2022, étaient différentes ; ces grilles ne sont d'ailleurs que des supports d'évaluation.
Vu :
- la requête au fond n° 2205299 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 6 mars 2019 portant création de la spécialité " Pâtissier " de certificat d'aptitude professionnelle et fixant ses modalités de délivrance ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rémy, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 novembre 2022 :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Coirier, représentant Mme D, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'elle développe, insiste sur l'urgence qui résulte de la circonstance que cet échec retarde la mise en œuvre des projets de sa cliente tendant à ouvrir un salon de thé - dans lequel elle exclut absolument de servir des pâtisseries qui ne seraient pas son œuvre- et, parallèlement d'entamer une activité de conseil en nutrition diététique ; elle soutient que le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte principalement de la présence dans le jury de son ancien maitre de stage qui manifeste un préjugé défavorable à l'encontre de ceux qui se présentent en candidats libres ; elle ajoute un moyen nouveau tenant à ce que l'EP1 dont elle conteste la notation a été affectée d'un coefficient 9 au lieu de 8 et pour le reste reprend ses écritures ;
- les observations de M. B, représentant le recteur de l'académie de Rennes qui admet que la décision peut rendre la suite du déroulé professionnel de la requérante plus complexe sans que cela soit irrémédiable.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Deux notes en délibéré ont été enregistrées le 4 novembre 2022 pour Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas allégué que le jury ait porté son appréciation sur des éléments autres que ceux qui étaient au programme de l'épreuve. Il n'appartient pas, hormis ce cas, au juge administratif de contrôler l'appréciation du jury sur la valeur des candidats. Si la requérante soutient, sans apporter d'autre élément que son ressenti ou quelques bribes de phrases, que l'un des membres du jury, professionnel expérimenté et membre de celui-ci depuis plusieurs années, aurait un a priori négatif sur les candidats libres, ce qui était le cas de ceux qui participaient à la session au cours de laquelle lui a été attribuée la note qu'elle conteste, elle ne démontre ni l'existence d'un tel a priori, ni qu'il aurait influencé les notes issues de la délibération du jury, dont les examinateurs n'étaient qu'une émanation. Le moyen tiré de la présence de cet examinateur pour l'épreuve EP1 " Tour, petits fours secs et moelleux, gâteaux de voyage " doit donc être écarté. Aucun des autres moyens de la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la délibération du jury lui attribuant la note qu'elle conteste et, par suite, l'ajournant à son examen.
3. L'une des conditions posées par les dispositions précitées n'étant pas remplie, les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme D n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressée doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au recteur de l'académie de Rennes .
Fait à Rennes, le 9 novembre 2022.
Le juge des référés,
signé
D. ALa greffière d'audience,
signé
P. Cardenas
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026