lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | BERTHET-LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2023 à 18h18, M. B C, représenté par Me Berthet-Le Floch, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son transfert aux autorités autrichiennes ;
3°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a prononcé son assignation à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de l'autoriser à solliciter l'asile en France et de l'admettre au séjour à ce titre ; à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de remise aux autorités autrichiennes :
- il n'est pas établi que la procédure prévue par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 aurait été respectée et que les informations prévues par ce texte lui auraient été délivrées dans une langue qu'il comprend ;
- il n'est pas établi qu'il aurait bénéficié d'un entretien confidentiel mené par une personne qualifiée, conformément aux dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il n'a jamais sollicité l'asile en Autriche, pays qui n'a d'ailleurs jamais explicitement reconnu sa responsabilité ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car l'examen de sa situation personnelle et familiale aurait dû conduire le préfet d'Ille-et-Vilaine à faire usage de la " clause de souveraineté " prévue par l'article 17 ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de transfert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement européen (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Tourre, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Berthet-Le Floch, représentant M. C, qui développe les moyens présentés dans ses écritures et indique que :
* au vu des éléments produits par le préfet d'Ille-et-Vilaine, M. C se désiste des moyens tirés de la méconnaissance des articles 4 et 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
* si ses empreintes ont été enregistrées sur Eurodac le 4 novembre 2022, soit très peu de temps avant son entrée sur le territoire français, M. C n'a jamais eu conscience de déposer une demande d'asile ;
* la décision attaquée méconnaît l'article 3-2 du règlement Dublin 3 dès lors que si la saisine aux fins de reprise en charge est établie, le préfet ne produit pas de réponse explicite ni de constat d'accord implicite mais un courrier générique du service Dublin des autorités autrichiennes, rédigé de surcroît en anglais, qui précise que les services étant surchargés, aucun accord explicite ne sera envoyé et qui demande de ne pas envoyer de courrier de relance car ils n'ont plus la possibilité matérielle de traiter l'afflux de demandes ; ce courrier démontre que l'Autriche n'est pas en capacité de gérer l'afflux de demandes et donc qu'aucune garantie sur le traitement réservé à sa demande d'asile ;
* en l'absence de réponse des autorités autrichiennes, il ne peut donc savoir si la demande d'asile enregistrée sur Eurodac a été instruite, rejetée ou retirée ; or en cas de transfert en Autriche puis de retour en Afghanistan, M. C invoque les risques de représailles de la part des talibans encourus notamment en raison de la coopération de sa famille avec l'ancien gouvernement afghan, et au vu de la situation générale du pays ;
* la décision de transfert est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C, alors que son jeune âge le rend par principe plus vulnérable, qu'il fait état de problèmes de santé, même s'il ne peut encore produire des éléments en justifiant, et qu'il établit de la présence de son oncle en France, présent à l'audience, qui bénéficie de la protection subsidiaire, a un logement dans lequel il héberge M. C et l'aide dans ses démarches, ainsi que la présence d'autre ressortissants afghans du même village, également présents à l'audience, dont il justifie la situation régulière ;
- les observations de M. C, assisté d'un interprète en langue patcho.
Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant afghan, est entré irrégulièrement en France le 13 novembre 2022. Il a présenté une demande d'asile auprès des services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine le 1er décembre 2022. La consultation du fichier Eurodac ayant révélé qu'il avait présenté une première demande de protection internationale en Autriche, les autorités autrichiennes ont été saisies le 2 décembre 2022 d'une demande de reprise en charge sur le fondement du b) du 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013. Ces autorités ont accepté leur responsabilité par un accord implicite le 17 décembre 2022. Par deux arrêtés du 4 janvier 2023, dont M. C demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de transférer l'intéressé aux autorités autrichiennes et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. M. C justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités autrichiennes :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 23 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Lorsqu'un État membre auprès duquel une personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), a introduit une nouvelle demande de protection internationale estime qu'un autre État membre est responsable conformément à l'article 20, paragraphe 5, et à l'article 18, paragraphe 1, point b), c) ou d), il peut requérir cet autre État membre aux fins de reprise en charge de cette personne. / 2. Une requête aux fins de reprise en charge est formulée aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, dans un délai de deux mois à compter de la réception du résultat positif Eurodac ( "hit" ), en vertu de l'article 9, paragraphe 5, du règlement (UE) n° 603/2013. / Si la requête aux fins de reprise en charge est fondée sur des éléments de preuve autres que des données obtenues par le système Eurodac, elle est envoyée à l'État membre requis dans un délai de trois mois à compter de la date d'introduction de la demande de protection internationale au sens de l'article 20, paragraphe 2. / 3. Lorsque la requête aux fins de reprise en charge n'est pas formulée dans les délais fixés au paragraphe 2, c'est l'État membre auprès duquel la nouvelle demande est introduite qui est responsable de l'examen de la demande de protection internationale () ". Aux termes de l'article 22 de ce règlement : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur dans un délai de deux mois à compter de la réception de la requête () ". Aux termes de son article 25 : " 1. L'État membre requis procède aux vérifications nécessaires et statue sur la requête aux fins de reprise en charge de la personne concernée aussi rapidement que possible et en tout état de cause dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la date de réception de la requête. Lorsque la requête est fondée sur des données obtenues par le système Eurodac, ce délai est réduit à deux semaines. / 2. L'absence de réponse à l'expiration du délai d'un mois ou du délai de deux semaines mentionnés au paragraphe 1 équivaut à l'acceptation de la requête, et entraîne l'obligation de reprendre en charge la personne concernée, y compris l'obligation d'assurer une bonne organisation de son arrivée ". Par ailleurs, il résulte des dispositions des articles 15, 18 et 19 du règlement (CE) de la Commission du 2 septembre 2003 susvisé que le réseau de communication " DubliNet " permet des échanges d'informations fiables entre les autorités nationales qui traitent les demandes d'asile et que les accusés de réception émis par un point d'accès national sont réputés faire foi de la transmission et de la date et de l'heure de réception de la requête ou de la réponse.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture d'Ille-et-Vilaine le 1er décembre 2022. Le même jour, l'autorité administrative a procédé au relevé de ses empreintes et a obtenu un résultat positif Eurodac révélant que l'intéressé avait déjà sollicité l'asile auprès des autorités autrichiennes le 4 novembre 2022. Or, il ressort des pièces du dossier, et notamment du l'accusé " DubliNet " versé aux débats par le préfet, qu'une demande aux fins de reprise en charge a été présentée aux autorités autrichiennes le 2 décembre 2022 dans le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées. Le préfet d'Ille-et-Vilaine verse également aux débats un courrier des autorités autrichiennes en date du 7 novembre 2022 dans lequel celles-ci informent leurs partenaires qu'elles n'accepteront plus que tacitement les demandes formulées devant elles tendant à la prise ou reprise en charge des demandeurs d'asile. Il en résulte que, contrairement à ce que soutient M. C, le préfet d'Ille-et-Vilaine établit que les autorités autrichiennes ont implicitement accepté la demande tendant à sa reprise en charge et, par suite, la régularité de la procédure de reprise en charge qu'il a initiée conformément aux dispositions de l'article 23 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () ". Aux termes de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque État membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
6. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un État autre que la France, que cet État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet État membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet État membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet État de ses obligations.
7. Si M. C soutient qu'il n'a pas déposé de demande d'asile en Autriche où il n'a engagé aucune démarche en ce sens, il n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les mentions précédemment mentionnées du fichier Eurodac. Le requérant soutient, par ailleurs, qu'il serait exposé à un risque de traitements inhumains et dégradants en cas de transfert vers l'Autriche, du fait du risque de renvoi vers l'Afghanistan. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que les autorités autrichiennes aient définitivement rejeté la demande d'asile de M. C. Si le requérant fait par ailleurs valoir que le courrier générique du service Dublin des autorités autrichiennes du 7 novembre 2022 démontre que l'Autriche n'est pas en capacité de gérer l'afflux de demandes d'asile, ce courrier ne permet pas d'établir que cet État n'examinera pas sa situation conformément aux prescriptions de la directive 2011-95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection, et aux stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce courrier ne permet pas davantage d'établir qu'il existerait en Autriche, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des défaillances revêtant un caractère systémique dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile ou qu'il aurait été ou serait exposé dans ce pays à un risque de traitement inhumain et dégradant. Par suite, en l'absence de risque avéré de mauvais traitements en cas de remise aux autorités autrichiennes, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de cette convention doit être écarté. Par ailleurs, M. C n'établissant pas qu'il ne bénéficiera pas d'un examen effectif de sa demande de protection internationale dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3.2 du règlement (UE) n°604/2013, doit également être écarté.
8. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C n'établit ni que sa demande d'asile ne sera pas examinée dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, ni qu'il existerait des défaillances systématiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Autriche, ni enfin que les autorités autrichiennes le renverront en Afghanistan sans réel examen des risques auxquels il serait exposé. Si M. C fait valoir en outre que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas pris en compte la présence en France de son oncle, qui l'héberge et l'aide dans ses démarches, et de compatriotes du même village, tous étant bénéficiaires de la protection subsidiaire, cette circonstance ne permet de caractériser ni une méconnaissance des critères de détermination de l'État membre responsable de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement Dublin III, ni la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'ensuit que ces moyens ne peuvent qu'être écartés. Dans ces conditions et par les seuls motifs qu'il invoque, M. C ne démontre pas que sa situation personnelle justifiait que le préfet d'Ille-et-Vilaine décide, à titre dérogatoire, que sa demande d'asile soit examinée par les autorités françaises. Par suite, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a ni méconnu les dispositions précitées de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ni commis une erreur manifeste d'appréciation.
9. En cinquième lieu, M. C soutient que la décision de transfert est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle, alors que son jeune âge le rend par principe vulnérable, qu'il fait état de problèmes de santé, qu'il établit la présence de son oncle en France et de ressortissants afghans du même village. Toutefois, M. C ne produit aucun document, notamment médical, qui permette d'établir que son état de santé ou un autre élément de sa situation personnelle, en dehors de son âge, le placerait dans une situation de vulnérabilité exceptionnelle imposant d'instruire sa demande d'asile en France. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait entaché la décision de transfert d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a prononcé son transfert aux autorités autrichiennes.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
11. Ainsi qu'il vient d'être exposé, la décision prononçant le transfert de M. C aux autorités autrichiennes n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué au soutien des conclusions en annulation de la décision portant assignation à résidence, doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision d'assignation à résidence dont il fait l'objet.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Les conclusions à fin d'annulation de M. C devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
14. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Berthet-Le Floch et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2023.
La magistrate désignée,
signé
L. A La greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026