lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2301742 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
D une requête enregistrée le 30 mars 2023 M. A C, représenté D Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 D lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 D lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'assigne à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement, à titre subsidiaire de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation ;
- elle méconnaît le droit d'être entendu ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- la décision attaquée méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- la décision attaquée méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- compte tenu de l'illégalité qui entache l'obligation de quitter le territoire français, cette décision sera annulée D voie de conséquence ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen suffisant de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
D un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allex, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Le Strat, représentant M. C qui développe les moyens de sa requête et soulève le moyen tiré de ce que M. C ne pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ni sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni sur celui du 4° de cet article dès lors qu'il a bénéficié d'une autorisation de se maintenir sur le territoire français durant l'instruction de sa demande d'asile et qu'il a effectué des démarches en vue de régulariser sa situation,
- les explications de M. C, assisté d'un interprète.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. M. C justifiant avoir introduit une demande devant le bureau de l'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
3. En premier lieu, pour fonder la mesure d'obligation de quitter le territoire français édictée à l'encontre de M. C, la décision attaquée indique d'abord qu'il ne peut justifier être entré régulièrement en France D la possession d'un passeport revêtu du visa réglementaire, qu'il déclare que son passeport se trouve chez des amis à Rennes, que son entrée doit être regardée comme étant irrégulière et qu'il peut donc faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique ensuite que M. C s'est vu refuser définitivement la reconnaissance de la qualité de réfugié D décision de la Cour nationale du droit d'asile et qu'il peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de cet article. Enfin, elle mentionne que M. C déclare travailler dans un salon de coiffure d'un ami à Rennes et qu'en travaillant sans autorisation préalable il a méconnu l'article L. 5221-5 du code du travail et entre dans le champ d'application du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. M. C soutient que la mention dans la décision attaquée qu'il travaille dans un salon de coiffure est erronée. Toutefois celle-ci est conforme aux déclarations qu'il a faites lors de son audition le 28 mars 2023 D les services de police, auxquels il a indiqué en réponse à la question qui lui était posée relative à l'exercice d'une activité professionnelle en France : " En ce moment non. Parfois je travaille dans le salon de coiffure d'un ami au centre de Rennes ". Enfin, si M. C fait valoir que le préfet d'Ille-et-Vilaine a mentionné D erreur qu'il n'avait pas entamé de démarches aux fins de régulariser sa situation administrative alors qu'il justifie de la réalité de telles démarches, cet élément n'est pas au nombre de ceux qui fondent l'obligation de quitter le territoire français, laquelle au demeurant pouvait être édictée alors même que l'intéressé avait présenté une demande de titre de séjour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. C avant de prendre la décision attaquée. D suite, les moyens tirés d'une insuffisante motivation de cette décision et d'un défaut d'examen complet de la situation de M. C doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables D un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée.
5. Il ressort des pièces du dossier que préalablement au prononcé de l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, M. C a été entendu le 28 mars 2023 D les services de police de Saint-Malo, qui ont sollicité ses observations sur une éventuelle mesure d'éloignement. D suite, le moyen tiré de la méconnaissance D le préfet d'Ille-et-Vilaine de son droit d'être entendu doit être écarté.
6. En troisième lieu, il est constant qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. C, entré irrégulièrement en France, ne disposait pas de titre de séjour en cours de validité. D suite, et alors même qu'il avait obtenu un récépissé de demande d'asile lui permettant de se maintenir régulièrement en France durant l'examen de sa demande d'asile, laquelle a fait l'objet d'un rejet définitif D les instances du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine pouvait prendre à son encontre une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande d'asile ayant, ainsi qu'il a été dit, fait l'objet d'un rejet définitif D les instances du droit d'asile, M. C entrait également dans le cas prévu au 4° du même article permettant au préfet d'Ille-et-Vilaine de prendre une obligation de quitter le territoire français, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le requérant ait saisi à compter du 23 novembre 2020 le préfet d'Ille-et-Vilaine d'une demande de régularisation de sa situation. D suite, le moyen tiré de ce que M. C ne pouvait pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° et du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue D la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France le 9 octobre 2017 selon ses déclarations. Le 2 novembre 2017 il a sollicité son admission au titre de l'asile. D un arrêté du 8 février 2018 le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son transfert aux autorités italiennes pour l'examen de cette demande. Toutefois, l'intéressé n'ayant pas déféré en février et en avril 2018 aux convocations destinées à lui notifier cette mesure, il a été déclaré en fuite, ce qui a conduit à la prolongation du délai de transfert jusqu'au 17 juillet 2019. Suite à l'expiration de ce délai, la demande d'asile de M. C a été examinée les 29 novembre 2019 puis 14 octobre 2020 D les instances du droit d'asile qui l'ont rejetée, l'intéressé se maintenant irrégulièrement depuis le rejet de sa demande d'asile sur le territoire français, M. C justifiant avoir saisi à compter du 23 novembre 2020 le préfet d'Ille-et-Vilaine d'une demande de rendez-vous aux fins de déposer une demande de titre de séjour salarié, à laquelle il n'a pas été donné suite. M. C ne justifie pas d'une insertion particulière sur le territoire français, ni la circonstance qu'il ait effectué de mars à octobre 2022 une activité de travailleur saisonnier en qualité de valet de chambre dans un établissement hôtelier et bénéficie d'une promesse d'embauche pour un nouveau contrat à durée déterminée saisonnier, ni celle qu'il s'investisse dans les activités d'une association LGBT ni enfin celle qu'il apprenne la langue française n'étant suffisantes pour caractériser une telle intégration. M. C fait également état sans toutefois en justifier de la présence en France tantôt d'une cousine tantôt d'une soeur qui seraient domiciliées à Saint-Malo, avec lesquelles il n'est toutefois pas établi qu'il entretiendrait des relations d'une intensité particulière. Enfin, bien que M. C soutienne avoir été renié D sa famille compte tenu de son homosexualité, en produisant un courrier établi au nom de son père et un courrier du 15 août 2015 à l'entête du conseil traditionnel, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de tout lien familial ou personnel dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans et où demeurent plusieurs membres de sa famille selon ses déclarations ainsi que son fils né le 2 avril 2011. D suite, le moyen tiré de la méconnaissance D la décision attaquée de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " D dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier et notamment des auditions de M. C D les services de police les 29 juin 2022 et 28 mars 2023 que celui-ci est dépourvu de domicile stable, s'étant déclaré d'abord hébergé D un ami à Rennes sans être en mesure de préciser son adresse puis sans domicile fixe à Saint-Malo, n'étant titulaire que d'une adresse postale à Rennes. Dépourvu de document de voyage ou d'identité, il a déclaré en réponse à la question qui lui était posée sur son acceptation d'être reconduit au Nigéria : " je préfèrerais aller en prison en France que d'être reconduit dans mon pays ". Compte tenu de ces éléments, et alors même que M. C justifie de démarches auprès de la préfecture afin de régulariser sa situation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pu, sans méconnaître les dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation, prendre la décision attaquée, la circonstance que le préfet ait fait le choix d'assigner M. C à résidence en estimant que sa situation permettait le prononcé d'une telle mesure, plutôt que de le placer en rétention administrative, n'étant pas de nature à démontrer l'illégalité de la décision attaquée.
En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :
11. En premier lieu, l'arrêté attaqué fait état de la nationalité de M. C et mentionne que les craintes qu'il a exprimées en cas de retour dans son pays d'origine ont été jugées infondées tant D l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que D la Cour nationale du droit d'asile et que compte tenu de ces éléments et de ceux portés à la connaissance de l'administration, l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où il est légalement admissible. Il ne ressort ni de ses termes ni des autres pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'aurait pas procédé à un examen suffisamment complet de la situation du requérant avant de prendre la décision attaquée.
12. En deuxième lieu, alors que la demande d'asile de M. C a été rejetée D une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 novembre 2019 confirmée D la Cour nationale du droit d'asile le 14 octobre 2020, le requérant n'établit pas D la seule production d'éléments d'informations générales sur la situation des homosexuels au Nigéria, qu'il serait personnellement exposé dans son pays d'origine à un risque réel, direct, et sérieux pour sa vie ou sa liberté en raison de son orientation sexuelle. D suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
13. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée D l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
15. En premier lieu, contrairement à ce qu'il soutient, les éléments de la situation de M. C tels que décrits au point 8 ne permettent pas de caractériser des circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. En second lieu, compte tenu des éléments de la situation de M. C tels que décrits au point 8, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour de l'intéressé sur le territoire français, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
17. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français sans délai n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence devra être annulée D voie de conséquence doit être écarté.
18. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle fait notamment état de la mesure d'éloignement dont M. C fait l'objet et du fait que la mise à exécution de cette mesure demeure une perspective raisonnable. Il ne ressort ni de ses termes, ni des autres pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'aurait pas procédé à un examen suffisamment complet de la situation de l'intéressé avant de prendre cette décision. D suite, les moyens tirés d'une insuffisante motivation de la décision attaquée et d'un défaut d'examen complet de la situation du requérant doivent être écartés.
19. En dernier lieu, si la décision attaquée fait interdiction à M. C de sortir de la commune de Saint-Malo sans autorisation préalable sauf pour consulter son avocat et répondre aux convocations de justice et des services de police et de gendarmerie et lui fait obligation de se présenter tous les jours de la semaine à 10 heures exceptés les samedis, dimanches et jours fériés et chômés aux services de la police aux frontières de Saint-Malo, le requérant ne justifie d'aucun élément de nature à établir que le périmètre de l'assignation et les obligations de pointage auxquels il est astreint seraient entachés d'une erreur d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
20. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de M. C doivent être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public D mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La magistrate désignée,
signé
A. B La greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026