lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205485 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LE ROUGE DE GUERDAVID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 octobre et 9 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Le Rouge de Guerdavid, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du recteur de l'académie de Rennes du 13 juillet 2022 portant retrait de la décision du 28 juin 2022 la recrutant en qualité de contractuelle, au titre de l'obligation d'emploi, par voie directe pour la rentrée scolaire 2022/2023 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Rennes de l'affecter provisoirement sur un emploi de professeur stagiaire d'espagnol, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'acte par lequel elle a été informée de son recrutement par voie directe constitue une décision créatrice de droit ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision fait obstacle à ce qu'elle exerce les fonctions pour lesquelles elle avait précédemment été recrutée ; elle est ainsi privée des revenus qu'elle était en droit d'attendre de son recrutement ; la conclusion de contrats successifs, dans le cadre de missions de remplacement, n'est pas équivalente, eu égard à leur caractère incertain et au caractère très irrégulier du versement de la rémunération ; de telles missions ponctuelles ne permettent en outre pas l'exercice de ses fonctions dans des conditions adaptées à sa situation particulière, liée à son état de santé ; la décision en litige porte également atteinte à l'intérêt du service public de l'enseignement secondaire, eu égard au manque de professeurs, caractérisé et incontestable ; le rectorat ne lui a proposé aucun contrat de remplacement depuis la rentrée de septembre 2022, de sorte que l'élément retenu par le juge des référés dans le cadre de sa précédente requête ne peut lui être opposé ; elle a certes trouvé, elle-même, un contrat de remplacement dans un établissement privé, du 1er au 21 septembre 2022, prolongé jusqu'au 21 octobre 2022, date des vacances scolaires, mais elle a rencontré des difficultés pour reprendre ce poste à la rentrée scolaire des vacances de la Toussaint ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle procède illégalement au retrait de la décision de recrutement, légale ;
* elle remplit les conditions légales et réglementaires pour être recrutée en qualité de professeur de langues vivantes étrangères eu égard à ses diplômes et expériences professionnelles ; en particulier, les dispositions de l'article 2 du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972, relatif au statut particulier des professeurs certifiés, précisent que les candidats peuvent justifier d'un diplôme ou d'un titre reconnu équivalent au master ;
* c'est sans erreur manifeste d'appréciation que la commission et le recteur d'académie avaient retenu sa candidature ; l'absence de diplôme a été discutée avec les membres de la commission de recrutement, qui a donné un avis favorable à son dossier ; elle justifie de quatre ans d'expérience, au sein de sept établissements différents ; elle a toujours fait l'objet d'excellentes évaluations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : le statut de contractuel n'est acquis que lors de la signature du contrat, aucun engagement juridique ne liant les parties avant cette date ; le courrier en litige du 13 juillet 2022 a interrompu la procédure de recrutement avant son terme, au motif que l'une des conditions légales et impératives de recrutement n'était pas satisfaite ; Mme C ne peut donc soutenir qu'elle est privée d'un statut qu'elle n'avait précisément pas acquis ; la précarité professionnelle et financière évoquée ne présente pas de lien avec la décision de non recrutement en litige, étant seulement et directement liée à son statut de professeur contractuelle remplaçante ;
- Mme C ne soulève aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* la décision en litige ne procède pas au retrait d'une précédente décision de recrutement, créatrice de droit ; Mme C avait été informée de ce que sa candidature avait été retenue, mais elle n'avait pour autant pas encore été recrutée ;
* en tout état de cause, à supposer que la décision puisse être regardée comme portant retrait d'une précédente décision de recrutement, ce retrait est légal, dès lors que Mme C ne satisfait pas aux conditions légales pour être recrutée ; les dispositions de l'article 2 du décret n° 95-979 du 25 août 1995, relatif aux recrutement des travailleurs handicapés, précisent que les candidats doivent justifier des diplômes ou du niveau d'études exigés des candidats aux concours externes et fixés par le statut particulier du corps en cause ; en l'espèce, il s'agit du concours externe du CAPES, qui n'est accessible que sous réserve de justifier de la détention d'un master ou d'une inscription en dernière année d'études en vue de l'obtention de ce diplôme ;
* les dispositions du décret n° 2007-196 du 13 février 2007, relatif aux équivalences de diplômes, encadrent et fixent les modalités de reconnaissance de l'équivalence des diplômes et de valorisation de l'expérience professionnelle ; cette procédure de reconnaissance relève d'une commission spécifique, différente de la commission académique réunie pour le recrutement par voie directe de contractuels bénéficiaires de l'obligation d'emploi, par laquelle Mme C a été auditionnée ; en tout état de cause, l'équivalence des diplômes et la validation des expériences professionnelles sont exclues s'agissant du recrutement des personnels enseignants, ainsi que cela résulte des dispositions de l'arrêté du 26 juillet 2007, fixant la liste des corps auxquels s'appliquent les dispositions du décret n° 2007-196 du 13 février 2007 ; le concours externe du CAPES n'étant ouvert qu'aux titulaires d'un diplôme de master ou aux candidats inscrits en dernière année de master, Mme C ne peut pas légalement être recrutée et ne pouvait pas faire valider une équivalence de diplôme par ses expériences professionnelles antérieures.
Vu :
- la requête au fond n° 2204404, enregistrée le 30 août 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés ;
- le décret n° 95-979 du 25 août 1995 modifié relatif au recrutement des travailleurs handicapés dans la fonction publique pris pour l'application de l'article 27 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État ;
- le décret n° 2007-196 du 13 février 2007 relatif aux équivalences de diplômes requises pour se présenter aux concours d'accès aux corps et cadres d'emplois de la fonction publique ;
- l'arrêté du 26 juillet 2007 fixant la liste des corps auxquels les dispositions du décret n° 2007-196 du 13 février 2007 relatif aux équivalences de diplômes requises pour se présenter aux concours d'accès aux corps et cadres d'emplois de la fonction publique ne sont pas applicables ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 novembre 2022 :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me le Rouge de Guerdavid, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens qu'elle développe ;
- les observations de M. D, représentant le recteur de l'académie de Rennes, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes arguments qu'il développe ;
- les explications de Mme C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a présenté sa candidature pour un recrutement contractuel par voie directe en qualité de professeur de langues vivantes étrangères, option espagnol. À l'issue de l'entretien qui s'est déroulé le 23 juin 2022, elle a été informée par, un premier courrier du recteur de l'académie de Rennes du 28 juin 2022, de ce que la commission de recrutement avait émis un avis favorable à son recrutement et de ce que sa candidature était retenue, puis, par un second courrier de la même autorité, du 13 juillet 2022, de ce qu'il ne pouvait être donné une suite favorable à sa candidature, au motif qu'elle ne justifie pas des diplômes requis pour bénéficier d'un tel recrutement. Mme C a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cette décision et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. Mme C ne justifie pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il n'y a par suite pas lieu de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions précitées.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Pour contester la décision du recteur de l'académie de Rennes du 13 juillet 2022 l'informant de ce qu'il ne pouvait être donné une suite favorable à sa candidature pour un recrutement contractuel par voie directe en qualité de professeur de langues vivantes étrangères, option espagnol, Mme C soutient que c'est sans erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation que sa candidature avait été retenue et de ce qu'elle avait été recrutée et que cette décision du 13 juillet 2022 procède ainsi, illégalement, au retrait d'une précédente décision, favorable et légale.
6. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
7. Aux termes de l'article L. 352-4 du code général de la fonction publique : " Les personnes en situation de handicap mentionnées au premier alinéa de l'article L. 131-8 et n'ayant pas la qualité de fonctionnaire peuvent être recrutées en qualité d'agent contractuel dans les emplois de catégories A, B et C pendant une période correspondant à la durée de stage prévue par le statut particulier du corps ou cadre d'emplois dans lequel elles ont vocation à être titularisées. / Le contrat peut être renouvelé. Sa durée ne peut excéder celle fixée initialement. / Au terme de ce contrat, son bénéficiaire est titularisé, sous réserve qu'il remplisse les conditions de santé particulières le cas échéant exigées pour l'exercice de la fonction ".
8. Aux termes de l'article 1er du décret n° 95-979 du 25 août 1995 susvisé : " I. - Les bénéficiaires de l'obligation d'emploi mentionnée à [l'article L. 351-1 du code général de la fonction publique] peuvent, en application [des articles L. 352-1 et suivant du même code], être recrutés en qualité d'agent contractuel lorsque leur handicap a été jugé compatible avec l'emploi postulé en application de [ses articles L. 321-1 et L. 321-3] ". Aux termes de son article 2 : " Les candidats aux emplois à pourvoir du niveau des corps de catégories A et B doivent justifier des diplômes ou du niveau d'études exigés des candidats aux concours externes et fixés par le statut particulier du corps auquel ils sont susceptibles d'accéder. / Toutefois, les candidats qui possèdent un autre diplôme que celui exigé par les statuts particuliers et qui peuvent justifier d'un niveau équivalent du fait de leur formation continue ou de leur expérience professionnelle, éventuellement validée dans les conditions prévues aux articles L. 335-5, L. 335-6, L. 335-9, L. 613-1 à L. 613-4 et L. 641-2 du code de l'éducation, peuvent déposer leur candidature auprès de la commission chargée de vérifier les équivalences de diplômes pour se présenter au concours externe d'accès au corps pour lequel ils postulent. Cette commission vérifie, au vu de leur dossier, qu'ils possèdent le niveau requis. / () ".
9. Aux termes de l'article 1er du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 susvisé : " Le corps des professeurs certifiés est classé dans la catégorie A prévue à l'article L. 411-2 du code général de la fonction publique. / () ". Aux termes de son article 5 : " Les professeurs certifiés sont recrutés : / 1° Parmi les candidats qui ont satisfait aux épreuves du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré ou du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement technique ". Aux termes de son article 8 : " I. - Peuvent se présenter au concours externe : / () / 3° Les candidats justifiant, à la date de publication des résultats d'admissibilité, d'une inscription en dernière année d'études en vue de l'obtention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation ; / 4° Les candidats justifiant, à la date de publication des résultats d'admissibilité, de la détention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation. / II. - Pour être nommés dans le corps des professeurs certifiés, les candidats ayant subi avec succès les épreuves du concours externe prévu au I doivent justifier de la détention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation. / Les candidats reçus au concours et qui ne remplissent pas la condition de titre ou de diplôme mentionnée à l'alinéa précédent lors de la rentrée suivant leur réussite au concours gardent le bénéfice de celui-ci jusqu'à la rentrée scolaire suivante. S'ils remplissent alors la condition de titre ou diplôme, ils peuvent être nommés en qualité de fonctionnaires stagiaires. Dans le cas contraire, ils perdent le bénéfice du concours et ne peuvent être nommés ".
10. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2007-196 du 13 février 2007 susvisé : " Lorsque le recrutement par voie de concours dans un corps ou un cadre d'emplois de fonctionnaires est subordonné, en application des dispositions réglementaires en vigueur, à la possession de certains diplômes nationaux, peuvent se présenter à ce concours, sous réserve de remplir les autres conditions requises et de respecter les dispositions du présent décret, les candidats qui justifient de qualifications au moins équivalentes attestées : / 1° Par un diplôme ou un autre titre de formation délivré en France, dans un autre État membre de la Communauté européenne ou dans un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ; / 2° Par tout autre diplôme ou titre sanctionnant une formation ou par toute attestation prouvant que le candidat a accompli avec succès un cycle d'études au moins équivalent à celui sanctionné par le diplôme requis ; / 3° Par leur expérience professionnelle. / Les diplômes, titres et attestations mentionnés au 1° et au 2° doivent avoir été délivrés par une autorité compétente, compte tenu des dispositions législatives, réglementaires ou administratives applicables dans l'État concerné. / Le candidat est tenu de fournir, à l'appui de sa demande, les documents mentionnés à l'alinéa précédent. Ces documents sont présentés, le cas échéant, dans une traduction en français établie par un traducteur assermenté ". Aux termes de son article 2 : " Les dispositions du présent décret ne sont pas applicables : / () / 2° Aux concours donnant accès à ceux des corps enseignants () dont les conditions d'accès prennent en compte les qualifications mentionnées à l'article 1er et dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la fonction publique ; / () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 26 juillet 2007 susvisé : " Les corps visés au 2° de l'article 2 du décret du 13 février 2007 susvisé auxquels ne sont pas applicables les dispositions qu'il institue sont régis par les dispositions réglementaires suivantes : / I. - Pour les personnels enseignants : / () / - décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 modifié relatif au statut particulier des professeurs certifiés ; / () ".
11. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que seules les personnes justifiant être titulaires d'un diplôme de master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation, ou justifiant être inscrites en dernière année d'études universitaires pour l'obtention d'un tel diplôme, peuvent s'inscrire au concours du certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPES). Il résulte de ces mêmes dispositions que si ce concours est ouvert aux personnes justifiant d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation, cela n'équivaut pas à permettre l'accès à ce concours aux personnes pouvant éventuellement justifier d'un niveau équivalent du fait de leur formation continue ou de leur expérience professionnelle, tel qu'il aura été vérifié et apprécié par la commission prévu aux articles 2 du décret n° 95-979 et 1er du décret n° 2007-196, les dispositions de l'article 2 de ce dernier texte excluant au demeurant son application s'agissant de certains concours dont, notamment, le CAPES.
12. Il est constant que Mme C n'est pas titulaire d'un diplôme de master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation, et n'est pas davantage inscrite en dernière année d'études universitaires pour l'obtention d'un tel diplôme. L'intéressée ne remplit ainsi pas les conditions légales et réglementaires pour présenter le concours du CAPES par la voie externe et, par suite, ne remplit pas non plus les conditions pour être recrutée en tant que contractuelle par la voie directe en qualité de professeur. À cet égard, elle ne peut utilement faire valoir que la commission académique de recrutement a nécessairement validé, lors de l'entretien à l'issue duquel a été émis un avis favorable à son recrutement, ou à tout le moins aurait dû valider ses expériences professionnelles antérieures comme équivalant au diplôme de master requis, cette commission n'étant, en tout état de cause, pas compétente pour procéder à une telle validation.
13. Dans ces circonstances, c'est sans erreur de droit ni erreur d'appréciation que le recteur de l'académie de Rennes a pu mettre fin au recrutement contractuel de Mme C par voie directe, en qualité de professeur de langues vivantes étrangères, option espagnol, et c'est par suite également sans erreur de droit qu'il a pu, à supposer que la décision du 13 juillet 2022 puisse être qualifiée comme telle, procéder au retrait de la décision du 28 juin 2022 informant l'intéressée de ce que sa candidature avait été retenue. Par suite, aucun des moyens invoqués par Mme C et analysés ci-dessus n'est propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
14. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions de Mme C tendant à la suspension de l'exécution de la décision du recteur de l'académie de Rennes du 13 juillet 2022 mettant fin à son recrutement contractuel par voie directe en qualité de professeur ne peuvent, par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
15. La présente ordonnance n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera transmise pour information au recteur de l'académie de Rennes.
Fait à Rennes, le 14 novembre 2022.
Le juge des référés,
signé
O. BLe greffier,
signé
M.-A. Vernier
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026