mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | LE VERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Le Verger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- le préfet devra justifier de la compétence du signataire ;
- la décision souffre d'un défaut d'examen et est insuffisamment motivée ;
- la décision porte une atteinte grave à son droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;
- le préfet porte atteinte à son droit à un procès équitable ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- il est fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- il encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine.
Par mémoire, enregistré le 28 novembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Etienvre, vice-président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. A justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 27 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à Mme D C, directrice des étrangers en France, à l'effet de signer l'arrêté attaqué.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte, de manière suffisamment précise, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé et satisfait dès lors aux exigences de motivation.
4. En troisième lieu, M. A, ressortissant turc né en 2001, soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte à son droit à un procès équitable protégé par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il l'empêche de présenter devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides une demande tendant au réexamen de sa demande d'asile.
5. Néanmoins, M. A ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les mesures relatives à l'entrée, au séjour et à l'éloignement des étrangers n'emportant ni de contestation sur des droits ou des obligations de caractère civil ni d'accusation en matière pénale. En tout état de cause, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, M. A n'avait pas saisi l'Office français de protection des réfugiés et apatrides d'une demande de réexamen de sa demande d'asile. Il ne peut par suite utilement se prévaloir d'une méconnaissance de son droit à un procès équitable en l'absence même d'une décision administrative contre laquelle il pourrait éventuellement former un recours devant la Cour nationale du droit d'asile.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Si M. A reproche au préfet de ne pas avoir tenu compte de la présence en France de plusieurs membres de sa famille titulaires de titres de séjour, d'une part, le préfet soutient, sans que le requérant justifie du contraire, que le requérant ne lui pas fait état de tels éléments. D'autre part, M. A se borne à produire la copie de ces titres de séjour sans préciser la nature des liens familiaux qui l'unissent à ces personnes.
7. En cinquième lieu, M. A soutient que la mesure d'éloignement litigieuse le place dans un état de stress aigu qui affecte ses capacités à verbaliser son parcours alors qu'il entend solliciter le réexamen de sa demande d'asile. Ces allégations ne sont toutefois aucunement étayées. Sa demande de réexamen n'est qu'hypothétique et l'intéressé, comme le relève le préfet, ne fait même pas mention des nouveaux éléments qu'il entend invoquer à l'appui d'une telle demande. Par suite, le requérant n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte grave à son droit d'asile.
8. En dernier lieu, pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, en exposant que les craintes exprimées par M. A en cas de retour dans son pays d'origine, la Turquie, ont été jugées infondées tant par l'OFPRA que par la CNDA et que, compte tenu de ces éléments et de ceux portés à la connaissance de l'administration préfectorale, M. A n'établit pas être exposé à des traitements inhumains ou dégradants contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'arrêté attaqué satisfait aux exigences de motivation.
10. En deuxième lieu, M. A n'est pas fondé, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
11. En troisième et dernier lieu, M. A soutient qu'il est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Turquie dès lors qu'il a été persécuté en raison de son engagement actif au sein du parti démocratique des peuples (HDP) ce qui l'a conduit à quitter son pays le 4 octobre 2021.
12. Toutefois, les différents documents qu'il produit afin d'établir la réalité des recherches dont il ferait l'objet pour être incarcéré après avoir été condamné pour appartenance à une organisation terroriste sont d'une authenticité douteuse. Le requérant n'indique d'ailleurs pas comment il a pu se procurer de tels documents établis en avril 2022 alors que celui-ci avait déjà quitté la Turquie. Son récit apparait également peu crédible tant en ce qui concerne son engagement en faveur du HDP qu'en ce qui concerne les faits du 10 juillet 2021 qui lui seraient reprochés alors qu'il effectuait son service militaire. Dans ces conditions, M. A, dont la demande d'asile a été rejetée tant par l'OFPRA que par la CNDA, n'est pas fondé à soutenir que le préfet a pris la décision attaquée en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
F. ELe greffier,
signé
M.-A. Vernier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026