LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2206089

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2206089

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2206089
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS GUILLOTIN LE BASTARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2022, M. D C, représenté par Me Poilvet, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution du permis de construire délivré le 26 janvier 2021 à M. E A sous le n° PC 22119 21 C00010 par le maire de la commune de Lanvellec, ainsi que de la décision du 17 avril 2021 rejetant son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lanvellec une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a intérêt pour agir contre le permis de construire litigieux ; sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est satisfaite : il y a présomption d'urgence eu égard à la lettre de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; l'urgence est d'autant plus prégnante que les travaux ont commencé par la création d'une ouverture entre la maison existante et le futur garage ;

- les moyens suivants sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse :

. le projet contesté méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, en ce que l'organisation et l'aménagement des accès au terrain ne sont pas précisés dans la notice du projet ; l'accès matérialisé sur le plan de masse est sans lien avec le projet et, en tout état de cause, cet accès est matérialisé sur la parcelle cadastrée D n° 67 qui lui appartient, sans que le pétitionnaire ne bénéficie d'une servitude obtenue par voie judiciaire ou conventionnellement ;

. pour les mêmes motifs, le projet méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme prévoyant que le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'accéder à la construction ; or l'absence d'accès est un motif de refus du permis sollicité ;

. le projet contesté méconnaît l'article R. 115-1 du code de l'urbanisme justifiant le refus de délivrance d'un permis sur un terrain ne disposant pas d'un accès à la voie publique ; M. A ne bénéficie pas d'une servitude de passage, mais d'une simple tolérance pour un passage situé plus au sud et qui ne lui permet pas d'accéder à la construction projetée ;

. le projet contesté méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que la construction envisagée porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux environnants et notamment au site répertorié de la Chapelle de Saint-Connay ;

. la demande de permis de construire est entachée de fraude en ce qu'elle comporte des indications fausses, le pétitionnaire s'étant présenté comme propriétaire de la parcelle permettant l'accès à la construction projetée.

La requête a été communiquée à la commune de Lanvellec, qui n'a produit aucune observation, et à M. A, qui se borne, par un courrier reçu le 13 décembre 2022, à solliciter un report de l'audience.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée le 17 février 2021 sous le n° 2101107, par laquelle M. C demande l'annulation du permis de construire n° PC 22119 21 C00010 délivré à M. A.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vergne, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 décembre 2022 :

- le rapport de de M. B,

- les observations de Me Guillotin, représentant M. C, qui reprend et développe ses écritures et qui fait valoir que : il n'est aucunement justifié d'un accès spécifique permettant de rejoindre en voiture le futur garage, alors que celui-ci doit être édifié sur une parcelle qui n'est pas contiguë de la voie publique ; M. A et M. C bénéficient chacun de simples tolérances de passage leur permettant d'accéder, pour le premier, à la cour desservant les bâtiments dont il est propriétaire, et pour le second, par un unique accès, à sa parcelle cadastrée n° 72 ; l'exigence d'un accès permettant de rejoindre une voie publique est une prescription d'urbanisme conditionnant le droit de construire et qui n'est pas, en l'espèce, respectée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

En ce qui concerne l'urgence :

2. Saisi d'une demande de suspension de l'acte accordant un permis de construire, le juge des référés doit, eu égard au caractère difficilement réversible des travaux ainsi autorisés, regarder la condition d'urgence comme étant, en principe, remplie lorsque les travaux vont commencer ou ont déjà commencé sans être pour autant achevés. Il peut, toutefois, en aller autrement au cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières.

3. Il ressort des pièces du dossier que les travaux autorisés par le permis litigieux sont sur le point de débuter, ainsi que le révèle une photographie montant qu'une ouverture a été pratiquée dans la maçonnerie de la maison préexistante de M. A pour rejoindre le futur garage. Par ailleurs, ni la commune ni le pétitionnaire, qui n'ont produit aucune observation en défense, ne justifient d'aucune circonstance particulière faisant obstacle à ce que soit reconnue l'existence d'une situation d'urgence. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence doit, par suite, être regardée comme remplie.

En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :

4. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Le troisième alinéa de l'article R. 431-9 du même code relatif au contenu du projet architectural dispose que : " Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder ". Enfin, aux termes de l'article R. 111-5 de ce code : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ".

5. Le projet architectural de la demande de permis de construire déposée par M. A ne comporte pas, graphiquement sur les plans fournis, ni par écrit dans la notice architecturale, la description de l'accès permettant de parvenir en voiture depuis la voie publique jusqu'à la construction à usage de garage faisant l'objet de la demande d'autorisation. Ainsi qu'il est soutenu par le requérant sans qu'il lui soit répliqué, l'entrée de M. A à sa propriété se fait actuellement un peu plus au sud sur la parcelle cadastrée 67 appartenant à M. C en empruntant un chemin courbe orienté est-ouest représenté sur le plan de masse fourni par le pétitionnaire à l'appui de sa demande mais qui, d'une part, ne dessert pas le garage en litige, mais seulement la cour autour de laquelle sont implantées les constructions appartenant à M. A, et qui, d'autre part, ne correspond qu'à une simple tolérance de passage, en l'absence de servitude obtenue par M. A par voie judiciaire ou conventionnelle. Si, en principe, les autorisations d'urbanisme sont accordées au regard des seules règles d'urbanisme et sous réserve des droits des tiers, les insuffisances relevées ci-dessus sont relatives à la possibilité même d'accéder à la construction projetée, condition déterminante de l'octroi d'un permis de construire, et ont été de nature à fausser l'appréciation portée par le maire de Lanvellec sur la demande qui lui était soumise. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de la violation des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 111-5 du code de l'urbanisme sont donc de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées par lesquelles l'autorité compétente a accordé à M. A un permis de construire et rejeté le recours gracieux formé par M. C contre cette autorisation d'urbanisme.

6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension des décisions contestées.

7. Il résulte de ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Il y a lieu, par suite, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 janvier 2021 par lequel le maire de Lanvellec a délivré un permis de construire à M. A, ainsi que de la décision implicite portant rejet du recours gracieux présenté par M. C contre cette autorisation d'urbanisme.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que M. C dirige contre la commune de Lanvellec, fondées sur les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 26 janvier 2021 par lequel le maire de Lanvellec a délivré un permis de construire à M. A et de la décision implicite portant rejet du recours gracieux présenté par M. C contre cette autorisation d'urbanisme est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.

Article 2 : Les conclusions de M. C fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C, à M. E A et à la commune de Lanvellec.

Copie en sera adressée, en application de l'article R. 522-14 du code de justice administrative, au procureur de la République près du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc.

Fait à Rennes, le 21 décembre 2022.

Le juge des référés,

signé

G.-V. BLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions