mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205591 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 22 novembre 2022, le Syndicat interco CFDT du Finistère et la Fédération interco CFDT, représentés par Me Boussoum, demandent au juge des référés :
1°) d'enjoindre au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de retirer la liste présentée par le Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) aux élections des représentants du personnel au comité social territorial ;
2°) d'effectuer dans les formes requises une nouvelle publication des listes de candidats et de reporter, si nécessaire, la date du scrutin pour pouvoir y procéder ;
3°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à la Fédération interco CFDT du Finistère.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- leur requête est recevable ; le juge des référés mesures utiles peut intervenir lorsque l'administration déclare éligibles des candidats qui ne le sont pas ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite eu égard à l'imminence des opérations électorales professionnelles ; le scrutin a lieu par vote électronique du 1er au 8 décembre 2022 ; les informations de vote sont transmises à compter du 14 novembre 2022 ;
- la présentation de la liste SNDGCT préjudicie gravement à leurs intérêts et aux intérêts de leurs adhérents ;
- le résultat des élections professionnelles et la ventilation des voix déterminent les moyens et droits accordés à chaque syndicat, au niveau local et national ;
- le SNDGCT a pour mission de défendre les intérêts des agents exerçant les fonctions de direction des collectivités ; les comités sociaux territoriaux ne seront ainsi pas composés de représentants du personnel dans les conditions et proportions exigées par le décret n° 2021-571 du 10 mai 2021, en son article 4 ;
- la mesure sollicité est utile, dès lors qu'aucune autre voie de droit n'existe ;
- elle relève de l'office du juge des référés, nonobstant son éventuelle irréversibilité, dès lors qu'elle constitue la seule susceptible d'être ordonnée ;
- elle est légitime : seules les organisations syndicales indépendantes peuvent présenter une liste, en application des dispositions de l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique ; en l'espèce, l'indépendance du SNDGCT à l'égard de l'employeur n'est pas acquise ;
- la liste déposée par le SNDGCT est irrégulièrement composée dès lors qu'elle comprend notamment deux rédacteurs, agents publics de catégorie B, qui ne relèvent donc absolument pas d'une catégorie d'emplois défendue par l'organisation ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- les conclusions présentées par le SNDGCT au titre des frais d'instance sont irrecevables, dès lors qu'il n'a pas la qualité de partie à l'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2022, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère, représenté par la Selarl Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la décision admettant la recevabilité d'une liste ne peut être contestée qu'à l'occasion de la contestation des opérations électorales ;
- la mesure sollicitée fait obstacle à l'exécution de la décision, portant inscription de la liste litigieuse ;
- la mesure sollicitée n'entre pas dans l'office du juge des référés, dès lors qu'elle constitue une mesure définitive, et non conservatoire ;
- en tout état de cause, la liste présentée par le syndicat SNDGCT est recevable et régulière.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 18 novembre 2022, le Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT), représenté par Me Boukheloua, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- son intervention est recevable, dans la mesure où il justifie de son intérêt au maintien de la décision en litige ;
- la requête est irrecevable, dès lors que le litige relève du seul juge de l'élection, qui doit être saisi après les opérations électorales ;
- en tout état de cause, sa liste est recevable et régulière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'intervention du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) :
1. Le Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) a présenté un mémoire en intervention au soutien des écritures en défense présentées par le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère. Il a par ailleurs, eu égard à son objet social et statutaire, intérêt au rejet de la requête. Par suite, son intervention, régulièrement présentée, est recevable et doit être admise.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Aux termes de l'article 35 du décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 susvisé : " Les candidatures sont présentées par les organisations syndicales qui, dans la fonction publique territoriale, remplissent les conditions fixées au I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. / () / Lorsque l'autorité territoriale constate que la liste ne satisfait pas aux conditions fixées au I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, elle informe le délégué de liste au plus tard le jour suivant la date limite de dépôt des listes, par décision motivée, de l'irrecevabilité de la liste ". Aux termes de son article 52 : " Les contestations sur la validité des opérations électorales sont portées dans un délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats devant le président du bureau central de vote puis, le cas échéant, devant la juridiction administrative. Le président du bureau central statue dans les quarante-huit heures. Il motive sa décision. Il en adresse immédiatement copie au préfet ".
4. Les opérations d'enregistrement des déclarations de candidature aux élections des représentants du personnel au comité social territorial, mentionnées à l'article 35 du décret n° 2021-571 du 10 mai 2021, constituent des décisions préliminaires aux opérations électorales, dont elles ne sont pas détachables. Leur légalité ne peut donc être contestée qu'à l'appui d'un recours formé devant le juge de l'élection contre les opérations électorales, à l'issue desdites opérations.
5. Les conclusions de la requête présentées par le syndicat Interco CFDT du Finistère et la Fédération Interco CFDT au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. Enfin, le SNDGCT, intervenant en défense, n'étant pas partie à la présente instance, ces mêmes dispositions font également obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du Syndicat interco CFDT du Finistère et de la Fédération interco CFDT est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère et le SNDGCT au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Fédération interco CFDT, désignée représentante unique pour les deux requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère et au Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Finistère.
Fait à Rennes, le 23 novembre 2022.
Le juge des référés,
signé
O. Thielen
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026