mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2022, Mme C A B, représentée par Me Béguin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 novembre 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui renouveler son récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : le refus de renouvellement de son récépissé porte une atteinte grave et immédiate à sa situation en la plaçant dans une situation d'irrégularité administrative et en mettant fin à son contrat de travail ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- elle est entachée d'incompétence, un agent au guichet de la préfecture ne pouvant refuser la délivrance d'un récépissé ;
- elle méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : elle doit se voir remettre un récépissé tant que l'autorité préfectorale n'a pas statué sur sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il a édicté, le 25 octobre 2022, un arrêté refusant à Mme A B le titre de séjour sollicité et lui faisant obligation de quitter le territoire et qu'il n'y a dès lors plus lieu de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour.
Vu :
- la requête au fond n° 2205672 ;
- les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Plumerault, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique du 22 novembre 2022.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
2. Mme A B justifiant avoir introduit le 10 novembre 2022 une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Mme A B, ressortissante congolaise née le 22 avril 1985, est entrée en France le 25 novembre 2013 sous couvert d'un visa touristique. Elle s'est ensuite maintenue irrégulièrement sur le territoire français. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 25 janvier 2016. Elle a fait l'objet, le 26 avril 2016, d'un premier arrêté portant refus de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire édicté par le préfet de Haute-Saône du 26 avril 2016, puis de deux arrêtés des 28 août 2018 et 15 janvier 2019 du préfet d'Ille-et-Vilaine portant refus de séjour pour raisons de santé et obligation de quitter le territoire français. Elle a déposé, le 11 mars 2020, une nouvelle demande de titre de séjour pour raisons de santé et s'est vue délivrer une carte de séjour temporaire d'un an, valable du 15 mai 2020 au 14 novembre 2020. Elle a sollicité, le 11 septembre 2020, le renouvellement de son titre de séjour. Le 3 novembre 2022, elle s'est présentée au guichet de la préfecture aux fins de se voir renouveler le récépissé de carte de séjour temporaire qui lui avait été délivré le temps de l'instruction de sa demande de titre de séjour et s'est vue opposer un refus. Mme A B demande, dans le cadre de la présente instance, la suspension de l'exécution de cette décision de refus.
5. Le préfet d'Ille-et-Vilaine indique, sans être contredit, que lorsque Mme A B s'est présentée, le 3 novembre 2022, aux services de la préfecture, elle a été informée qu'une décision statuant sur sa demande de renouvellement de titre de séjour avait été prise et qu'elle en serait rendue destinataire par voie postale. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 25 octobre 2022, qui lui a été régulièrement notifié par voie postale, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme A B et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Dans ces conditions, ses conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision refusant de lui délivrer un récépissé dans l'attente de la clôture d'instruction de sa demande de titre de séjour sont devenues sans objet, et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme A B n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressée doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme A B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension de la requête.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 23 novembre 2022.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault Le greffier,
signé
M.-A. Vernier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026