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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301012

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301012

mercredi 3 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301012
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBAUDET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement les 22 février et 28 mars 2023, M. F B, représenté par Me Baudet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français et fixe le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de 48 heures à compter la notification du jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Baudet, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B soutient que :

- l'arrêté du 25 novembre 2022 n'est pas suffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation ;

- cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la compétence du signataire de l'arrêté du 28 décembre 2022 n'est pas établie ;

- cet arrêté n'est pas suffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation ;

- la décision du 28 décembre 2022 lui refusant un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, et méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il invoque par la voie de l'exception l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'appui de ses conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire ;

- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'arrêté du 28 décembre 2022 s'est nécessairement substitué à celui du 25 novembre 2022 et que par suite les conclusions dirigées contre ce dernier arrêté sont dépourvues d'objet et qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle du 26 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Kibgé substituant Me Baudet, avocate de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, est un ressortissant turc né en 1977, qui est entré en France, en dernier lieu le 2 septembre 2021. Le 9 février 2022, il a déposé une demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un premier arrêté du 25 novembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Turquie comme pays de renvoi. Par un second arrêté du 20 décembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de retirer l'arrêté du 25 novembre 2022 et de réexaminer la demande de titre de séjour de M. B. Par un nouvel arrêté du 28 décembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a, à nouveau, refusé de délivrer à l'intéressé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Turquie comme pays de destination. Dans sa requête visée ci-dessus, M. B demande, à titre principal, l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2022 en tant qu'il porte refus de séjour et l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2022.

Sur les conclusions en annulation dirigées contre la décision du 25 novembre 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B :

En ce qui concerne la recevabilité de ces conclusions :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par l'arrêté du 20 décembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a retiré l'arrêté du 25 novembre 2022 qu'en tant qu'il portait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixait la Turquie, ou tout autre pays dans lequel M. B établirait être légalement admissible, comme pays de renvoi. Par ailleurs, si le préfet a procédé à un nouvel examen de la demande de M. B et rejeté à nouveau sa demande de titre de séjour par le second arrêté du 28 décembre 2022, qui se substitue nécessairement à la décision relative au séjour prise le 25 novembre 2022, ce nouvel arrêté, qui est également attaqué, ne présente pas un caractère définitif. Par suite, les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2022 ne sont pas, contrairement à ce que soutient le préfet d'Ille-et-Vilaine, dépourvues d'objet.

En ce qui concerne la légalité de la décision du 25 novembre 2022 :

3. En premier lieu, l'arrêté du 25 novembre 2022, comporte l'ensemble des motifs de droit et de fait au regard desquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a estimé que M. B ne pouvait pas valablement invoquer les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour. Il comporte notamment une analyse des liens privés et familiaux de M. B et constate que les éléments dont il a pu faire état à l'appui de sa demande de titre de séjour ne révèlent pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1. Il ne ressort pas, par ailleurs, des pièces du dossier que le préfet aurait omis de tenir compte d'éléments portés à sa connaissance qui auraient été de nature à modifier sa décision. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision du 25 novembre 2022, par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est célibataire et sans enfant, a effectué un premier séjour en France entre 2000 et 2015, durant lequel il a sollicité, sans succès, son admission au séjour au titre de l'asile, puis a déposé des demandes de titre de séjour qui ne lui ont permis d'être titulaire de récépissés valables que sur une partie de cette période. Il est constant qu'il est reparti en Turquie au cours de l'année 2015 et n'est revenu en France que six ans après, le 2 septembre 2021, de façon irrégulière. Si son premier séjour a pu lui permettre de connaître la France et d'en apprendre la langue, il n'apparaît pas comme s'étant concrétisé, malgré sa durée, par une insertion sociale réussie. Ses liens actuels en France apparaissent ainsi essentiellement limités à des membres de sa famille, à savoir sa sœur, qui l'héberge, et des neveux, nièces, oncles et cousins qui séjournent régulièrement en France et qui ont établi des attestations en sa faveur. M. B fait valoir également qu'il est titulaire d'un certificat d'apprentissage délivré en 1997 et d'une qualification professionnelle de coffreur ferrailleur obtenue en Turquie le 5 juin 2021 qui devraient lui permettre de trouver rapidement du travail en France ainsi qu'en attesteraient deux propositions d'embauche successives des entreprises Union Construction et B construction, mais n'établit pas qu'il ne pourrait pas exercer cette profession en Turquie. S'il soutient que son père qui résidait en Turquie est décédé, il n'établit pas y être dépourvu de toute famille, ni devoir nécessairement résider à proximité des membres de sa famille présents en France. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et notamment de sa présence sur le territoire français qui ne peut être regardée que comme récente, nonobstant son précédent séjour, le requérant n'établit pas qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris une décision portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il y a lieu dès lors d'écarter les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les circonstances ainsi relatées ne font pas davantage ressortir l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Si cet article permet à l'autorité préfectorale de délivrer, au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " à des ressortissants étrangers qui ne satisfont pas aux conditions requises pour prétendre à ces titres, cette faculté est toutefois subordonnée à la condition que l'admission au séjour du demandeur réponde à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir. Par ailleurs, en présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

7. En faisant état des circonstances qui sont rappelées au point 5, M. B n'établit pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels qui auraient dû conduire le préfet d'Ille-et-Vilaine à lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une erreur de droit doivent être écartés.

8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et de ce qui précède que la décision du 25 novembre 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision du 25 novembre 2022 doivent être rejetée.

Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 28 décembre 2022 :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions comprises dans cet arrêté :

10. En premier lieu, par un arrêté du 19 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine du même jour, le préfet de ce département a donné délégation de signature à Mme G A, directrice des étrangers en France et, en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci, à M. E C, directeur adjoint et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, les décisions de refus de délivrance de titre de séjour assorties d'une mesure d'éloignement et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, dès lors qu'il n'est pas établi que Mme A n'était pas absente ou empêchée lors de la signature de l'arrêté attaqué, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire ne peut qu'être écarté.

11. En deuxième lieu, l'arrêté du 28 décembre 2022, comporte l'ensemble des motifs de droit et de fait au regard desquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a estimé que M. B ne pouvait pas valablement invoquer les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour. Il comporte notamment une analyse des liens privés et familiaux de M. B et constate que les éléments dont il a pu faire état à l'appui de sa demande de titres de séjour ne révèlent pas l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1. Il ne ressort pas, par ailleurs, des pièces du dossier que le préfet aurait omis de tenir compte d'éléments portés à sa connaissance, qui auraient été de nature à modifier sa décision. L'obligation de quitter le territoire, prise au regard du refus de titre de séjour et sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est motivée par les circonstances de droit et de fait fondant la décision relative au droit au séjour. Au demeurant, le préfet a, avant de prendre la mesure d'éloignement, examiné la situation de M. B au regard des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision fixant le pays de renvoi est également suffisamment motivée, en droit, par le visa de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en fait, notamment par l'examen du respect des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté du 28 décembre 2022 doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens relatifs à la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

12. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés pour les motifs exposés au point 5.

13. Les moyens tirés de l'existence d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation qui auraient été commises par le préfet d'Ille-et-Vilaine dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés pour les motifs exposés au point 7.

En ce qui concerne les moyens relatifs à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. Dès lors que M. B n'établit pas que la décision du 28 décembre 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour est illégale, il n'est pas fondé à invoquer cette illégalité, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

15. Il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des circonstances mentionnées au point 5 qu'en décidant d'obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la mesure d'éloignement aurait pour M. B des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation doit également être écarté.

16. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et de ce qui précède que l'arrêté du 28 décembre 2022 n'a pas été précédé d'un examen complet de la situation de M. B.

Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. B présentées aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

18. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, la demande présentée par M. B sur le fondement de ces dispositions, doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Albouy, premier conseiller,

M. Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.

Le rapporteur,

signé

E. DLe président,

signé

F. Etienvre

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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