jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BLANCHOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 et 16 janvier 2023, M. C A, représenté par Me Blanchot, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 avril 2022 par laquelle l'agent du ministère de l'intérieur et des outre-mer a clôturé sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfecture du Val-de-Marne d'examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sur la recevabilité de la requête : la décision contestée lui fait grief dès lors qu'elle équivaut à une décision de refus de titre de séjour et cette décision, qui n'est pas datée, ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- le tribunal administratif territorialement compétent est celui de Rennes dès lors qu'il réside à Brest ;
- la condition d'urgence est satisfaite : il était précédemment titulaire d'un titre de séjour depuis 2018 et se trouve en séjour irrégulier sur le territoire français ; il justifie avoir été accepté à l'école Skema Business School pour intégrer en alternance un programme Mastère spécialisé " Manager Marketing Data et Commerce Electronique ", dont la rentrée est fixée au 18 février 2023 et aucun employeur ne pourra l'embaucher sans titre de séjour ; il n'a pas pu entamer des démarches de régularisation plus tôt dès lors que ses études l'ont accaparé et il ne pouvait pas apporter le document sollicité par l'agent instructeur de son dossier ; il ne peut pas se permettre d'attendre plusieurs mois pour pouvoir déposer une nouvelle demande de titre de séjour ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit : lorsqu'il a sollicité un titre de séjour sur la plateforme dédiée, il était hébergé chez un ami et a transmis en ligne une attestation d'hébergement ainsi qu'une facture au nom de l'hébergeant mais n'était pas en mesure de transmettre une quittance de loyer, n'étant pas lui-même locataire ; or, le renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " n'est pas conditionné à la production d'un contrat de location au nom de l'intéressé et d'une quittance de loyer ;
- l'injonction conserve un intérêt dès lors qu'aucune préfecture ne s'est déclarée compétente pour réexaminer sa situation.
Par un mémoire, enregistré le 4 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir que la décision en litige a été prise par le préfet de la Charente-Maritime, seul compétent pour défendre la décision attaquée.
Par un mémoire, enregistré le 6 janvier 2023, le préfet de la Charente-Maritime fait valoir que le dossier de M. A relève de la compétence de la préfecture du Finistère.
Par un mémoire, enregistré le 16 janvier 2023, le préfet du Finistère conclut at rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée date du 17 avril 2022 ;
- il n'est pas compétent pour traiter la dernière demande de M. A dès lors que celui-ci est dorénavant hébergé dans le département du Val-de-Marne et il lui appartient de solliciter un rendez-vous en présentiel auprès de cette préfecture ;
- M. A a tardé à déposer sa demande initiale de renouvellement de titre, puis a indiqué un domicile distinct de son département de domiciliation, ce qui est à l'origine des difficultés qu'il rencontre actuellement ;
- ses services ont délivré à M. A un récépissé valable du 12 janvier au 14 avril 2023 afin de faciliter ses démarches auprès de la préfecture du Val-de-Marne.
Vu :
- la requête au fond n° 2300020 ;
- les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 janvier 2023 :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Alibert, substituant Me Blanchot, représentant M. A.
Le préfet du Finistère n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il résulte de l'instruction que le préfet du Finistère a délivré à M. A, ressortissant marocain âgé de 24 ans, un récépissé valable du 12 janvier au 14 avril 2023. Ce récépissé permet au requérant d'une part d'intégrer le Mastère spécialisé " Manager Marketing Data et Commerce Electronique " au sein de l'école Skema Business School à Paris, dont la rentrée est prévue le 18 février 2023, d'autre part d'entreprendre les démarches nécessaires auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne, département où il indique qu'il doit être hébergé, pour déposer sa demande de titre de séjour. Si M. A soutient qu'il ne parvient pas à obtenir un rendez-vous auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne pour déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, la juridiction territorialement compétente pour connaître d'un éventuel refus de lui fixer un rendez-vous est le tribunal administratif de Melun qu'il lui appartient de saisir en référé s'il s'y croit fondé. Ainsi, en l'état de l'instruction, le requérant ne justifie pas d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et familiale pour que la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité puisse être regardée comme remplie.
4. Il résulte de tout ce qui précède que l'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu de rejeter, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Finistère et le bien-fondé des moyens invoqués, les conclusions à fin de suspension de la requête de M. A.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le requérant doivent, dès lors, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet du Finistère et au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Rennes, le 19 janvier 2023.
Le juge des référés,
signé
F. BLa greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026