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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301362

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301362

lundi 3 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301362
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBLANCHOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mars 2023, M. D, représenté par Me Blanchot, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du préfet du Finistère du 19 janvier 2023 portant refus d'admission au séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente du jugement au fond, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocate contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle ; il justifie de l'activité professionnelle qu'il a eue, dès qu'il a été titulaire d'une autorisation de travail ; la décision en litige fait obstacle à ce qu'il puisse travailler et met fin à son contrat de travail ; il est privé de toute ressource et ne peut plus assumer ses charges courantes, notamment son loyer ; la date de fin de contrat a été fixée par son employeur au regard de la validité de son autorisation provisoire de séjour, et non des nécessités d'exécution de son contrat ; il justifie de la volonté de son employeur de maintenir son contrat de travail durant encore cinq mois et demi, ainsi que de la précarité de sa situation financière ; il justifie également continuer ses recherches d'emploi en qualité de carreleur mosaïste ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :

* elle est entachée d'une insuffisance de motivation ; elle fait abstraction de nombreux éléments de sa situation personnelle, et ne tient pas compte de l'injonction qui a été faite par le juge des référés de procéder au réexamen de sa situation à l'aune des motifs de suspension retenus aux points 13 à 16 ;

* elle méconnaît l'autorité de chose ordonnée et les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il appartenait au préfet de se placer à la date de sa demande de titre de séjour ou, à tout le moins, dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire ; le préfet du Finistère ne pouvait légalement plus, dans le cadre de son réexamen, opposer la circonstance qu'il n'était plus dans l'année de son dix-huitième anniversaire et qu'il ne suivait plus de formation qualifiante ;

* il établit qu'il remplissait les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à la date de dépôt de sa demande ;

* la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, celles de son article L. 435-1 et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; eu égard à son parcours, personnel et professionnel, le refus d'admission au séjour est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : M. A est sans emploi, à la date de la décision en litige, son contrat saisonnier ayant pris fin le 13 septembre 2022 et son autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ayant en tout état de cause pris fin le 20 janvier 2023, date de notification de la décision en litige ; celle-ci n'est donc pas à l'origine de la précarité de sa situation financière ;

- M. A ne soulève aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :

* elle est motivée en fait et en droit et procède d'un examen complet de sa situation personnelle ;

* elle ne méconnaît aucunement l'autorité de chose ordonnée : la précédente ordonnance du juge des référés n'a pas enjoint à la délivrance d'un récépissé susceptible d'être valable au-delà du réexamen de sa situation ;

* la décision ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la mesure où M. A n'en remplit pas les conditions ;

* elle ne méconnaît pas davantage les dispositions de son article L. 423-23 : l'intéressé ne justifie pas de son état civil ; elle ne porte pas atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, l'intéressé étant célibataire et sans charge de famille et ne démontrant pas une intégration particulière et intense en France ; sa famille réside au Mali ; la décision ne méconnaît ainsi pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* l'intéressé ne justifie d'aucun motif exceptionnel ou considération humanitaire justifiant son admission exceptionnelle au séjour.

Vu :

- la requête au fond n° 2300748, enregistrée le 9 février 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des personnes et de la famille du Mali ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mars 2023 :

- le rapport de Mme B ;

- les observations de Me Alibert, substituant Me Blanchot, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens qu'elle développe ;

- les explications de M. A.

Le préfet du Finistère n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant malien né le 31 décembre 2002, a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du Finistère, selon ordonnance de placement provisoire du procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Angoulême du 10 avril 2019, puis par jugement du juge pour enfants près le tribunal judiciaire de Brest du 17 juin 2019. Il a sollicité, le 15 décembre 2020, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23, L. 435-3 et L. 422-1 et L. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refusée par décision du préfet du Finistère du 8 septembre 2022, dont l'exécution a été suspendue par l'ordonnance n° 2205820 du juge des référés du tribunal, du 20 décembre 2022. En exécution de cette ordonnance, le préfet du Finistère a procédé au réexamen de la situation de M. A et a de nouveau pris une décision de refus d'admission au séjour, le 19 janvier 2023. M. A a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cette décision et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. M. A justifie avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il y a par suite lieu, en application des dispositions précitées, de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

En ce qui concerne l'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

6. Il résulte de l'instruction que M. A a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du Finistère à compter du 10 avril 2019, et qu'il a bénéficié, depuis sa majorité, d'un contrat jeune majeur conclu avec le département du Finistère, renouvelé jusqu'en mars 2022. Il résulte également de l'instruction que l'intéressé a obtenu, en juillet 2021, son certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " carreleur mosaïste ", qu'il a été recruté en contrat à durée indéterminée à compter de septembre 2021 par l'entreprise au sein de laquelle il avait réalisé son apprentissage et que s'il a démissionné de son emploi motif pris d'un différend juridique avec son employeur, le 5 avril 2022, il a immédiatement retrouvé un emploi en qualité d'ouvrier maraîcher à compter du 11 avril 2022, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée arrivé à échéance le 13 septembre 2022, date de la fin de son autorisation provisoire de séjour. Ce contrat a été renouvelé lorsque M. A s'est vu délivrer une nouvelle autorisation provisoire de séjour, jusqu'au 21 mars 2023, son employeur attestant vouloir le proroger de nouveau, sous réserve de la régularisation de sa situation administrative. M. A justifie également avoir entamé des démarches pour trouver un emploi dans son domaine premier de compétence professionnelle, de carreleur mosaïste, mais ne pouvoir les finaliser sans titre de séjour. Dans les circonstances particulières de l'espèce, nonobstant le fait que la décision en litige ne soit pas assortie d'une obligation de quitter le territoire français ou, ainsi que le fait valoir le préfet du Finistère, que le contrat de travail de M. A soit échu, ce dernier établit que la décision en litige, qui fait notamment obstacle à ce qu'il puisse honorer la promesse d'embauche dont il bénéficie, lui permettant d'assumer ses charges courantes, préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle, professionnelle et financière pour que la condition d'urgence soit regardée comme satisfaite.

En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision :

7. Pour refuser de faire droit à la demande d'admission au séjour de M. A, le préfet du Finistère a opposé les motifs tirés de ce que l'intéressé ne remplit pas, à la date du 19 janvier 2023, les conditions de délivrance d'un titre de séjour salarié en application de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce qu'il ne justifie pas d'une vie privée et familiale suffisamment stable en France, ni de motifs exceptionnels, pour être admis au séjour au titre des articles L. 435-3 et L 423-23 du même code.

8. Il résulte de l'instruction que M. A, qui a déposé sa demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 15 décembre 2020, soit deux semaines avant sa majorité, qui a obtenu, en juillet 2021, son certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " carreleur mosaïste " et qui a été recruté en contrat à durée indéterminée à compter de septembre 2021 par l'entreprise au sein de laquelle il avait réalisé son apprentissage, remplissait les conditions pour être admis au séjour sur ce fondement, à la date de dépôt de sa demande d'admission au séjour ainsi qu'à la date d'échéance du délai d'instruction d'une demande d'admission au séjour sur un tel fondement, ne pouvant, eu égard à l'objet et au champ d'application même du titre de séjour en cause, raisonnablement et normalement se prolonger au-delà de la date du dix-neuvième anniversaire du demandeur.

9. Il résulte par ailleurs et surtout de l'instruction que M. A, qui est entré en France à l'âge de dix-sept ans, en mars 2019, y a été, dès son arrivée, pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance et scolarisé, a finalisé une formation professionnalisante avec l'obtention de son CAP " carreleur mosaïste ", a appris le français, ainsi qu'il en justifie par l'obtention du diplôme d'études en langue française DELF A2, le 1er février 2021, et a toujours travaillé, dans le cadre de sa formation puis après l'obtention de son diplôme. La directrice adjointe et l'équipe éducatrice du service Odyssée, qui l'a accueilli à compter de mi-avril 2019, attestent par ailleurs de sa parfaite intégration dans la structure, de ses qualités humaines, de sa sociabilité, de son autonomie, de ses actions bénévoles aux " Chiffonniers de la joie ", de sa disponibilité pour aider les autres, de son intérêt pour la culture et la société françaises et de ses efforts continus pour réussir sa scolarité et sa formation professionnelle. Ces éléments combinés établissent ses efforts particuliers d'intégration dans la société française, tant linguistiques que sociaux et scolaires.

10. Dans ces circonstances, eu égard à la durée et aux conditions de séjour en France de M. A, mises en perspective avec son jeune âge, à ses remarquables efforts d'intégration et à son parcours scolaire et professionnel, et alors même que l'intéressé est célibataire et sans enfant et aurait le cas échéant encore des attaches familiales au Mali, le moyen tiré de ce que le préfet du Finistère a, en refusant de l'admettre au séjour, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son refus sur sa situation personnelle, apparaît propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 19 janvier 2023, sans, à cet égard, que le préfet du Finistère puisse utilement faire valoir, dans ses écritures en défense, l'existence d'une suspicion de fraude documentaire et l'incertitude subséquente quant à l'état civil de M. A, ce motif de refus de délivrance d'un titre de séjour ayant précisément été considéré comme illégal par le juge des référés dans son ordonnance n° 2205820, ordonnance dont le dispositif et le motif qui en constitue le support nécessaire et indissociable s'imposent à l'autorité préfectorale, jusqu'à l'intervention de la décision de la formation collégiale sur le recours en annulation.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander que l'exécution de la décision du préfet du Finistère du 19 janvier 2023 portant refus d'admission au séjour soit suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité par une formation collégiale du tribunal.

Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :

12. La présente ordonnance implique nécessairement mais seulement d'enjoindre au préfet du Finistère de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond par le tribunal, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

13. M. A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et sous réserve de son admission définitive à l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros, à payer à Me Blanchot, avocate de M. A, au titre des frais exposés à raison de la présente instance et non compris dans les dépens, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Article 2 : L'exécution de la décision du 19 janvier 2023 par laquelle le préfet du Finistère a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité par une formation collégiale du tribunal.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Finistère de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente du jugement au fond.

Article 4 : L'État versera à Me Blanchot la somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de son avocate à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D, à Me Blanchot et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet du Finistère.

Fait à Rennes, le 3 avril 2023.

Le juge des référés,

signé

O. BLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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