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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301733

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301733

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301733
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBLANCHOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mars 2023, M. F C B, représenté par Me Anna Blanchot, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet du Finistère a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit un retour sur le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui remettre, dans l'attente, dans un délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement au profit de son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- s'agissant de la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et ne comporte pas un examen de sa situation personnelle ;

- le préfet a entaché sa décision de plusieurs erreurs de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation concernant la teneur des études poursuivies, les ressources dont il dispose et sa domiciliation ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article 9 de l'accord franco-ivoirien ainsi que les articles L. 422-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de la poursuite de ses études et de leur sérieux, les difficultés rencontrées dans sa progression résultant de difficultés de compréhension, de difficultés personnelles et de la situation sanitaire, et de moyens d'existence suffisants ;

- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée et ne comporte pas un examen de sa situation personnelle ;

- le préfet a entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;

- le préfet a commis une erreur de fait, a porté une atteinte disproportionnée à l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur sa situation personnelle, dans la mesure où il n'est pas célibataire mais réside en couple avec une compatriote, titulaire d'une carte de résident et enceinte de leur enfant ;

- s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- le préfet a assorti ses décisions refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français d'une décision lui faisant interdiction d'un retour sur le territoire français, sans la moindre motivation en droit ou en fait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé et qu'il n'a pas entendu lui faire interdiction d'un retour sur le territoire français, les articles 4 et 5 de l'arrêté préfectoral en litige constituant une simple erreur de plume.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Convention conclue entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Côte-d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes, signée le 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- et les observations de Me Alibert, substituant Me Blanchot, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. F C B, ressortissant ivoirien, né le 6 juin 1999 à Niakaramandougou (Côte-d'Ivoire), est entré régulièrement en France le 1er septembre 2019, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", valable du 30 août 2019 au 30 août 2020. A l'expiration de son visa de long séjour, M. B a obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", lequel a, l'année suivante, été renouvelé jusqu'au 30 septembre 2022. Le 28 juin 2022, il a sollicité un nouveau renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet du Finistère refuse de renouveler son titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixe le pays de destination et lui interdit un retour sur le territoire français.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant à son admission provisoire au bénéfice de cette aide.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet a rejeté la demande de M. B tendant au renouvellement de son titre de séjour, qui cite les textes applicables, compte tenu de la demande effectivement formulée par l'intéressé, et fait état d'éléments de fait propres à sa situation, notamment à sa situation personnelle et familiale, énonce de manière suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles son auteur a entendu se fonder. Le préfet n'était, par ailleurs, pas tenu de faire référence, de manière exhaustive, à l'ensemble des éléments portés à sa connaissance. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de l'intéressé n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier, au regard de l'ensemble des éléments qu'il aurait fait valoir à l'appui de sa demande et des justificatifs qu'il aurait produits.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. / Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. () ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présenté en qualité d'étudiant par un ressortissant ivoirien, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études, en en appréciant la réalité, le sérieux et la progression.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à son arrivée en France, M. B s'est inscrit en première année de licence de Mathématiques, Physique et Informatique auprès de l'unité de formation et de recherche (UFR) des sciences et techniques de l'université de Bretagne occidentale et a été autorisé, au titre de l'année universitaire 2019-2020, à suivre certains enseignements sur deux années, en bénéficiant d'un tutorat, d'un soutien et d'un renforcement disciplinaire, afin de lui permettre de se remettre à niveau. Malgré cet accompagnement,

M. B a été ajourné, à l'issue de l'année universitaire 2020-2021, avec une moyenne générale de 3,233 sur 20 après la première session d'examens puis de 2,673 sur 20 après la deuxième session. Bien qu'autorisé à redoubler, M. B a décidé de s'inscrire, au titre de l'année universitaire 2021-2022, en première année de licence des sciences pour l'ingénieur, option informatique, toujours auprès de l'UFR des sciences et techniques de la même université, sans rencontrer plus de succès et s'est donc réinscrit dans cette formation au titre de l'année universitaire 2022-2023. Si, pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. B, le préfet a mentionné, à tort, que celui-ci s'était inscrit à quatre reprises dans le même diplôme, cette erreur de fait est indifférente puisqu'il est constant qu'il s'est inscrit, en septembre 2022, pour la quatrième année consécutive en première année de licence auprès de l'UFR sciences et techniques de l'université de Bretagne occidentale et qu'il n'a connu aucune progression dans sa formation supérieure depuis son arrivée en France. M. B ne saurait se contenter d'invoquer la situation sanitaire prévalant durant ses deux premières années d'études universitaires ou encore des problèmes familiaux en Côte-d'Ivoire, qu'il ne précise d'ailleurs pas, pour justifier la faiblesse de ses résultats académiques. La seule circonstance qu'il a envisagé une réorientation vers un brevet de technicien supérieur (BTS) de gestion des petites et moyennes entreprises (PME), pour lequel sa candidature aurait été retenue sans pouvoir être finalisée, ne permet pas davantage de justifier l'absence de progression dans son parcours de formation. Dans ces conditions, le préfet du Finistère n'a pas fait une inexacte application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-ivoirienne, seules susceptibles de s'appliquer à la situation de M. B, en refusant de renouveler son titre de séjour, le caractère réel, sérieux et effectif des études entreprises en France n'étant pas établi. Ce seul motif, indépendamment des moyens de subsistance effectifs de l'intéressé en France, suffisait pour que le préfet refuse de renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au terme d'une première année de séjour régulier en France accompli au titre d'un visa de long séjour tel que défini au 2° de l'article L. 411-1 ou, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 433-5, d'une carte de séjour temporaire, l'étranger bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle dès lors que : / 1° Il justifie de son assiduité, sous réserve de circonstances exceptionnelles, et du sérieux de sa participation aux formations prescrites par l'Etat dans le cadre du contrat d'intégration républicaine conclu en application de l'article L. 413-2 et n'a pas manifesté de rejet des valeurs essentielles de la société française et de la République ; / 2° Il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. La carte de séjour pluriannuelle porte la même mention que la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. / L'étranger bénéficie, à sa demande, du renouvellement de cette carte de séjour pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il été précédemment titulaire. ".

7. Compte tenu de ce qui a été développé au point 5 et dès lors qu'il ne remplissait pas les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, M. B ne saurait sérieusement reprocher au préfet du Finistère de ne pas avoir examiné la possibilité de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle en application des dispositions précitées de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, il ne ressort pas du dossier dématérialisé déposé par M. B auprès des services préfectoraux qu'il aurait formé une telle demande de carte de séjour pluriannuelle.

8. Il résulte de ce qui a été développé aux points 4 à 7 que le moyen tiré d'une erreur de droit doit être écarté.

9. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que précédemment, le requérant ne saurait utilement soutenir que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation au regard de son droit au séjour avant de prendre la décision litigieuse, dont il soutient qu'elle est entachée d'erreurs de fait compte tenu de la mention d'une réinscription à quatre reprises au même diplôme, d'absences injustifiées relevées dans son relevé de note pour l'année universitaire 2019-2020 et du défaut de justification de l'exercice d'une activité professionnelle. Ces mentions, pour erronées qu'elles soient, sont sans incidence sur la légalité de la décision refusant le renouvellement du titre de séjour de M. B compte tenu du motif principal et déterminant de cette décision, examiné ci-dessus au point 5, tiré de l'absence de caractère réel, sérieux et effectif des études suivies en France par l'intéressé. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux et des erreurs de fait du préfet doivent être écartés.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet du Finistère a refusé de renouveler son titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet du Finistère oblige M. B à quitter le territoire français, énonce les considérations de fait et de droit sur lesquelles son auteur a entendu se fonder. Le moyen selon lequel cette décision serait insuffisamment motivée doit, donc, être écarté. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la situation de l'intéressé n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis plus de trois ans et que ses attaches personnelles et familiales se situent désormais sur le territoire français. Il expose, plus particulièrement, qu'il vit en couple depuis le mois de février 2021 avec Mme A, une compatriote titulaire d'une carte de résident, laquelle est enceinte de leur premier enfant. Toutefois, s'il produit au soutien de ses allégations des attestations de proches confirmant la réalité de sa relation de couple, il ressort des pièces du dossier que les contrats de location qu'il produit ont été signés à son seul nom, M. B ayant expressément déclaré dans le bail signé le 16 mars 2022, pour le logement qu'il occupe actuellement, être " célibataire non lié par un pacte civil de solidarité ". Le préfet du Finistère souligne, en défense, que lors du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, le 28 juin 2022, M. B a également déclaré être célibataire et que Mme A, qui bénéficie d'une carte de résident valable jusqu'au 10 février 2031, n'a jamais informé les services préfectoraux qu'elle disposait d'une adresse commune avec le requérant pour le logement qu'il occupe à Brest, puisqu'elle demeure domiciliée chez son père à Bouguenais (Loire-Atlantique). Si M. B produit dans le cadre de la présente instance un document émis par le fournisseur d'énergie Engie, attestant qu'à la date du 9 février 2023 et depuis le 18 mars 2022, M. et Mme B A F C et E sont titulaires d'un contrat auprès de la société pour un logement situé à Brest, un acte de reconnaissance anticipé de paternité, daté du 23 novembre 2022, pour l'enfant que porte Mme A, ainsi que des photos le représentant avec cette jeune femme, ces éléments, dont il n'est pas établi qu'ils auraient été communiqués au préfet, sont insuffisants pour établir la stabilité et l'ancienneté de cette relation de couple. M. B ne se prévaut pas, en outre, d'une intégration sur le plan professionnel, social, linguistique ou culturel sur le territoire français. Au regard de ces éléments, et alors que M. B est récemment arrivé sur le territoire français, avec le statut d'étudiant, lequel ne lui donnait pas vocation à s'y maintenir, la décision par laquelle le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. La production en cours d'instance de l'acte de naissance, le 19 mai 2023, de l'enfant que portait Mme A, reconnu par le requérant, ne saurait suffire à établir qu'à la date de la décision litigieuse, le préfet du Finistère aurait incorrectement apprécié la situation personnelle de M. B. Par suite, le préfet du Finistère n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France :

15. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

16. Si le préfet du Finistère fait valoir qu'il n'a entendu prononcer aucune décision faisant interdiction à M. B d'un retour en France, il résulte des termes mêmes de l'arrêté préfectoral contesté que son article 4 informe M. B du caractère exécutoire de l'interdiction de retour dès sa notification et que sa durée court à compter de la date d'exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, et que son article 5 prévoit un signalement de M. B aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour. A supposer, ainsi que le soutient le préfet, que les articles 4 et 5 de l'arrêté du 17 janvier 2023 résultent d'une erreur de plume, il lui appartenait de les rapporter. Par suite, et dès lors que ces dispositions de l'arrêté ne sont assorties d'aucune motivation, M. B est fondé à en demander l'annulation.

17. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation des articles 4 et 5 de l'arrêté préfectoral litigieux, en ce qu'ils se réfèrent à une décision lui faisant interdiction d'un retour en France dépourvue de tout fondement.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

18. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement que le préfet du Finistère procède à l'effacement du signalement de M. B dans le système d'information Schengen. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder à cette correction informatique dans un délai d'un mois à compter du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. B réclame au profit de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les articles 4 et 5 de l'arrêté du 17 janvier 2023 du préfet du Finistère concernant M. B sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Finistère de procéder à l'effacement informatique du signalement de M. B D d'information Schengen dans un délai d'un mois à compter du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F C B et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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