mercredi 15 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2206367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANCHOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, Mme C A, représentée par Me Blanchot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir et sous la même astreinte et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement des articles 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant du refus de titre de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreurs de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celles de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la fixation du pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Maony, substituant Me Blanchot et représentant Mme A, présente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante serbe née en 1979, est arrivée en France en 2011 selon ses déclarations, accompagnée de son époux et de ses deux enfants. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Un arrêté portant refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire a été pris à son encontre le 31 mai 2012. Par la suite, la requérante a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade. Mme A a ensuite fait l'objet de deux décisions de refus de séjour assorties d'obligations de quitter le territoire français les 23 septembre 2014 et 20 février 2015. La requérante déclare être alors repartie en Serbie en 2015 et être entrée à nouveau en France en septembre 2018. Sa nouvelle demande d'asile a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 30 avril 2019. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par la CNDA le 30 octobre 2019. Le 2 juin 2022, Mme A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 19 septembre 2022, dont Mme A demande l'annulation, le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, Mme A soutient que la décision attaquée est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne prend pas en considération l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle et professionnelle et indique à tort qu'elle déclare, sans le justifier, être entrée irrégulièrement en France le 7 septembre 2018 et qu'elle n'a jamais été en possession d'un titre de séjour sur le territoire français. Toutefois, d'une part, la régularité en la forme d'une décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs. D'autre part, la décision attaquée cite l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application. Elle rappelle le parcours en France de Mme A, sa situation familiale, le rejet de sa seconde demande d'asile, et procède à l'analyse du droit au séjour de l'intéressée au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile y compris au regard de sa situation professionnelle. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquels le préfet s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, pour regrettables que soient l'absence de mention, dans la décision attaquée, de la carte de séjour dont Mme A a auparavant bénéficié en qualité d'étranger malade, de son retour volontaire dans son pays d'origine, ainsi que l'indication partiellement erronée selon laquelle ses enfants ont vécu les premières années de leurs vies en Serbie alors qu'ils ont séjourné en France de 2011 à 2015, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Finistère a, pour autant, procédé à un examen réel et sérieux de la situation particulière de l'intéressée au regard de sa demande de titre de séjour présentée au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, préalablement à l'édiction de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° les documents justifiant de son état civil ; 2° les documents justifiant de sa nationalité ; () ". L'article L. 811-2 du même code prévoit que la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Ce dernier article dispose quant à lui que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
5. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
6. Dans les motifs de son arrêté, le préfet du Finistère a retenu que Mme A n'avait pas été en mesure de présenter un document d'identité ou de voyage en cours de validité dès lors que le passeport présenté était expiré depuis le 19 janvier 2021 et que l'intéressée n'avait pas justifié avoir entamé de démarches de renouvellement auprès des autorités serbes compétentes. Toutefois, l'authenticité du passeport présenté par Mme A n'est nullement remise en cause par le préfet du Finistère, quand bien même ce passeport est périmé depuis 2021. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet du Finistère a estimé qu'elle ne répondait pas aux conditions règlementaires prévues par l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1 () ".
8. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour. Pour autant, la demande présentée par un étranger sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas à être instruite dans les règles fixées par le code du travail relativement à la délivrance de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 de ce code. Il s'ensuit que le préfet n'est pas tenu d'accorder ou de refuser, préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance de la carte de séjour temporaire, une autorisation de travail. La demande d'autorisation de travail pourra, en tout état de cause, être présentée lorsque l'étranger disposera d'un récépissé de demande de titre de séjour ou même de la carte sollicitée.
9. D'une part, Mme A se prévaut de sa présence en France durant huit ans, interrompue par trois années dans son pays d'origine, de la scolarisation de ses deux filles sur le territoire, de son implication dans la réussite scolaire de ses enfants dont l'une a obtenu le brevet avec mention bien, de sa parfaite intégration et maîtrise du français, de son engagement bénévole et de la circonstance que sa famille a été une deuxième fois obligée de quitter la Serbie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la durée de présence en France de Mme A s'explique par l'examen de ses deux demandes d'asile par l'OFPRA et la CNDA, par la possession temporaire d'une carte de séjour en qualité d'étranger malade qui ne lui donnait pas vocation à rester en France et par le délai d'instruction de ses dossiers par le préfet du Finistère. En outre, Mme A ne démontre pas avoir noué des liens personnels et familiaux en France et ne produit aucun élément de nature à établir qu'elle est dépourvue de toute attache familiale ou personnelle en Serbie, pays dans lequel elle a vécu la majeure partie de sa vie. Enfin, son époux faisant également l'objet d'une mesure d'éloignement, elle n'établit pas être dans l'impossibilité de poursuivre sa vie privée et familiale avec ses enfants en dehors du territoire français ni que ces derniers ne pourraient poursuivre une scolarité normale en Serbie. D'autre part, Mme A se prévaut d'une demande d'autorisation de travail remplie par son employeur en octobre 2021 pour un contrat à durée déterminée de douze mois en qualité d'ouvrière maraîchère, d'une promesse d'embauche de cet employeur postérieure à l'arrêté attaqué et d'une activité professionnelle de vingt-quatre mois, dont huit les douze derniers mois, en qualité d'ouvrière maraîchère. Cependant, ces éléments ne suffisent pas à caractériser ni des circonstances humanitaires, ni des motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", alors même que la circonstance que Mme A a exercé cette activité professionnelle malgré l'absence d'autorisation de travail ne faisait pas obstacle, par elle-même, à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. Dès lors, le préfet du Finistère a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, ni méconnaître l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, estimer, au regard de l'ensemble de ces éléments, que Mme A ne pouvait se prévaloir de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels à la date à laquelle il a statué, justifiant qu'un titre de séjour lui soit délivré sur le fondement des dispositions de cet article. Par ailleurs, si Mme A est fondée à soutenir que l'absence d'autorisation de travail ne saurait lui être reprochée alors que le préfet n'a pas transmis sa demande aux autorités compétentes, il résulte de l'instruction que le préfet du Finistère aurait pris la même décision de refus d'admission exceptionnelle au séjour en se fondant sur les motifs tirés de la circonstance que l'intéressée ne démontre pas une expérience professionnelle ancienne et suffisante.
10. Il résulte ainsi de l'instruction que le préfet du Finistère aurait pris la même décision de refus d'admission au séjour s'il n'avait pas estimé à tort que Mme A ne justifiait pas de son identité et ne répondait pas aux conditions règlementaires prévues par l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En cinquième lieu, Mme A ne peut se prévaloir utilement des termes de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui est dépourvue de dispositions impératives à caractère général.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour dont elle a fait l'objet.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
13. Mme A soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée dès lors qu'elle omet de mentionner la carte de séjour dont elle a auparavant bénéficié en qualité d'étranger malade, son retour volontaire dans son pays d'origine et qu'elle indique à tort que ses enfants ont vécu les premières années de leurs vies en Serbie alors qu'ils ont vécu en France de 2011 à 2015. Si le préfet du Finistère examine la situation de Mme A au regard des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et expose les circonstances le conduisant à estimer qu'une obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, il se borne à mentionner le séjour en France de Mme A depuis 2018, sans apprécier ses liens avec la France en tenant également compte de son premier séjour en France de 2011 à 2015 et de la scolarisation de ses deux filles sur le territoire pendant cette période. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire dont elle fait l'objet n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen et à obtenir, pour ces motifs, son annulation, ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision fixant les pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
14. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
15. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
16. Compte-tenu des motifs conduisant à annuler uniquement les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination prises à l'encontre de Mme A, il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
17. Il y a lieu, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'État, partie perdante, le versement à Me Blanchot d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous la réserve que cette avocate renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 19 septembre 2022 par laquelle le préfet du Finistère a décidé d'obliger Mme A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ainsi que la décision du même jour fixant le pays de renvoi sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Finistère de réexaminer la situation de Mme A dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'État versera à Me Blanchot la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sous la réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Blanchot et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 1er mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2023.
La rapporteure,
signé
L. BLe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026