vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VERVENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2023 et deux mémoires enregistrés le 9 février 2023, M. A B, représenté par Me Vervenne, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension l'exécution de la décision du 15 décembre 2022 par laquelle le préfet du Finistère a déclaré irrecevable sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Finistère, dans l'attente d'une décision au fond, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec droit au travail dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le refus d'enregistrer sa demande et de lui délivrer un récépissé est contraire aux dispositions de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son dossier était complet et que sa demande ne pouvait être regardée ni comme abusive ni comme dilatoire, les données le concernant et contenues dans la base D ne pouvant plus, à la date de la décision attaquée, lui être opposées pour ce motif, une fois expirée, depuis le 30 mars 2020, la durée de conservation de cinq ans prévue à l'article R. 611-1 du même code, à l'article 7 de l'arrêté ministériel du 26 septembre 2017 et à l'article 4-1 de l'arrêté ministériel du 22 août 2001, conformément aux orientations prévues au 5° de l'article 5 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ;
- la décision attaquée méconnaît directement les dispositions limitant à cinq ans la durée de conservations des données D ;
- les informations contenues dans D ne peuvent lui être opposées en ce qu'il nie avoir déposé une demande de visa en 2015, sous une autre identité, alors qu'il établit son identité par un extrait du registre de transcription de naissance, d'un jugement supplétif et d'une carte consulaire dont l'authenticité ne saurait être mise en cause par un seul avis de la direction zonale de la police aux frontières ;
- il a toujours été regardé comme mineur lors de son entrée en France et son identité ne saurait être remise en cause sans méconnaître les dispositions de l'article 47 du code civil ;
- l'avis défavorable de la police aux frontières fait une inexacte application des articles 179 et 196 du code civil guinéen qui ne concernent que les actes d'état civil et non les documents qu'il a produits, lesquels ont été légalisés par l'ambassade de Guinée en France, et il en est de même des dispositions de l'article 555 du code de procédure civile guinéen dont il n'est pas démontré qu'elles concernent également la matière gracieuse ;
- bien que n'ayant pu obtenir de récépissé de première demande de titre de séjour, il a pu intégrer une formation en alternance et obtenir un CAP de carreleur mosaïste et a signé un contrat de bail, et sa situation professionnelle et personnelle serait compromise de manière grave et immédiate par l'exécution de la décision attaquée.
Par un mémoire enregistré le 9 février 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant, à qui aucun titre de séjour n'a jamais été délivré et n'a plus le statut de mineur isolé, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire en dépit de l'obligation de le quitter à laquelle il était astreint, ne justifie ainsi pas d'une situation d'urgence ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 février 2023 sous le n° 2300616 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique du 14 février 2023 :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Douard substituant Me Vervenne, représentant M. B, qui a repris le contenu de ses écritures.
Le préfet du Finistère n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue, conformément à l'article R. 521-8 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1. M. B établissant avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, eu égard à la nature de la présente procédure, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. M. B, ressortissant guinéen, se déclarant né le 7 février 2002 à Conakry, est entré en France le 20 mars 2018 et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance du Finistère, sur ordonnances de placement provisoire puis d'ouverture de tutelle prises respectivement les 11 avril 2018 par le parquet de Nantes et 11 avril 2019 par le juge des enfants du tribunal de grande instance de Quimper. Il a sollicité, le 28 janvier 2020, la délivrance d'une carte de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 313-15, L. 313-10 et L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais, par arrêté du 15 janvier 2021, le préfet du Finistère a rejeté cette demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, au motif principal que les actes d'état civil produits par l'intéressé à l'appui de sa demande n'étaient pas authentiques, de sorte que son identité et sa minorité à son entrée en France et à la date de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance n'étaient pas établies. Par jugement n° 2101803 du 22 juillet 2021, le tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B contre cet arrêté et par arrêt n° 21NT03426 du 25 mars 2022, la cour administrative d'appel de Nantes a confirmé ce jugement. Après avoir de nouveau sollicité, par courrier reçu le 2 mars 2022, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 422-1, L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B a été autorisé à déposer son dossier en préfecture du Finistère le 21 juillet 2022. Par décision du 15 décembre 2022, le préfet du Finistère a déclaré cette demande irrecevable. C'est la décision qui fait l'objet de la demande de suspension présentée par M. B.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour dont bénéficiait un ressortissant étranger. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il résulte à cet égard de l'instruction qu'alors que l'obligation de quitter le territoire français le concernant n'a pas été mise à exécution, M. B a, entretemps, poursuivi le parcours de formation professionnelle engagé depuis son entrée en France en 2018, a suivi une formation de jardinier paysagiste, à l'issue de laquelle il a obtenu, le 11 octobre 2021, un certificat d'aptitude professionnelle agricole, puis, le 25 octobre 2022, un certificat d'aptitude professionnelle de carreleur mosaïste. Dans le cadre d'une formation en BPA (Travaux aménagements paysagers), il est, depuis le 19 septembre 2022, sous contrat d'apprentissage avec la commune de Gouesnou, courant jusqu'au 31 août 2023, et enregistré par la direction départementale de l'emploi, du travail et de la solidarité depuis le 13 décembre 2022. L'exécution de la décision attaquée, en bloquant toute instruction de sa demande de titre de séjour, aurait ainsi pour effet d'interrompre le cycle de cette formation et de l'empêcher de poursuivre son apprentissage auprès de son employeur, préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle pour que la condition d'urgence puisse être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
6. L'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en France dispose que : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Aux termes de l'article L. 431-3 de ce code : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. Sous réserve des exceptions prévues par la loi ou les règlements, ces documents n'autorisent pas leurs titulaires à exercer une activité professionnelle ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11 ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiant de son état civil ; 2° Les documents justifiant de sa nationalité ; () La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents () ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-12 de ce code, relatif aux demandes de titre de séjour présentées sans recours au téléservice mentionné à l'article R. 431-2 de ce code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
7. Que le dépôt du dossier de demande de titre de séjour se fasse à l'occasion d'une comparution personnelle de l'intéressé au guichet ou qu'il se fasse par voie postale ou encore par voie dématérialisée dans les cas prescrits pour certaines catégories de titre de séjour, la réception du dossier complet, c'est-à-dire dans lequel figurent les seules pièces exigées par les articles R. 431-9 et R. 431-10 de ce code, implique que l'administration enregistre cette demande et délivre immédiatement à l'étranger le récépissé prévu à l'article R. 431-12 ou l'attestation mentionnée à l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valant autorisation provisoire de séjour pendant la durée de l'instruction de sa demande. Hormis le cas de demandes présentant un caractère abusif ou dilatoire, un refus d'enregistrement suite à la réception d'un dossier réputé complet constitue une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés.
8. Pour déclarer irrecevable la demande de titre de séjour présentée par M. B et refuser par suite de l'enregistrer, le préfet du Finistère a opposé la circonstance que l'intéressé se prévalait de documents ne permettant pas de justifier de son âge et de son identité ce qui avait justifié le précédent refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français dont il avait fait l'objet par un arrêté du 15 janvier 2021, tant par le tribunal administratif de Rennes que par la cour administrative d'appel de Nantes respectivement les 22 juillet 2021 et 25 mars 2022.
9. Il résulte toutefois de l'instruction que M. B a produit, à l'appui de sa demande d'admission au séjour, une carte d'identité consulaire du 19 janvier 2021 ainsi qu'une nouvelle légalisation, par l'ambassade de Guinée en France le 2 juin 2021, de l'extrait du registre de transcription du jugement supplétif d'acte de naissance, ces éléments étant tous postérieurs à l'arrêté du 15 janvier 2021. S'il appartient à cet égard au préfet du Finistère de procéder à toutes vérifications qu'il estime utiles auprès des services compétents pour contrôler que les actes d'état civil et documents d'identité ainsi produits par M. B ne sont pas irréguliers, falsifiés ou que les faits qui y sont déclarés correspondent à la réalité, cette procédure de vérification ne peut être menée que sous réserve du respect, en particulier, des dispositions du dernier alinéa de l'article L. 142-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur la conservation des données recueillies dans le fichier dit " D " pendant le délai strictement nécessaire à l'orientation des personnes se déclarant mineures, ce délai étant fixé à, au maximum, cinq ans par l'article R. 142-7 du même code. Alors qu'il est constant que lors de la première demande de titre de séjour de M. B, la consultation du fichier D par les services préfectoraux s'était opérée le 28 janvier 2020, soit avant l'expiration de ce délai de conservation et qu'ainsi, les informations recueillies avaient pu être régulièrement confrontées avec les pièces alors fournies par M. B, il ressort de la motivation même de la décision attaquée que le préfet du Finistère a, pour justifier son refus d'instruire la demande présentée, les 2 mars et 21 juillet 2022, d'une part, tenu compte d'éléments procédant de données dont, dès lors que leur délai légal de conservation était expiré, la matérialité ne peut plus être vérifiée selon les règles applicables en la matière, et d'autre part, écarté sans autre forme d'examen, les nouvelles pièces fournies par l'intéressé.
10. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que le préfet du Finistère ne pouvait légalement, par la décision attaquée du 15 décembre 2022, regarder la demande de M. B comme abusive ou dilatoire en écartant sans autre forme d'examen, les documents produits pour établir son identité, son âge et sa nationalité, est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
11. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 29 avril 2021 par lequel le préfet du Finistère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond par une formation collégiale du tribunal sur les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
12. En l'absence de contestation sur les autres conditions requises pour la délivrance du titre de séjour demandé, la suspension de l'exécution de la décision du 15 décembre 2022 implique seulement que, dans l'attente d'un jugement par une formation collégiale du tribunal sur ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision, M. B soit muni d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer ce récépissé dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'État, partie perdante, le versement à Me Vervenne d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous la double réserve que soit attribuée l'aide juridictionnelle à M. B et que cet avocat renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
ORDONNE :
Article 1er : L'aide juridictionnelle est accordée à titre provisoire à M. B
Article 2 : L'exécution de la décision du 15 décembre 2022 du préfet du Finistère refusant d'instruire la demande de titre de séjour de M. B est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur les conclusions tendant à son annulation.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Finistère de délivrer à M. B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, et ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'État versera à Me Vervenne une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sous la double réserve que soit attribuée l'aide juridictionnelle à M. B et que cet avocat renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Vervenne et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Finistère.
Fait à Rennes, le 17 février 2023
Le juge des référés,
signé
E. C
La greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026