mardi 21 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2206511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 26 décembre 2022, le 26 janvier 2023 et le 28 février 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B A, alors retenu au centre de rétention administrative de Saint-Jacques-de-la-Lande puis représenté par Me Gonultas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Maine-et-Loire en date du 23 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire sans délai et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, l'ensemble sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de l'auteur de l'acte devra être établie ;
- l'arrêté a fait l'objet d'un examen insuffisant de sa situation et d'une motivation insuffisante ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en application de l'alinéa 6 de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article L. 611-3 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de sa qualité parent d'un enfant français ;
- il méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet du Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu l'ordonnance du 26 décembre 2022 du juge des libertés et de la détention.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Gonultas, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 1er juillet 1995, déclare être irrégulièrement entré en France au cours de l'année 2013 afin d'y rejoindre son père et son frère et s'y être maintenu depuis lors. Le 11 janvier 2018, il a conclu un pacte civil de solidarité avec Mme C, de nationalité française. A l'issue de son interpellation par les services de police, le 28 mai 2018, il a fait l'objet, le 30 mai suivant, d'un arrêté du préfet des Alpes Maritimes lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français et prononçant à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois ans, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Nice du 4 juin 2018 et par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 20 mai 2019. Alors que cette mesure d'éloignement a été exécutée le 29 juin 2018, M. A déclare être revenu sur le territoire national le 13 septembre suivant et a sollicité auprès du préfet de Maine-et-Loire, le 11 août 2020, un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 22 février 2021, le préfet de Maine-et-Loire a rejeté cette demande et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire sans délai et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office. Le tribunal administratif de Nantes a rejeté par un jugement du 22 septembre 2021 la requête de M. A dirigée contre cet arrêté. Se maintenant irrégulièrement sur le territoire, le préfet du Maine-et-Loire, par un arrêté en date du 23 décembre 2022, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai et fixé le pays de destination. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une lettre du 4 octobre 2022 reçue le 5 octobre à la préfecture d'Indre-et-Loire, M. A, par l'intermédiaire de son avocat, a présenté une demande de titre de séjour fondée sur sa qualité de parent d'un enfant français né le 13 juin 2020. Il invoquait en particulier le jugement du 13 juillet 2022 du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Saumur lui confiant avec la mère de son enfant, l'autorité parentale et définissant les conditions de sa participation à l'entretien et à l'éducation de son fils. M. A indiquait également dans ce courrier, sans être contesté dans le cadre de la présente instance par le préfet du Maine-et-Loire, auteur de l'arrêté attaqué, qu'il avait également présenté une demande de titre de séjour auprès de la préfecture du Maine-et-Loire le 24 mars 2022, lorsqu'il résidait encore dans ce département avec son ancienne compagne. Lors de son audition au commissariat de police de Saumur le 23 décembre 2022, il a encore indiqué qu'il avait déposé une demande de titre de séjour et que son fils vivait en France. Dans ces conditions M. A est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué, dont la légalité s'apprécie à la date à laquelle il a été pris, qui retient notamment qu'il est " père d'un enfant âgé de deux ans dont il n'a pas la charge " alors qu'à cette date le jugement du 13 juillet 2022 du juge aux affaires familiales avait statué sur sa contribution à l'entretien et à l'éducation de son fils, souffre d'un défaut d'examen pour n'avoir pas tenu compte de sa situation de parent d'un enfant français dont il avait la charge, alors que cela aurait été de nature à modifier l'appréciation portée à son droit de se maintenir sur le territoire.
3. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 décembre 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'jonction et d'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, lorsqu'une obligation de quitter le territoire est annulée " l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
5. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à l'autorité préfectorale compétente, de réexaminer la situation de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 23 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet compétent de réexaminer la situation de M. A dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 000 euros à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 3 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.
Le président-rapporteur,
signé
C. D
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. Bozzi
La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026