mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANCHOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Blanchot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le préfet du Finistère a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a édicté une interdiction de retour sur ce territoire d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant du refus de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée et souffre d'un défaut d'examen ;
- le préfet doit justifier que le médecin qui a établi le rapport n'a pas siégé au sein du collège ainsi que du caractère collégial de l'avis émis par celui-ci ;
- le préfet devra rapporter la preuve que les signatures apposées par les médecins sur l'avis médical sont lisibles et présentent les garanties de signatures authentiques afin de s'assurer de la véracité de l'avis médical ;
- contrairement à ce que le préfet a estimé, sans prise en charge médicale, son état de santé risque de s'aggraver très fortement au point d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- il lève le secret médical et demande au tribunal d'obtenir de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la communication de son entier dossier médical ;
- il ne pourra pas bénéficier de ce traitement en Arménie ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- l'arrêté attaqué porte également atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants ;
- il est entaché sur ces points d'erreurs de droit ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée et souffre d'un défaut d'examen ;
- il fait partie, en raison de son état de santé, des étrangers protégés contre une mesure d'éloignement ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît le principe de non-refoulement de l'article 33 de la convention de Genève ;
- elle est prise en violation des articles 3-1 et 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'erreur de droit ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est insuffisamment motivée et souffre d'un défaut d'examen ;
- elle a été prise en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur de fait ;
S'agissant de l'interdiction de retour :
- la décision est insuffisamment motivée et souffre d'un défaut d'examen ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle a été prise en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Après levée par M. C du secret médical, l'entier dossier médical de l'intéressé a été produit le 11 janvier 2023 par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et communiqué aux parties.
Par mémoire, enregistré le 20 janvier 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des observations.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant arménien né en 1985, est entré, selon ses déclarations, en France le 27 octobre 2021 et a sollicité l'asile le 14 décembre suivant. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 17 janvier 2022. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 13 juin 2022. Entretemps, M. C a sollicité, le 22 mars 2022, la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Le 9 septembre 2022, le préfet du Finistère a rejeté cette demande, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a édicté une interdiction de retour sur ce territoire d'une durée d'un an. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte, de manière suffisante, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé et satisfait dès lors aux exigences de motivation. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.
3. En deuxième lieu, le préfet a produit l'avis émis le 23 mai 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lequel révèle que le médecin-rapporteur n'a pas siégé au sein de ce collège. Le même document comporte par ailleurs bien les signatures de ces trois médecins. Enfin, lorsque l'avis porte la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. Or, l'avis critiqué comporte cette mention. M. C ne fait valoir aucun élément de nature à faire naître un doute sur la véracité d'une telle mention faisant foi jusqu'à preuve du contraire. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice de procédure à raison de l'irrégularité de cet avis.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. Chaque année, un rapport présente au Parlement l'activité réalisée au titre du présent article par le service médical de l'office ainsi que les données générales en matière de santé publique recueillies dans ce cadre. ".
5. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation d'une décision de refus de titre de séjour, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
6. Pour refuser de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé, le préfet du Finistère a estimé, comme l'OFII, qu'il n'était pas établi que l'état de santé de l'intéressé pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. M. C conteste cette appréciation. Il soutient que consécutivement à une agression dont il a été victime à Érevan en octobre ou novembre 2020, il souffre de céphalées chroniques, d'un stress post-traumatique et d'un trouble dépressif.
7. Toutefois, aucun des documents produits par M. C et aucun élément du dossier médical transmis par l'OFII, n'établissent que le défaut de traitement médical de l'état de santé de l'intéressé pourrait entraîner pour celui-ci des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet a refusé de lui délivrer la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. C soutient que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que ses attaches familiales se situent en France où séjournent son épouse et ses deux enfants mineurs depuis le 4 avril 2022.
10. M. C est cependant entré récemment en France. S'il invoque la présence en France de son épouse, ressortissante arménienne et de leurs deux enfants mineurs, nés en 2008 et 2011 et le droit de ceux-ci à se maintenir légalement en France en leur qualité de demandeurs d'asile, il ressort toutefois des pièces du dossier que leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'OFPRA le 31 août 2022 et que Mme C a elle-même fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, aucune circonstance ne faisant obstacle à la reconstitution de la cellule familiale en Arménie, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En cinquième lieu, M. C ne peut utilement soutenir que le préfet a pris sa décision en violation de l'article 33 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés et commis une erreur de droit dès lors que le refus de séjour litigieux ne porte en lui-même pas éloignement de son épouse et de ses deux enfants.
12. En sixième et dernier lieu, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dispositions que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas accordé une attention primordiale à l'intérêt supérieur des deux enfants de M. C, entrés très récemment en France, en prenant la décision contestée alors même que ceux-ci sont scolarisés en France.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Aux termes de l'article L. 611-1 de ce code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ".
15. Comme indiqué précédemment, la décision par laquelle le préfet du Finistère a refusé de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " est suffisamment motivée. L'obligation de quitter le territoire français, qui n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte, satisfait dès lors aux exigences de motivation.
16. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
18. Comme indiqué précédemment, M. C ne justifie pas que son état de santé nécessitait à la date de la décision attaquée une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
19. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.
20. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de l'intéressé.
21. En sixième lieu, M. C, qui a été en mesure comme son épouse, de présenter une demande d'asile, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte atteinte au principe de non refoulement des réfugiés consacré à l'article 33 de la convention de Genève relative au statut des réfugiés. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit doit être écarté pour les mêmes raisons.
22. En septième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant ".
23. Ces stipulations sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers qui ne peuvent donc s'en prévaloir à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est inopérant et doit être écarté.
24. En huitième et dernier lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de cette même convention doit être également écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
25. En premier lieu, en mentionnant que l'intéressé n'apportait aucun élément permettant de considérer qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le préfet a satisfait aux exigences de motivation.
26. En deuxième lieu, aux termes l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
27. M. C soutient qu'il encourt des risques de subir des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Arménie en raison des origines azerbaïdjanaises de son épouse.
28. Toutefois, le requérant ne produit aucun document justifiant que lui, son épouse et ses enfants auraient été battus en octobre ou novembre 2020 au motif que son épouse, d'ascendance arménienne, serait née en Azerbaïdjan et établissant qu'il encourt pour cette raison de subir des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Arménie. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
29. En troisième et dernier lieu, si M. C établit que son épouse est née à Bakou, en Azerbaïdjan, et non pas, comme l'a indiqué le préfet dans son arrêté, à Sahumy en Arménie, cette erreur de fait n'est, cependant pas, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
30. En premier lieu, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé.
31. En deuxième lieu, la décision contestée ne porte pas, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale.
32. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'a pas accordé une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants de M. C, ceux-ci ayant vu, comme leur mère, leurs demandes d'asile rejetées le 31 août 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
33. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. C ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
35. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. BL'assesseur le plus ancien,
signé
E. Albouy
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026