LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2206192

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2206192

mercredi 14 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2206192
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS LE STRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2022, M. A C, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui fait obligation de quitter sans délai le territoire français, fixe le pays de destination et lui interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du même jour portant assignation à résidence ;

4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que l'arrêté du 7 décembre 2022 :

En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire :

- elle est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux et des principes généraux du droit de l'Union européenne ;

- le préfet d'Ille-et-Vilaine a violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet a méconnu les stipulations des articles 8 et 3-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- elle est entachée d'une insuffisante motivation ;

- l'obligation de pointage, l'interdiction de sortie et la mesure d'astreinte sont disproportionnées.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- le jugement n° 2103400 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration, notamment son article L. 211-2 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bozzi, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Semino, susbstituant Me Le Strat, représentant M. C, qui expose que le préfet ne devrait pas détenir le procès-verbal d'audition de garde-à-vue ; que M. C n'a pas été interrogé sur sa situation administrative et qu'il n'a pas été informé d'une éventuelle mesure d'éloignement ; qu'il n'a plus d'attaches au Sénégal ; qu'il n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement car il était souffrant ; qu'il justifie d'une adresse stable et qu'il ne présente donc aucun risque de fuite ; que les obligations de présentations sont excessivement contraignantes.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, de nationalité sénégalaise serait entré en France selon ses déclarations en janvier 2019. Le 22 janvier 2019, il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Par deux décisions successives du 4 novembre 2020 puis du 28 janvier 2021, l'OFPRA puis la CNDA ont rejeté sa demande d'asile. Sa demande de réexamen a également été rejetée par ces deux juridictions le 23 avril 2021 puis le 6 septembre 2021. Le 7 décembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris à l'encontre de M. C un arrêté lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine avec interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et l'assigne à résidence. M. C demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. M. C justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté en litige, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. C, précise les considérations de droit et de fait déterminantes au vu desquelles il a été pris, notamment la situation administrative et familiale du requérant ainsi que ses antécédents judiciaires. Ces éléments répondent ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. En outre, la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire comme celle portant interdiction de retour en France font l'objet d'une motivation spécifique et suffisante. Enfin, il ressort des termes de l'arrêté du 7 décembre 2022 portant assignation à résidence que le préfet a précisé que M. C " déclare occuper un appartement en colocation sur Rennes, il n'est pas déclaré sur le bail ; que, de plus, le locataire des lieux qui a déposé plainte contre l'intéressé pour vol et violences, lui a interdit de revenir dans l'appartement ; qu'il ne justifie pas ainsi d'une résidence stable, effective et permanente ; qu'il convient d'organiser l'exécution de sa mesure d'éloignement et que pour ce faire, il convient de l'assigner à résidence dans un hôtel dont une chambre est mise à disposition de l'administration ". Pour ces motifs, les moyens tirés de l'insuffisante motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu, énoncé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

5. Il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du procès-verbal d'audition du 7 décembre 2022 que, contrairement aux allégations du requérant, celui-ci a été interrogé sur sa situation administrative et la circonstance qu'il avait déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire qu'il n'avait pas exécutée. Sa situation administrative n'ayant pas connu de changement, il ne pouvait ainsi ignorer qu'il était susceptible d'être soumis à une nouvelle mesure d'éloignement et il était ainsi en mesure, lors de cette audition, de faire valoir ses observations. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, comme de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doivent être écartés.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. ". La décision attaquée a été prise sur le fondement du 4° et 6° de cet article.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. L'intéressé, qui ne fait valoir aucune circonstance humanitaire et n'est présent sur le territoire français que depuis 2109, est célibataire et sans enfant et n'établit pas avoir noué des liens stables et intenses en France où il ne réside que depuis trois ans ou encore être totalement dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. La seule circonstance qu'il bénéficierait d'une promesse d'embauche de la société BNB, produite à l'instance, datée du 8 décembre 2021 et dont les termes précisent que l'emploi pour lequel il a été retenu est le poste de " responsable d'appartements " et que " le salaire annuel s'élèvera à un montant de 1 800 euros brut pour une durée hebdomadaire de 151 heures ", n'est pas de nature à démontrer, au regard de son contenu douteux ou à tout le moins approximatif, qu'il bénéficierait de perspectives professionnelles réelles en France et qu'il serait particulièrement intégré dans la société française. Par suite, la décision n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette mesure en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision n'est pas, pour les mêmes motifs, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

10. Il ressort des pièces du dossier, qu'il ne justifie d'aucun domicile effectif, stable et permanent en France et qu'il n'a pas remis l'original de son passeport ou de tout document d'identité aux services de police. En outre, le 11 juin 2021, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français avec trente jours de délai de départ volontaire, cette décision ayant été confirmée par un jugement susvisé n° 2103400 du 28 juillet 2021 devenu définitif, et qu'il s'est soustrait à cette obligation. Malgré ses allégations, l'intéressé n'apporte aucune pièce démontrant que son état de santé lui interdisait tout déplacement pour se conformer à cette obligation. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées comme de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de celles-ci doivent être écartés.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".

12. M. C soutient qu'il encourt des risques en cas de retour au Sénégal en raison des violences et menaces graves qu'il subissait de la part des membres de la confrérie Mouride. Toutefois, l'intéressé, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA, n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de la violation, par la décision fixant le pays de renvoi, des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de ceux de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

14. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. M. C, qui ne fait état d'aucune descendance, ne peut utilement invoquer les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

16. Par ailleurs, si M. C fait valoir qu'il n'y a pas de suites pénales pour les faits de vol et violence relatifs au dépôt de plainte à son encontre pour et pour lesquels il a été interrogé lors de son audition du 7 décembre 2022, le préfet pouvait toutefois les prendre en compte dans l'examen de la situation du requérant, même en l'absence de condamnation, alors au demeurant que le requérant ne conteste pas sérieusement avoir subtilisé un téléphone et s'être physiquement emporté lors d'une altercation avec son colocataire. En outre, alors que M. C n'est présent sur le territoire français que depuis trois ans, il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Il résulte de ce qui précède qu'en l'espèce, le préfet a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ni d'erreur de droit fixer une interdiction de retour d'une durée d'un an. Il ne fait enfin état d'aucune circonstance humanitaire au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. Par ailleurs, il ressort de ce qui a été dit au point 8 que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an n'est pas disproportionnée au regard de sa situation personnelle et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

18. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".

19. En se bornant à soutenir que les modalités de son assignation à résidence sont " trop contraignantes ", M. C ne fait état d'aucun élément de nature à établir que le périmètre de l'assignation et les obligations de pointage auxquels il est astreint seraient disproportionnés au regard de son droit au respect de la vie privée et familiale ou entachés d'une erreur d'appréciation.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par M. C, et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et fondées sur l'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

signé

Fr. BLa greffière d'audience,

signé

P. Cardenas

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions