jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BERTHET-LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, M. D A, représenté par
Me Berthet-Le Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour temporaire pour raison médicale dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de procéder dans le même délai au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas justifié que la décision litigieuse a été prise après un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui-même émis à l'issue d'une procédure régulière ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant un titre de séjour pour raison de santé ;
- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision de refus de titre de séjour étant illégale, la décision portant obligation de quitter le territoire français se trouve en conséquence privée de base légale ;
- la décision contestée a été prise en violation du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le
26 janvier 1990 ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de Côte-d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
4 mai 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 26 septembre 1974 à Abengourou (Côte-d'Ivoire), de nationalité ivoirienne, est entré régulièrement en France le 18 mars 2019, sous couvert d'un visa Schengen de court séjour valable du 27 avril 2017 au 26 avril 2019. Il a présenté le
22 novembre 2019 auprès de la préfecture d'Ille-et-Vilaine une première demande de titre de séjour pour raison de santé qui lui a permis de séjourner régulièrement en France sous couvert d'un titre qui lui a été délivré sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 25 août 2021 au 5 février 2022. M. A demande l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui refuse le renouvellement de ce titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () ".
3. L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles
R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".
4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la régularité de la procédure implique notamment, pour respecter les prescriptions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que préalablement à l'avis rendu par ce collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin de l'OFII, doit lui être transmis et que le médecin ayant établi ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet.
5. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit, dans le cadre de la présente instance, l'avis émis le 6 juillet 2022 par le collège des médecins de l'OFII concernant l'état de santé de M. A. Il ressort de cet avis que le collège a statué sur l'ensemble des questions qu'il lui incombait d'examiner, estimant que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, que le défaut de cette prise en charge pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, que le patient pouvait toutefois, bénéficier en Côte-d'Ivoire d'un traitement approprié et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers ce pays. Il en ressort également que l'avis émis est intervenu au vu du rapport médical établi par un médecin désigné qui n'a pas siégé au sein du collège. Le moyen tiré par le requérant d'une éventuelle irrégularité de la procédure ayant conduit à l'avis du 6 juillet 2022 doit donc être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ".
7. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. A sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est principalement fondé sur l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII selon lequel l'état de santé de l'intéressé, d'une part, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais pour lequel il existe un traitement approprié dans son pays d'origine et, d'autre part, lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. D'une part, si le requérant expose qu'il " souffre d'une cirrhose hépatique compliquée d'un diabète de type 2 ", pathologies pour lesquelles il est pris en charge au sein du service des maladies du foie du Centre hospitalier universitaire de Rennes depuis mars 2019, l'existence et la gravité de ces pathologies ainsi que la nécessité de soins ne sont pas contestées par le préfet. D'autre part, en se bornant à lister les sept spécialités pharmaceutiques composant son traitement médicamenteux quotidien et à affirmer que ces médicaments ne sont pas disponibles en Côte-d'Ivoire, ce dont il entend justifier en produisant les copies d'écran de sa vaine recherche de ces médicaments sur le dictionnaire internet africain des médicament (lediam.com), il n'apporte pas d'éléments suffisants pour contredire l'analyse du collège des médecins de l'OFII selon laquelle, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision refusant à
M. A un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".
11. Pour les mêmes motifs que ceux exposé aux point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine
13. M. A, qui est entré en France à l'âge de 44 ans, n'y réside que depuis 3 ans et neuf mois à la date de la décision litigieuse. Il n'a été admis au séjour que pour y être soigné, sous couvert d'un titre de séjour ne lui donnant pas vocation à séjourner en France au-delà de la stricte durée des soins nécessités par son état de santé. S'il fait valoir qu'il a été rejoint par son épouse, alors que ses trois enfants, nés en 2011, 2013 et 2015 en Côte-d'Ivoire se trouvaient déjà en France, depuis 2016 pour les deux premiers, et depuis 2019 pour le dernier, à la garde de leur grand-mère maternelle, titulaire d'une carte de résident, pour qui a été établi un " certificat d'autorisation parentale " permettant à ces enfants de la rejoindre, puis, en 2020, une ordonnance de délégation volontaire d'autorité parentale, la famille n'a pas vécu ensemble depuis plusieurs années, la date d'arrivée en France de Mme E n'étant pas connue, et M. A ayant lui-même choisi de fixer son domicile chez son frère en Ille-et-Vilaine, les enfants restant domiciliés et scolarisés à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) chez leur
grand-mère, sans qu'il soit démontré, en l'état du dossier, une proximité ou une intimité dans les liens qu'entretient le requérant avec ces enfants. En tout état de cause, malgré la durée de leur séjour et de leur scolarisation en France, il n'est pas fait état d'obstacle à ce que ces enfants, âgés de 11 ans, 9 ans et 7 ans à la date de la décision attaquée, poursuivent leur scolarité en
Côte-d'Ivoire où ils ont vocation à retourner avec leur père et leur mère, à moins que ceux-ci ne préfèrent les confier comme auparavant à la garde de leur grand-mère. Par ailleurs, si la présence en France de Mme E, épouse A, est établie à partir de la fin de l'année 2021, celle-ci n'a pas mené à bien les démarches lui permettant une régularisation de sa situation, l'administration faisant valoir sans être contredite qu'aucune demande de titre de séjour n'est en cours d'instruction dans ses services et que l'intéressée se trouve en situation irrégulière sur le territoire. Le requérant soutient que la famille est réunie, dans un logement pris en location, à Rennes, où les enfants sont scolarisés, mais l'existence et l'ancienneté d'une vie commune de toute la famille en France et notamment à Rennes ne sont pas démontrées, alors que le bail temporaire signé le 13 décembre 2022 est très récent et que les certificats de scolarité produits pour les 3 enfants, édités le 14 février 2023 par l'établissement scolaire où ils sont inscrits, mentionnent une scolarisation en 2022-2023 à l'école primaire publique George Sand de Rueil-Malmaison. Ainsi, et alors que la mesure d'éloignement litigieuse n'a pas par elle-même pour effet de séparer les enfants de leurs parents, la cellule familiale pouvant être reconstituée en Côte-d'Ivoire, la décision d'éloignement litigieuse ne porte pas une atteinte pouvant être qualifiée de disproportionnée à la vie familiale de M. A. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier une certaine capacité d'insertion professionnelle de M. A, ainsi que l'acquisition d'un niveau d'études et de compétences dans le domaine de l'administration et de la comptabilité publique, l'intéressé ayant pu accéder en France à plusieurs emplois dans lesquels il a donné satisfaction, les démarches de formation et d'intégration professionnelle dont il est attesté à partir de 2022 demeurent récentes et limitées. Dans ces conditions, il ne peut être considéré que l'obligation de quitter le territoire litigieuse aurait été prise, en raison de l'atteinte portée à la vie privée et familiale du requérant, en méconnaissance des stipulations citées au point 12. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait, en prenant cette décision, commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, d'autre part : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
15. Ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus, il n'est fait état d'aucune circonstance faisant obstacle à ce que les trois enfants de M. A accompagnent leur père et leur mère en
Côte-d'Ivoire, pays dont ils ont la nationalité. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut donc être accueilli.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral litigieux, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. A ne peuvent, dès lors, être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le président-rapporteur,
signé
G.-V. B L'assesseur le plus ancien,
signé
M. CLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026