jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2300687 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | SALIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2023 à 12 h 04, M. A C, alors en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a maintenu en rétention administrative pendant l'examen de sa demande d'asile.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 33 de la convention de Genève, et de l'article 2 d), la directive 2011/95/UE du Parlement Européen et du Conseil du 13 décembre 2011.
La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- la décision du 10 février 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la preuve de sa notification à M. C le 13 février 2023 à 11 h 45 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Pottier, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Salin, avocat commis d'office, représentant M. C, qui déclare abandonner le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ; il soutient en revanche que la décision est entachée d'un défaut de motivation en droit et dès lors d'un défaut de base légale ; la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation concernant le caractère dilatoire de la demande d'asile de M. C dès lors qu'il s'agit d'une première demande d'asile ; il a évoqué les raisons familiales qui pouvaient justifier l'obtention d'une protection subsidiaire ;
- les déclarations de M. C, assisté d'une interprète en langue arabe, qui déclare qu'il n'a pas demandé l'asile avant le 6 février 2023, car il habitait auparavant chez sa mère.
Le préfet d'Indre-et-Loire n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, alias D, alias E, ressortissant algérien, a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour prise le 4 novembre 2021. Ayant été interpellé à plusieurs reprises en 2022 à Tours pour des faits de vol, il a fait l'objet d'une seconde obligation de quitter le territoire français sans délai prise par le préfet d'Indre-et-Loire le 1er mars 2022. Il a été interpellé à plusieurs reprises en mars, février, et juillet 2022 pour des faits de vol, et a été condamné, par jugement du tribunal correctionnel de Tours du 22 juillet 2022, à six mois d'emprisonnement ferme pour vol avec destruction ou dégradation, tentative de vol, et récidive. Il a été placé en centre de rétention administrative à l'issue de sa levée d'écrou le 1er février 2023. Par ordonnance du 3 février 2023, le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de l'intéressé. Le 6 février 2023, alors qu'il était en rétention administrative, M. C a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a décidé son maintien en rétention administrative durant l'examen de sa demande d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. ". Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ () ". Par ailleurs aux termes de l'article L. 754-4 du même code : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 dans les quarante-huit heures suivant sa notification afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. () ". Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que l'annulation d'une décision par laquelle l'autorité administrative maintient en rétention un étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne peut être utilement demandée que dans la mesure de la contestation des motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement.
3. L'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne notamment que M. C, qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai du 1er mars 2022 assortie d'une interdiction de retour de deux ans, avait déjà fait l'objet d'un précédent arrêté d'obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour pris le 4 novembre 2021 auquel il n'a pas déféré, a été placé en rétention à l'issue de sa sortie de détention le 1er février 2023 et se trouvait en rétention administrative quand il a présenté la demande d'asile du 6 février 2023. Par ailleurs il vise la situation familiale et personnelle de M. C qui est célibataire, sans enfant, sans ressources ni profession, dépourvu de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité et qui ne peut justifier d'un domicile fixe et personnel. Par suite, l'arrêté litigieux, s'il ne vise pas spécifiquement l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne les circonstances de droit et de fait sur lesquelles il est fondé et permet de comprendre pour quels motifs le préfet a considéré comme dilatoire la demande d'asile de M. C. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. M. C ayant déposé sa demande d'asile en rétention et le préfet ayant estimé que sa demande était présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fondée sur les dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile serait dépourvue de base légale.
5. Si M. C, en invoquant la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 33 de la convention de Genève et de l'article 2 d) de la directive 2011/95/UE du Parlement Européen et du Conseil du 13 décembre 2011, indique qu'il risque d'être exposé à des traitement inhumains et dégradants dans son pays d'origine, cette circonstance, au demeurant non démontrée, est sans incidence sur l'appréciation par le préfet du caractère dilatoire de sa demande d'asile présentée en rétention et est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui n'a pas pour objet de le renvoyer dans son pays d'origine. Le moyen doit être écarté.
6. Enfin si M. C fait valoir que sa demande d'asile ou de protection subsidiaire est motivée par sa situation familiale en Algérie où vit son père, alcoolique et violent, toutefois cette circonstance n'est pas à elle seule de nature à motiver une demande d'asile, compte tenu de ce que l'intéressé qui est au demeurant majeur, n'établit pas qu'il ne pourrait pas s'installer ailleurs qu'auprès de son père en cas de retour dans son pays. En outre, compte tenu de ce que M. C n'a pas, même durant sa période de détention de six mois de juillet 2022 à janvier 2023, mentionné sa volonté de solliciter l'asile, et n'en a manifesté le souhait seulement qu'après notification de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention prolongeant sa rétention le 3 février 2023, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la demande de M. C était dilatoire. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 février 2023.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Indre-et-Loire.
Lu en audience publique le 16 février 2023.
La magistrate désignée,
signé
F. BLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026