jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300507 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | LE MEHAUTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2023 à 10h25, M. B A, représenté par Me Le Méhauté, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2023 par lequel le préfet des Côtes d'Armor l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor de réexaminer sa situation au vu de l'évolution de sa situation personnelle et professionnelle depuis la date à laquelle une obligation de quitter le territoire français a été prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son avocat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conditions dans lesquelles les services de police ont récupéré son passeport sont irrégulières ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, en ce que le préfet aurait dû procéder à un nouvel examen de sa situation, qui a évolué depuis qu'une obligation de quitter le territoire français a été prononcée à son encontre ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit d'aller et de venir, et à son droit à travailler, en ce qu'il lui interdit de sortir de Lannion pour se rendre à son travail à Ploulec'h ;
- il l'expose à des risques importants en cas de retour en Gambie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Le Méhauté, représentant M. A, qui abandonne le moyen relatif à l'irrégularité de la récupération du passeport, et développe pour le surplus le contenu de ses écritures, en insistant sur l'intégration professionnelle du requérant, qui n'a pas été informé de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre et n'a donc pas pu la contester et sollicite le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
- les observations de M. C, représentant le préfet des Côtes-d'Armor ;
- les explications de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant gambien, est entré en France le 27 mai 2019, muni d'un visa court séjour pour l'Italie expirant le 3 juin 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 11 juin 2021, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 11 avril 2022. Par un arrêté du 7 juin 2022, le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être reconduit d'office. M. A n'a pas contesté cet arrêté, qu'il déclare n'avoir pas reçu. Par l'arrêté du 27 janvier 2023, le préfet des Côtes-d'Armor a assigné M. A à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. M. A justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
4. En premier lieu, aucun texte ni aucun principe général n'impose à l'autorité préfectorale de procéder, avant d'assigner à résidence un étranger en application des dispositions précitées, mesure qui n'a pour objet que de permettre la mise à exécution de la décision prononçant l'obligation de quitter le territoire français, à un nouvel examen de sa situation. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet des Côtes-d'Armor aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne procédant pas à un réexamen de la situation de M. A au regard de son droit au séjour pour tenir compte de l'évolution de sa situation professionnelle, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, si les décisions d'assignation à résidence prévues par les dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas assimilables à des mesures privatives de liberté, elles doivent être, dans leur principe comme dans leurs modalités, adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent.
6. Au cas d'espèce, l'arrêté litigieux, qui se borne à imposer à M. A une obligation de présentation au commissariat une fois par jour à 9 heures et à lui interdire de sortir du territoire de la commune de Lannion, ne porte pas, eu égard aux finalités poursuivies par cette mesure, une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir. Si M. A invoque l'impossibilité de se rendre sur son lieu de travail, situé dans la commune de Ploulec'h, son absence de titre de séjour ne permet pas de le regarder comme étant titulaire d'un contrat de travail régulier l'autorisant à travailler. Par suite, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence porterait atteinte à sa liberté de travailler ne peut qu'être écarté.
7. En troisième et dernier lieu, la mesure d'assignation ne portant pas, en elle-même, éloignement à destination du pays d'origine du requérant, le moyen tiré de ce que M. A serait exposé à des risques en cas de retour en Gambie ne peut qu'être écarté comme inopérant. En tout état de cause, le requérant, dont la demande d'asile a été rejetée, n'apporte aucun élément nouveau de nature à tenir pour établis les risques qu'il allègue.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2023 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement n'appelant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Côtes-d'Armor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La magistrate désignée,
signé
V. DLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026