jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | GOURLAOUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 mars 2023 et le 27 mars 2023, M. A C, représenté par Me Gourlaouen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer sa situation dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale ;
4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
5°) de mettre à la charge de l'État le paiement au profit de son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant transfert aux autorités polonaises :
- elle a été signée par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;
- elle est insuffisamment motivée et ne comporte pas un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des exigences de l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013, dès lors qu'il n'est pas établi que les services préfectoraux auraient respecté leur obligation d'information ;
- la procédure menée par les services préfectoraux est également viciée en ce qu'elle a méconnu l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet s'est prononcé en méconnaissance des articles 3-2 et 17 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu des mauvais traitements infligés aux demandeurs d'asile en Pologne et du fait qu'il ne sera pas en mesure de solliciter la réouverture de l'instruction de sa demande d'asile en Pologne ;
S'agissant de la décision l'assignant à résidence :
- elle a été signée par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;
- la décision portant transfert aux autorités polonaises étant illégale, la décision l'assignant à résidence se trouve en conséquence privée de base légale ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement européen n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thalabard, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Le Bourdais, substituant Me Gourlaouen, représentant M. C, qui maintient ses conclusions, par les mêmes moyens, à l'exception du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions litigieuses, dont il se désiste. Il fait valoir que M. C risque d'être soumis à des mauvais traitements en cas de transfert en Pologne, État dans lequel la procédure d'examen des demandes d'asile présente des difficultés réellement systémiques, que dans la mesure où la demande d'asile qu'il avait déposée en Pologne a été retirée, il est vraisemblable que son instruction ne pourra reprendre, qu'étant tchétchène, il est d'autant plus exposé à un risque de refoulement à la frontière, pouvant conduire à ce qu'il soit projeté sur le front ukrainien. Il ajoute que M. C souffre de problèmes de santé,
- les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui demande à ce que les documents rédigés en anglais produits par le requérant soient écartés des débats et qui maintient ses conclusions en soulignant que la Pologne ne fait pas l'objet, à ce jour, de sanctions des autorités européennes s'agissant de l'instruction des demandes d'asile. Il rappelle que les autorités polonaises ont expressément accepté la reprise en charge de M. C qui a, pour sa part, refusé que les informations sanitaires le concernant soient communiquées à ces autorités,
- les explications de M. C, assisté d'un interprète en langue russe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant russe né le 12 novembre 1977 à Grozny (Russie), est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 22 décembre 2022. Le 27 décembre 2022, il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Il demande l'annulation de l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi que de l'arrêté du même jour, l'assignant à résidence.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. M. C justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de transfert aux autorités polonaises :
3. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé du transfert de M. C aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile, qui cite les textes applicables et fait état d'éléments de fait propres à sa situation, énonce de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles son auteur a entendu se fonder. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation de cette décision doit être écarté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de l'intéressé n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier, au regard des éléments qu'il a fait valoir concernant sa situation personnelle, notamment au cours de l'entretien individuel qui a été mené le 27 décembre 2022.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. / 3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article. Cette brochure commune comprend également des informations relatives à l'application du règlement (UE) n° 603/2013 et, en particulier, à la finalité pour laquelle les données relatives à un demandeur peuvent être traitées dans Eurodac. La brochure commune est réalisée de telle manière que les États membres puissent y ajouter des informations spécifiques aux États membres. Ces actes d'exécution sont adoptés en conformité avec la procédure d'examen visée à l'article 44, paragraphe 2, du présent règlement ".
5. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les stipulations précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu remettre le 27 décembre 2022, contre signature, par les services préfectoraux, les brochures A, " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' ", et B, " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Ces documents, rédigés en russe, langue que le requérant a déclaré comprendre et lire, comportent l'ensemble des éléments d'information énumérés par les dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le requérant a donc bien reçu les informations prescrites par ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement européen (UE) n° 604/2013 doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu'à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Le nom et les coordonnées de l'interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l'étranger. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que l'entretien individuel de M. C avec un agent de la préfecture puis la notification de l'arrêté préfectoral décidant son transfert aux autorités polonaises ont été faits avec l'assistance d'un interprète de l'association ISM interprétariat, joint par téléphone. Le requérant ne saurait utilement contester les conditions dans lesquelles cet entretien individuel a été mené, en se bornant à soutenir que le préfet ne justifie pas de la nécessité de recourir à un service d'interprétariat par téléphone. Il ne soutient ni n'allègue avoir été, en conséquence, privé de la possibilité de porter à la connaissance de l'autorité préfectorale des informations nécessaires à l'appréciation de sa demande d'asile et ainsi, privé d'une garantie. S'agissant de la notification de l'arrêté préfectoral litigieux, les conditions de notification d'une décision administrative sont, en tout état de cause, sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable ". Selon l'article 17 paragraphe 1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, les autorités françaises ont la faculté d'examiner une demande d'asile, même si cet examen relève normalement de la compétence d'un autre État. Il appartient, en particulier, à ces autorités, sous le contrôle du juge, de faire usage de cette faculté lorsque les règles et les modalités en vertu desquelles un autre État examine les demandes d'asile méconnaissent les règles ou principes que le droit international et interne garantit aux demandeurs d'asile et aux réfugiés. Enfin, aux termes tant de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un État autre que la France, que cet État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet État membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.
11. M. C soutient qu'il existe en Pologne des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Il ajoute qu'étant tchétchène, il est d'autant plus exposé à un risque de mauvais traitements de la part des autorités polonaises. Toutefois, si le requérant produit plusieurs articles de presse portant sur l'accueil des réfugiés en Pologne, un rapport rédigé en 2017 par l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch relatif à la situation en Bielorussie en 2016 ainsi que des observations formulées en janvier 2022 par le commissaire aux droits de l'Homme auprès du Conseil de l'Europe, il n'établit pas par ces seuls documents de portée générale que sa propre demande d'asile ne pourra être examinée de manière effective par les autorités polonaises dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que les autorités polonaises ont explicitement accepté de reprendre en charge l'examen de la demande d'asile de M. C, sur le fondement du point c du paragraphe 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013, ce qui révèle que sa demande avait été retirée avant qu'il n'en dépose une nouvelle en France. Dans une telle hypothèse, le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 prévoit que l'État membre désigné comme responsable reprend l'examen de la demande dont il était saisi ou veille à ce que le demandeur ait le droit de demander que l'examen de sa demande soit mené à terme ou d'introduire une nouvelle demande de protection internationale. Ainsi, les allégations de M. C selon lesquelles il risque d'être refoulé à la frontière dès son arrivée en Pologne, ce qui l'expose à une mobilisation sur le front ukrainien, ne sont pas établies par les pièces du dossier. Par ailleurs, s'il allègue rencontrer des problèmes de santé, M. C admet ne pas être en mesure d'en justifier. Il ne démontre pas, en conséquence, qu'il ne pourrait pas faire l'objet d'un suivi médical adapté en Pologne, et ce d'autant qu'il a refusé que des informations sur sa santé soient transmises aux autorités polonaises. Par suite, en l'état de l'instruction, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait méconnu les stipulations citées au point 10 ou aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 23 mars 2023 décidant son transfert aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile, doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
13. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision décidant le transfert de M. C aux autorités polonaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile, n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision l'assignant à résidence n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. () ".
15. Compte tenu de ce qui a été développé précédemment, M. C se trouve dans le cas où le préfet d'Ille-et-Vilaine pouvait décider son assignation à résidence, cette mesure constituant une alternative au placement en rétention administrative. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que les conditions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas remplies et ne permettaient donc pas au préfet d'Ille-et-Vilaine de l'assigner à résidence.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 23 mars 2023 l'assignant à résidence doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés préfectoraux contestés, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. C ne peuvent dès lors être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au profit de son conseil au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
M. DLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026