LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2300356

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2300356

mardi 24 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2300356
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantBALLOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 janvier 2023 à 13h56 et le 24 janvier 2023, M. A B, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), et représenté par Me Balloul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'oblige à quitter sans délai le territoire français, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de retour en France pendant trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de procéder à l'effacement des mentions le concernant du fichier du Système d'information Schengen (SIS) dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- l'arrêté préfectoral a été signé par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé et ne comporte pas un examen de sa situation personnelle, notamment en ce qu'il a déclaré lors de son audition par les services de police qu'il était titulaire d'une carte de citoyen portugais ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de chacune des décisions que comporte l'arrêté contesté,

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le motif tiré de la menace à l'ordre public étant infondé et son absence de droit au séjour n'étant pas clairement établi ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa reconduite vers l'Algérie le séparerait de sa compagne, avec laquelle il est marié civilement, et de leur enfant ;

- le préfet ne pouvait fonder la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire sur la menace à l'ordre public qu'il représente ;

- la décision lui faisant interdiction d'un retour en France pendant trois ans porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, comme la décision fixant le pays de destination et la décision lui faisant interdiction de retour en France, devront être annulées en conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2023, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Me Balloul, commis d'office, bénéficie de la rétribution mentionnée à l'article 19-1 de la loi n° 91-647 du 10 juillet1991, au titre de l'aide juridictionnelle.

Vu :

- l'ordonnance du 21 janvier 2023 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. B pour un délai maximum de vingt-huit jours ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard, magistrate désignée,

- les observations de Me Balloul, avocat commis d'office, représentant M. B, qui maintient les conclusions écrites de la requête, par les mêmes moyens, à l'exception des moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté et du défaut de motivation dont il se désiste. Il fait valoir que M. B vit à Tours avec sa famille, ce dont il a fait état lors de son audition, sans que le préfet n'en tienne compte dans sa décision, qu'aucune condamnation n'a jamais été prononcée à son égard et qu'il n'a pas davantage fait l'objet de poursuites, que le préfet ne pouvait donc retenir que sa présence sur le territoire français représentait une menace pour l'ordre public,

- les explications orales de M. B, assisté d'une interprète en langue arabe.

Le préfet d'Indre-et-Loire n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien, né le 27 avril 1990 à Bourouba (Algérie), serait, selon ses déclarations, entré en France au cours du mois d'août 2022. Il se maintient depuis sur le territoire français sans avoir entrepris de démarches pour régulariser sa situation au regard de ses droits au séjour. M. B est défavorablement connu des services de police pour avoir fait l'objet de plusieurs interpellations depuis le mois d'octobre 2021 pour des faits de port d'arme, de vol en réunion, de violences aggravées et d'agression sexuelle commis dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Haut-Rhin et d'Indre-et-Loire. Le 17 janvier 2023, il a été, une nouvelle fois, interpellé et placé en garde à vue pour des faits de port d'arme prohibé et de refus d'obtempérer. A l'issue de la procédure de garde à vue, le préfet d'Indre-et-Loire a décidé, par arrêté du 18 janvier 2023, de l'obliger à quitter le territoire français sans délai, de fixer le pays à destination duquel il sera reconduit d'office et de lui faire interdiction d'un retour en France pendant une période de trois ans. Par arrêté du même jour, le préfet d'Indre-et-Loire a placé M. B en rétention administrative. M. B demande l'annulation de l'arrêté préfectoral l'obligeant à quitter le territoire français sans délai.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions :

2. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté du 18 janvier 2023 ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant de prendre les décisions contestées. La seule déclaration, lors de son audition le 24 octobre 2022 par les services du commissariat de Mulhouse selon laquelle il serait titulaire d'une carte de citoyen portugais, qui lui aurait été délivrée l'année précédente à Lisbonne, mais dont il n'est pas en mesure de justifier, ayant, selon ses propos à l'audience, perdue cette carte, ne saurait suffire à tenir pour établi que M. B aurait la double nationalité portugaise et algérienne. Lors de son audition le 18 janvier 2023, il a seulement déclaré avoir la nationalité algérienne et se borne, dans le cadre de la présente instance, à produire un passeport algérien ainsi qu'un extrait de livret de famille algérien. En outre, s'il a déclaré le 24 octobre 2022 être marié à une compatriote depuis 2019 avec laquelle il a une enfant de trois ans, celles-ci se trouvant à Lisbonne et faisant des allers et retours vers l'Algérie, puis le 18 janvier 2023, être marié religieusement avec une personne se trouvant sur le sol français et habitant à Marseille, il n'a jamais fait état d'une quelconque vie conjugale effective. Ainsi, et compte tenu de ses déclarations variables lors de ses auditions par les services de police, et en dernier lieu lors de son audition du 18 janvier 2023, le requérant ne saurait sérieusement soutenir que le préfet d'Indre-et-Loire n'aurait pas tenu compte de sa situation personnelle et familiale avant d'édicter l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen complet de sa situation doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ()/ 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

4. Il est constant, ainsi qu'il a été exposé précédemment, que M. B ne justifie pas d'une entrée régulière sur le territoire français et s'y maintient depuis sans avoir entrepris aucune démarche en vue d'obtenir un titre de séjour. M. B est, ainsi, au nombre des étrangers pouvant faire l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français en application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le préfet d'Indre-et-Loire a constaté, après consultation des fichiers de police, que M. B était connu sous de multiples alias et qu'il était défavorablement connu des services de police ayant été interpellé à plusieurs reprises depuis le mois d'octobre 2021 pour des faits de port d'arme, de vol en réunion, de violence aggravée par deux circonstances suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours et agression sexuelle. M. B ne conteste pas la matérialité de ces faits et se borne à soutenir que ceux-ci n'ont pas fait l'objet de condamnations ou de poursuites. Le préfet d'Indre-et-Loire a également relevé que deux arrêtés préfectoraux l'obligeant à quitter le territoire français ont déjà été notifiés à M. B, le 18 décembre 2021 puis le 13 mars 2022, et qu'ils étaient assortis d'une décision d'interdiction de retour en France d'une durée d'un an puis de deux ans qui n'a pas été respectée. Ainsi, au regard de ces éléments et de leur caractère itératif, le préfet d'Indre-et-Loire a pu considérer que le comportement de M. B constituait une menace à l'ordre public. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet d'Indre-et-Loire a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas davantage commis une erreur manifeste d'appréciation.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Les seules allégations de M. B lors de l'audience, qui contredisent celles faites lors de ses auditions par les services de police, ne sauraient permettre de considérer qu'il résiderait sur le territoire français avec son épouse et leur enfant et qu'il serait seul à pouvoir subvenir à leurs besoins. Au demeurant, interrogé à ce sujet, le requérant ne conteste pas que son épouse, à supposer sa présence avérée à Tours, chez un ami qui hébergerait la famille, ne dispose d'aucun droit au séjour sur le territoire français. Il ressort également de ses auditions par les services de police qu'il a déclaré n'être que de passage en France, où il serait entré en dernier lieu au mois d'août 2022, ne pas avoir l'intention pas de s'y installer et souhaiter rentrer en Algérie. Dans ces conditions, eu égard aux conditions et à la durée de séjour en France du requérant, la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le préfet d'Indre-et-Loire n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

7. En premier lieu, et ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". L'article L. 612-2 du même code prévoit, cependant, que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 de ce code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; ()/ 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

9. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet d'Indre-et-Loire s'est fondé sur le fait que l'intéressé est entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y maintient sans avoir effectué de démarches pour régulariser sa situation administrative, qu'il a fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement qui étaient assorties de décisions lui faisant interdiction d'un retour en France, qu'il n'a pas respectées et que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Il ne présente, en outre, pas de garanties de représentation suffisantes, puisqu'il a déclaré lors de son audition le 18 janvier 2023 par les services de police, être sans domicile fixe. L'intéressé ne se prévaut, par ailleurs, d'aucune circonstance particulière justifiant qu'un délai de départ volontaire lui soit accordé. M. B entrait ainsi, dans les cas où, en application des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. M. B n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que l'autorité préfectorale aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, comme précédemment développé, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, (). ". L'article L. 721-4 du même code précise que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Ce dernier texte stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

12. Le requérant ne conteste pas les termes de la décision critiquée selon lesquels, après avoir examiné sa situation, le préfet d'Indre-et-Loire a constaté qu'il n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il n'établit pas la réalité des droits au séjour dont il entend se prévaloir au Portugal. Enfin, il ressort des procès-verbaux d'audition produits par le préfet que M. B a déclaré souhaiter rentrer en Algérie. Il a également indiqué que son épouse et sa fille faisaient des allers et retours réguliers entre le Portugal et l'Algérie. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant l'Algérie comme pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. B n'est pas fondé à invoquer, au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant interdiction d'un retour sur le territoire français pendant trois ans, par la voie de l'exception, l'illégalité des décisions du préfet d'Indre-et-Loire l'obligeant à quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

15. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il doit assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

16. Pour fonder la décision prononçant à l'encontre de M. B une interdiction de retour en France pendant trois ans, le préfet d'Indre-et-Loire a relevé que l'intéressé a déclaré être présent sur le territoire français depuis moins d'un an, sans justifier d'une entrée régulière, qu'il n'entretenait aucun lien ancien et intense avec la France et que son comportement représentait une menace pour l'ordre public. Il ressort, en outre, des pièces du dossier, et ainsi qu'il a été dit précédemment, que deux précédentes décisions lui faisant interdiction d'un retour sur le territoire français lui ont été notifiées, sans qu'il ne les respecte. Au regard de ses déclarations lors de ses auditions par les services de police, ainsi que lors de l'audience, le requérant ne saurait sérieusement soutenir que la décision contestée porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale, compte tenu de la présence sur le territoire français de son épouse et de son enfant. Il ne fait, par ailleurs, état d'aucune circonstance humanitaire susceptible de faire obstacle à cette décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Indre-et-Loire aurait commis une erreur d'appréciation en lui interdisant un retour en France pendant trois ans.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction d'un retour en France pendant trois ans doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral contesté, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B ne peuvent dès lors être accueillies.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.

La magistrate désignée,

signé

M. C

La greffière d'audience,

signé

J. Jubault

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions