jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VAYSSIERES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 et 20 mars 2023, M. D A B, représenté par Me Vayssières, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 septembre 2022 par laquelle le préfet des Côtes-d'Armor a prononcé son expulsion du territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard à l'objet et aux effets de la décision litigieuse ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- elle méconnaît l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : son expulsion ne constitue pas une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'État ou la sécurité publique ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : il est en France depuis sept ans, est père d'un enfant français et a ainsi sa vie privée et familiale en France ;
- elle méconnaît la convention internationale relative aux droits de l'enfant : sa fille a un véritable intérêt à ce que son père soit présent en France pour l'éduquer et l'entretenir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite : dans le cadre de la procédure contradictoire préalable à l'édiction de la mesure d'expulsion, M. A B ne s'est aucunement manifesté et il est contradictoire qu'il n'ait pas pu se déplacer devant la commission d'expulsion alors qu'il vient d'être interpellé en Allemagne ; il a un casier judiciaire chargé et a commis le 14 janvier 2023 des faits susceptibles d'être répréhensibles ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- la décision est motivée en fait et en droit ;
- la décision est fondée : M. A B est séparé de la mère de son enfant français et il ne justifie pas contribuer à son entretien et à son éducation, les données fournies sur sa situation sur le plan médical datent de mars 2022 et ne sont pas actualisées ; il a été interpellé en Allemagne le 2 février 2023 alors qu'il était assigné à résidence à Saint-Brieuc et s'est alors déclaré célibataire et sans enfant à charge ; le casier judiciaire de M. A B cumule plus de six années de détention dont un an et demi avec sursis, il ne démontre pas être dépourvu d'attaches en Tunisie, son pays d'origine.
Vu :
- la requête au fond n° 2205728 ;
- les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mars 2023 :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Vayssières, représentant M. A B, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, insiste sur le fait que le requérant est père d'un enfent français, à l'éducation et à l'entretien duquel il participe, souligne que M. A B n'a pas pu se rendre aux différentes convocations administratives en raison d'une chute en juin 2021 qui a nécessité une opération et de nombreux soins.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 1er juillet 1984, est entré en France, selon ses déclarations, en janvier 2016. Il est devenu père d'un enfant français et a bénéficié de titres de séjour à ce titre, le dernier valable jusqu'au 14 avril 2021. Il a sollicité, le 29 mars 2021, le renouvellement de son titre de séjour, demande qui a été refusée au motif qu'il était défavorablement connu des services de police, plusieurs condamnations ayant été prononcées à son encontre depuis 2012. Par arrêté du 9 septembre 2022, pris après avis favorable de la commission d'expulsion, le préfet des Côtes-d'Armor a décidé de l'expulser du territoire français. M. A B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et qu'en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Eu égard à son objet et à ses effets, une décision prononçant l'expulsion d'un étranger du territoire français, porte, en principe, et sauf à ce que l'administration fasse valoir des circonstances particulières, par elle-même atteinte de manière grave et immédiate à la situation de la personne qu'elle vise et crée, dès lors, une situation d'urgence justifiant que soit, le cas échéant, prononcée la suspension de cette décision.
5. Il résulte de l'instruction que M. A B, à la suite de son interpellation en Allemagne le 2 février 2023 alors qu'il était sous le coup d'une mesure d'assignation à residence à Saint-Brieuc, est actuellement incarcéré à la maison d'arrêt de Strasbourg et que sa fin de peine est prevue au 3 mai 2022. En outre, la requête en annulation doit être examinée par une formation collégiale de jugement le 11 avril 2023, soit à très brève échéance. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, la condition d'urgence exigée pour que le juge des référés se prononce sur le bien-fondé de la mesure de suspension sollicitée avant l'intervention du juge du fond ne peut être regardée comme étant remplie en l'état.
6. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête de M. A B.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A B doivent, dès lors, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Côtes-d'Armor.
Fait à Rennes, le 23 mars 2023.
Le juge des référés,
signé
F. C La greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026