lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | MARAL |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 15 mars 2023 sous le n° 2301451, Mme D E, représentée par Me Maral, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français, a limité son délai de départ volontaire à trente jours et a fixé le Rwanda comme pays de destination ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle a méconnu le droit d'être entendue qu'elle tient des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ce qui révèle l'absence d'examen particulier de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 15 mars 2023 sous le n° 2301452, Mme F C, représentée par Me Maral, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le Rwanda comme pays de destination ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle a méconnu le droit d'être entendue qu'elle tient des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ce qui révèle l'absence d'examen particulier de sa situation.
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Perez, substituant Me Maral, représentant Mmes E et C, et celles de Mmes E et C, qui déclarent abandonner le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués ;
- les observations de M. A, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes des Mmes E et C sont dirigées contre des arrêtés identiques pris à l'égard des membres d'une même famille et elles présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mmes E et C justifiant avoir introduit des demandes devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Mme E, ressortissante rwandaise née en 2004, est régulièrement entrée en France, le 27 novembre 2019, alors qu'elle était encore mineure, et était accompagnée de sa mère qui a sollicité l'asile politique pour son compte. Elle a ensuite été rejointe, le 14 septembre 2020 par sa sœur aînée, Mme C, née en 2001, qui a également sollicité l'asile politique le 21 septembre suivant. Ces deux demandes ont été rejetées par décisions du 10 août 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et du 24 janvier 2023 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par deux arrêtés du 23 février 2023, pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de les obliger à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le Rwanda comme pays de destination. Ce sont les arrêtés attaqués.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme E, dont l'entrée en France, pendant sa minorité, était régulière, n'a jamais, depuis lors, cessé d'être scolarisée à Rennes, d'abord au collège Clotilde Vautier, puis, à partir de l'année scolaire 2020-2021, au lycée général et technologique de Bréquigny. L'ensemble de ses bulletins scolaires, les attestations et témoignages de l'équipe enseignante qu'elle produit justifient de son assiduité, du sérieux avec lequel elle poursuit sa scolarité, l'intéressée étant actuellement en classe de terminale, devant subir les dernières épreuves du baccalauréat en juin 2023 et ayant déjà entrepris des démarches dans le cadre de Parcoursup. Les conditions de son séjour au cours duquel elle a bénéficié d'un baptême républicain en mairie de Saint-Sulpice-La Forêt, où elle s'investit également dans un bénévolat actif, montrent également des efforts méritoires d'intégration. Eu égard à l'ensemble de ces éléments et dans les circonstances particulières de l'espèce, la décision obligeant Mme E à quitter le territoire français dans les trente jours en direction du Rwanda doit être regardée comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée de nature à elle-seule à en entraîner l'annulation. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que Mme C, sœur aînée de Mme E, constitue sa seule famille en France, depuis le départ, le 28 janvier 2023, de leur mère au Canada et qu'eu égard à la bonne insertion dont elle fait également preuve dans un cadre associatif et sportif, la mesure d'éloignement qui la touche doit être regardée comme méconnaissant le droit au respect de sa vie privée et familiale, qu'elle tient des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce qui en justifie également l'annulation.
Sur les frais liés au litige :
5. L'État étant partie perdante aux présentes instances, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à Me Maral d'une somme de 1 000 euros au titre de l'instance n° 2301451 et d'une somme de 700 euros au titre de l'instance n° 2301452 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et 92 du décret du 29 décembre 2020, sous la double réserve que soit accordée, à titre définitif, l'aide juridictionnelle aux requérantes et que leur avocate renonce au bénéfice de la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.
D É C I D E :
Article 1er : Mmes E et C sont admises, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les arrêtés du préfet d'Ille-et-Vilaine du 25 février 2023 sont annulés.
Article 3 : L'État versera à Me Maral les sommes de 1 000 euros et 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous la double réserve que soit accordée à Mmes E et C le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et que leur avocate renonce à la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à Mme F C, à Me Maral et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
Le président,
signé
E. BLa greffière,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2301451, 2301452
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026