vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Beguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a refusé le séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à destination de son pays d'origine ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté du 16 juin 2022 :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est entaché d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation ;
- est privé de base légale ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'éloignement sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et s'en remet à la sagesse du tribunal ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le jugement n° 2102487 du 16 mai 2022 du tribunal.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Beguin, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien, est entré en France le 15 juin 2019 selon ses déclarations. M. C a sollicité le 13 novembre 2020, la délivrance d'un titre de séjour sur les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision implicite du 13 mars 2021, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer le titre demandé. M. C a sollicité, le 29 mars 2021, la communication des motifs. Par un jugement du 16 mai 2022, le tribunal a annulé la décision du préfet d'Ille-et-Vilaine du 13 mars 2021 et enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer la situation de M. C dans le délai de trois mois. Par un arrêté en date du 13 juin 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a opposé un refus à la demande de M. C et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet :
2. Si le préfet fait valoir que la notification, à une adresse qu'il reconnaît être erronée, lui a été retournée avec la mention " pli avisé et non réclamé ", en lieu et place de la mention idoine " destinataire inconnu à l'adresse ", cette erreur de qualification, imputable aux services postaux, ne saurait justifier l'existence d'une notification régulière de la décision attaquée dès lors que le préfet avait connaissance depuis le mois d'août 2021 de la nouvelle adresse à laquelle résidait effectivement M. C et qu'il lui appartenait en conséquence de la prendre en compte. Dans ces conditions, la notification intervenue le 16 juin 2022 n'a pu valablement constituer le point de départ du délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. C, précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles il a été pris et répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Toutefois, ainsi que le soutient le requérant, qui a sollicité par lettre du 25 avril 2022, reçue en préfecture le 2 mai 2022, soit avant que le préfet ne statue, la délivrance d'un titre de séjour " par le travail au titre des articles L. 421-1 et L. 435-1 du CESEDA " et joignait à sa demande un contrat à durée indéterminée conclu le 25 janvier 2022 avec la société BCM concernant un emploi de manœuvre, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a ni visé les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni statué sur cette demande. En outre, si pour refuser le titre de séjour et l'obliger à quitter le territoire, le préfet a précisé que M. C " se déclare marié à Madame D née le 13 juin 1995 à Erevan (Arménie), de nationalité arménienne, résidant régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour pluriannuelle "vie privée et familiale" valable du 19 février 2022 au 18 février 2024 ; que son épouse réside en France depuis le 12 décembre 2008 ; que le mariage a été célébré le 24 janvier 2019 en Arménie ", il n'a en revanche pas mentionné ni tenu compte de la naissance de leur fille le 3 mars 2022, alors même que celle-ci avait été portée à la connaissance du préfet dans la lettre du 25 avril 2022.
5. Dans ces conditions M. C est fondé à soutenir que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation avant de prendre cette décision.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision de refus de délivrance de titre de séjour, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête. Il en est de même, par voie de conséquence, des décisions faisant obligation à M. C de quitter le territoire français, lui accordant un délai de trente jours pour exécuter volontairement cette mesure d'éloignement et désignant le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard aux motifs qui la fondent, l'exécution de l'annulation prononcée implique seulement que le préfet d'Ille-et-Vilaine procède au réexamen de la demande de titre de séjour de M. C dans un délai de deux mois et lui délivre dans l'attente de la décision un récépissé de demande de délivrance de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 juin 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé à M. C la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de délivrer à M. C une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours l'autorisant à travailler et de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Emmanuelle Beguin et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
F. A
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026