LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2300483

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2300483

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2300483
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE BOURHIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2023 au greffe du tribunal, M. D A, représenté par Me Le Bourhis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2021, par lequel le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays dans lequel il a la nationalité comme pays de destination duquel il pourra être reconduit d'office et l'a astreint à remettre l'original de son passeport avec obligation de pointage à raison d'une fois par semaine au commissariat de police de Quimper ;

2°) d'enjoindre le préfet du Finistère de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ou, à titre subsidiaire, d'instruire sa demande, et de procéder à un nouvel examen de sa situation, le tout dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice de forme résultant d'une insuffisante motivation en droit et en fait, résultant du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit en ce que le préfet méconnait l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour de l'étranger et du droit d'asile ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation relative à la méconnaissance du préfet de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision d'obligation de quitter le territoire français fixant comme pays de destination celui où il a la nationalité méconnait l'article 3-1 de la convention de New York de 1990.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2023 au greffe du tribunal, le préfet du Finistère, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête de M A est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le

26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité tunisienne, né en février 1983, est entré irrégulièrement en France en 2017 avec son épouse, sa fille mineure, ainsi que les deux autres enfants de son épouse issus d'une union précédente. A leurs arrivés chez la famille de son épouse, le père de celle-ci a refusé que M. A loge chez lui. L'intéressé, après avoir vécu à la rue en région parisienne avant d'être pris en charge par le CCAS de Quimper, a présenté le 5 juillet 2021 une demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ". Le préfet du Finistère a rejeté sa demande par un arrêté du 5 novembre 2021, portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français sous 30 jours et fixant le pays de destination celui où il détient la nationalité. C'est l'arrêté dont M. A demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'accord-cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie et le protocole relatif à la gestion concertée des migrations, signés à Tunis le 28 avril 2008, et d'autre part, comporte un exposé détaillé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet du Finistère s'est fondé pour édicter l'arrêté contesté. Ces éléments de motivation ainsi que l'ensemble des énonciations de l'arrêté, permettent en outre d'établir, alors même que l'article 3 de l'accord franco-tunisien n'est pas mentionné, que le préfet du Finistère a procédé à un examen complet de la situation de M. A. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de l'arrêté de transfert attaqué et du défaut d'examen complet de la situation de

M. A doivent donc être écartés.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien de 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention " salarié " ". Aux termes de l'article 11 de l'accord franco-tunisien " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ". Aux termes de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ",

" travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non en se référant à l'accord franco-tunisien. En tout état de cause, dès lors que le préfet a visé l'accord franco-tunisien dont il a fait application et que l'intéressé ne disposait ni d'un visa de long séjour, ni d'un contrat de travail visé par l'autorité compétente, le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de base légale en ne statuant pas sur le fondement de l'accord franco-tunisien. Au demeurant, M. A qui se borne à affirmer que son employeur n'a pas reçu le courrier de l'administration lui demandant de produire les pièces nécessaires à l'instruction de son dossier de demande, n'établit pas avoir présenté une demande d'autorisation de travail lui permettant d'obtenir un tel titre de séjour, ni disposer de l'autorisation des autorités compétentes, requise par les stipulations de l'accord franco-tunisien. Le préfet du Finistère n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien.

5. D'autre part, si M. A fait valoir qu'il détient une promesse d'embauche du

7 septembre 2021 pour un poste de serveur employé polyvalent, transmise à la préfecture par un recours gracieux du 22 novembre 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait eu connaissance de cette promesse avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, si M. A fait valoir qu'il est marié depuis 2015 avec Mme B, avec laquelle il a une fille née en 2016 et qu'elles vivraient toutes les deux en France depuis 2017, il ressort des pièces du dossier qu'il est hébergé actuellement au centre communal d'action sociale, et qu'il n'a plus de liens avec sa femme et sa fille, ni même la garde de cette dernière depuis leur installation chez le père de son épouse, à supposer mêmes qu'elles soient encore domiciliées en France. De même, si M. A allègue qu'il a participé à des activités de bénévolat auprès des restaurants du Cœur et de l'association AMCM et fait valoir qu'il détient une promesse d'embauche par la société kebab du chapeau rouge, quand bien même cette promesse datée du 7 septembre 2021 serait toujours d'actualité, ces circonstances, alors, que M. A ne démontre aucune insertion particulière dans la société française, ni aucune relation privée et sociale, ancienne, intense et stable, ne sont pas de nature à démontrer que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour de l'étranger et du droit d'asile.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention de New-York de 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

7. M. A fait valoir que sa femme et sa fille, toutes deux de nationalité tunisienne, vivent chez ses beaux-parents en France depuis 2017. Toutefois, alors qu'il ne produit qu'un virement bancaire au bénéfice de son épouse fait le 22 octobre 2020 dans un bureau de Chilly-Mazarin, il ne conteste pas n'avoir plus de liens avec elles et se trouve donc isolé sur le territoire français. Il n'établit pas d'avantage être dépourvu d'attaches en Tunisie, son pays d'origine, où vivent ses deux parents selon ses déclarations. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Finistère aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons alors que M. A n'a plus de relation avec sa fille depuis qu'il a quitté le domicile de son beau-père et qu'il ne peut être regardé comme participant à son éducation et son entretien, le préfet du Finistère ne peut être regardé comme ayant méconnu, en prenant l'arrêté contesté, les stipulations de l'article 3-1 de la Convention de New-York de 1990.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation doivent

être rejetées.

Sur les conclusions à fins d'injonction :

9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution et par suite, les conclusions de M. A tendant à ce que soient adressées diverses injonctions au préfet du Finistère doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. L'État n'étant pas la partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

11. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée à la requête de M. A, que celle-ci de doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023 à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Moulinier, premier conseiller,

M. Bozzi, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le président-rapporteur,

signé

G. C

L'assesseur le plus ancien,

signé

Y. Moulinier Le greffier,

signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente.

N°2300483

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions