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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2301761

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2301761

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2301761
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantLE BIHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mars et 3 avril 2023, M. E, représenté par Me Le Bihan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les arrêtés du 29 mars 2023 par lesquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a, d'une part, décidé son transfert aux autorités allemandes, d'autre part, prononcé son assignation à résidence ;

2°) d'enjoindre à l'administration d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté de transfert ;

- il n'est pas justifié de ce que les informations prévues par l'article 4 du règlement européen (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 lui ont bien été délivrées ;

- il n'est pas justifié de ce que les obligations posées par l'article 5 du même règlement ont bien été respectées ;

- il n'est pas justifié de ce que les obligations posées par l'article 7 du même règlement et par l'article 2 du règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la commission du 20 janvier 2014 ont été respectées ;

- l'arrêté de transfert est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté d'assignation à résidence ;

- il doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de l'arrêté de transfert.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement d'exécution (UE) n°118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le greffe du tribunal a informé M. D des date et heure de l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Le Bihan, représentant M. D, qui développe le contenu de ses écritures et fait valoir que le requérant ne s'est pas vu remettre une copie du résumé de l'entretien individuel, qu'il craint d'être renvoyé en République démocratique du Congo en raison du rejet pour irrecevabilité de sa demande d'asile par les autorités allemandes, et évoque les problèmes de santé dont il est atteint, dont le diagnostic n'a pas encore été posé ;

- les explications de M. D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant congolais, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 14 avril 2019. Il a sollicité l'asile le 1er mars 2023. À la suite du relevé de ses empreintes digitales, il a été constaté dans le fichier Eurodac que l'intéressé avait sollicité l'asile auprès des autorités allemandes préalablement au dépôt de sa demande d'asile en France. Les autorités allemandes, saisies le 2 mars 2023 d'une demande de reprise en charge en application de l'article 18.1.b) du règlement européen (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ont fait connaître leur accord le 3 mars 2023. Par les deux arrêtés litigieux du 29 mars 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé, d'une part, de transférer M. D aux autorités allemandes et, d'autre part, de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. D justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux deux arrêtés contestés :

3. Par un arrêté du 19 octobre 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, du même jour, le préfet de ce département a donné à M. A B, chef de l'unité régionale Dublin au Bureau de l'asile et signataire des arrêtés contestés, délégation afin de signer notamment les arrêtés de transfert et les décisions d'assignation à résidence Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces arrêtés doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à l'arrêté de transfert :

4. Aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; () / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ".

5. Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de l'instruction de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de ces informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. D s'est vu remettre contre signature, le 1er mars 2023, l'information sur les règlements communautaires constituée de la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande ' " et de la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", qui contiennent l'ensemble des informations prescrites par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013. Ces documents lui ont été remis en langue française dioula que le requérant a déclaré comprendre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à l'information du demandeur d'asile, énoncé à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

8. Il ressort des mentions figurant sur le formulaire signé par M. D qu'il a bénéficié le 1er mars 2022, soit avant l'intervention de la décision contestée, d'un entretien individuel tel que prévu par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, réalisé en français, langue que l'intéressé a déclaré comprendre. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cet entretien, mené par un agent qualifié de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, ne se serait pas déroulé dans le respect des conditions de confidentialité prévues par cet article. Le requérant ayant déclaré comprendre le français, la présence d'un interprète assermenté n'était pas nécessaire. Enfin, le requérant a signé le résumé de l'entretien, qu'il a signé en attestant que les renseignements le concernant étaient exacts. Si ce résumé ne précise pas qu'une copie a été communiquée au requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier que la communication de ce document aurait été refusée au requérant ou à son conseil, les dispositions précitées imposant seulement que le demandeur ou son conseil y ait accès en temps utile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Hiérarchie des critères / 1. Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. / 2. La détermination de l'État membre responsable en application des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un État membre. () ". Aux termes de l'article 2 du règlement d'exécution (UE) n°118/2014 de la Commission du 20 janvier 2014 : " () Établissement d'une requête aux fins de reprise en charge- Une requête aux fins de reprise en charge est présentée à l'aide du formulaire type dont le modèle figure à l'annexe III, exposant la nature et les motifs de la requête et les dispositions du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil (*) sur lesquelles elle se fonde.() ".

10. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit à l'instance le formulaire de requête qu'il a adressé aux autorités allemandes, qui expose le fondement textuel de la demande de reprise en charge et décrit la situation personnelle de M. D. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de reprise en charge adressée par le préfet d'Ille-et-Vilaine aux autorités allemandes ne serait pas conforme aux exigences qui lui sont applicables. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2 du règlement d'exécution UE n° 118/2014 de la Commission du 20 janvier 2014, qui doit être regardé comme tiré de la méconnaissance de l'article 2 du règlement européen CE n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 modifié par l'article 1er du règlement UE n° 118/2014 du 30 janvier 2014, la requête aux fins de reprise en charge ayant été établie conformément aux dispositions du règlement CE n° 1560/2003 modifié.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 17 règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par le chapitre III de ce règlement, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Cette faculté laissée à chaque État membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

12. Par ailleurs, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales énonce que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Enfin, l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dispose que : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. Si M. D fait valoir qu'il craint d'être exposé à des traitement inhumains et dégradants en cas de retour en République démocratique du Congo, la décision litigieuse n'a pas pour effet de le renvoyer dans ce pays, mais seulement de le transférer vers l'Allemagne, État membre responsable de l'examen de sa demande d'asile, qui a expressément accepté de le reprendre en charge. Si le requérant fait toutefois valoir que sa demande d'asile a été rejetée comme irrecevable par les autorités allemandes, qui ont pris à son encontre une mesure d'expulsion, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il n'aurait pas été en mesure de contester cette décision, ni de faire valoir devant ces autorités, responsables de l'examen de sa demande d'asile, tout élément nouveau relatif à l'évolution de sa situation personnelle. En outre, l'Allemagne est membre de l'Union européenne et partie tant à la Convention de Genève du 28 juillet 1951 qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et doit, à ce titre, être présumée procéder à un examen sérieux et complet de chacune des demandes d'asile dont ses autorités sont saisies. Si le requérant évoque encore les problèmes de santé dont il est atteint, et pour lesquels un diagnostic ne sera posé que d'ici quelques mois, il n'établit pas que ces problèmes ne pourraient être pris en charge en Allemagne. Ainsi, le requérant ne démontre pas qu'en ne mettant pas en œuvre la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen tiré de ce que l'arrêté serait intervenu en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit, pour les mêmes motifs, être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé son transfert aux autorités allemandes.

En ce qui concerne le moyen propre à l'arrêté portant assignation à résidence :

15. Aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'État responsable de l'examen de sa demande d'asile. () / En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée () ".

16. Dès lors que M. D ne démontre pas, par les moyens qu'il invoque, l'illégalité de la décision ordonnant son transfert aux autorités allemandes, le moyen tiré de ce que la décision lui portant assignation à résidence devrait être annulée en conséquence de l'annulation de cette décision de transfert ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

18. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le conseil de M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

La magistrate désignée,

signé

V. CLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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