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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2302263

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2302263

lundi 12 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2302263
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationOQTF 6 sem
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS LE STRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 avril 2023, M. F A, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor a retiré son autorisation provisoire de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé notamment le pays dont il a la nationalité comme pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans les huit jours de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation en lui délivrant, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le retrait de l'autorisation provisoire de séjour et l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sont insuffisamment motivés et sont entachés d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- ils méconnaissent le droit d'être entendu qu'il tient des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- ils sont entachés d'une erreur de droit car l'autorité préfectorale n'a effectué aucune appréciation de sa situation, notamment sur son droit au séjour au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la délivrance des titres de séjour de plein droit ;

- ils sont également entachés d'une erreur de droit car, d'une part, il a entendu solliciter la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " le 14 mars 2023 par mail, qui n'a pas été examiné, et d'autre part, il est titulaire d'une attestation de demande d'asile valant autorisation provisoire de séjour valable jusqu'en janvier 2023 et ne pouvait donc faire l'objet d'une décision d'obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;

- ils méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- ils méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droit de l'enfant ;

- ils méconnaissent les dispositions des articles L. 425-9 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie d'exception du fait que la décision portant obligation de quitter le territoire français est elle-même illégale ;

- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 1 et 33 de la convention de Genève de 1951 relative au statut de réfugié.

Le préfet des Côtes d'Armor, informé de la requête et de l'avis d'audience, n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes,

- les observations de Me Semino, substituant Me Le Strat, représentant M. A.

- et les explications de M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant gambien né en avril 1992, est entré en France en février 2020. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 4 mars 2022. Le préfet des Côtes-d'Armor a pris à son encontre, le 13 juin 2022, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français qui a été annulé le 12 août 2022 par un jugement n° 2203343 du tribunal de céans. L'intéressé a formé contre la décision de l'OFPRA un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) qui a été rejeté le 1er février 2023. Le préfet des Côtes-d'Armor a alors, par arrêté du 9 mars 2023 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décidé de lui retirer son autorisation provisoire de séjour et de l'obliger à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle :

2. M. A justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle pour la présente procédure, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le retrait de l'autorisation provisoire de séjour et l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles il a été pris et répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. En particulier, le préfet a bien relevé que le requérant se déclarait célibataire et sans enfant à charge, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Si M. A se prévaut d'une relation de couple, à compter de juillet 2022, avec une ressortissante française, Mme C, née en 1988 qui a donné naissance à sa fille, d'une part, il n'établit pas l'ancienneté de leur vie commune dès lors qu'il est constant que les intéressés ne sont ni mariés ni partenaires d'un pacte civil de solidarité et ne justifient pas davantage d'un domicile commun du fait que tous les bulletins de paie du requérant notamment celui de février 2023 indiquent une adresse différente de celle de Mme C, et d'autre part, il ressort des pièce du dossier qu'il n'a saisi les services de la préfecture d'une demande de titre de séjour temporaire " vie privée et familiale " que le 14 mars 2023, soit postérieurement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, alors même que le requérant justifie par la suite être devenu père d'une fille née le 8 avril 2023, qu'il a reconnue le 11 avril 2022, le préfet des Côtes-d'Armor en indiquant dans son arrêté, dont la légalité s'apprécie au jour où il a été pris, que M. A était célibataire et sans charge de famille, n'a pas entaché sa décision d'un défaut de motivation ni d'inexactitude matérielle. Cette mention n'est pas davantage de nature à établir que le préfet, qui a exposé les principaux éléments propres à la situation personnelle et familiale de l'intéressé, aurait omis de procéder à un examen particulier de sa situation. Ainsi, cette motivation, qui n'est pas stéréotypée, révèle, que contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a procédé, en l'état des informations dont il disposait à cette date, à un examen particulier de sa situation avant de prendre cette décision. Il suit de là que les moyens tirés d'une insuffisante motivation des décisions contestées et du défaut d'examen complet de la situation du requérant doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne prévoit : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse uniquement aux institutions et organes de l'Union. Il suit de là que le moyen tiré de sa violation par une autorité d'un État membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de cette jurisprudence que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue de manière utile et effective. En particulier, il n'implique pas l'obligation, pour le préfet, d'entendre l'étranger spécifiquement au sujet de l'obligation de quitter le territoire français qu'il envisage de prendre après avoir statué sur le droit au séjour à l'issue d'une procédure ayant respecté son droit d'être entendu.

5. En l'espèce, s'il est constant que M. A n'a pas été invité par l'administration à présenter, préalablement à l'édiction des décisions contestées, ses observations écrites ou orales sur la perspective d'une mesure d'éloignement, il ne pouvait ignorer, dans la mesure où il était informé du rejet définitif de sa demande d'asile, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une telle mesure, alors même qu'il ne soutient, ni n'allègue, avoir présenté une demande de titre de séjour sur un autre fondement avant l'édiction des décisions contestées. Il ne ressort pas, en outre, des pièces du dossier que l'intéressé aurait été privé de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales, ou qu'il aurait demandé en vain un entretien circonstancié avec les services préfectoraux. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

6. En troisième lieu, il résulte des pièces du dossier que la décision par laquelle la CNDA a rejeté le recours formé par M. A contre le refus opposé par l'OFPRA à sa demande d'asile, a été lue en audience publique le 1er février 2023 et qu'ainsi, l'intéressé ne bénéficiait plus, dès cette date, du droit de se maintenir sur le territoire français. Le préfet des Côtes-d'Armor pouvait donc, à cette date, légalement l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que l'attestation de demande d'asile et l'autorisation provisoire de séjour, dont il était titulaire, mentionnent une date de validité ultérieure, ne saurait avoir eu pour effet de prolonger son droit au maintien sur le territoire au-delà de cette date de notification et ne faisait donc pas obstacle à ce que le préfet des Côtes-d'Armor prenne la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige. Le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige serait entachée d'erreurs de droit pour ce motif doit donc être écarté.

7. En quatrième lieu, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () " et aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

8. Si M. A soutient vivre en concubinage avec une ressortissante française, Mme D C, déjà mère d'une jeune fille, B, et qui a donné naissance à sa fille le 8 avril 2023, comme exposé au point 3, il ne justifie ni de l'ancienneté de cette relation sur le territoire national, ni d'avoir informé la préfecture de cette relation avant l'édiction des décisions contestées. En outre, il n'établit pas plus, ne plus avoir d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors même que le requérant justifie avoir été employé par la société Manpower au cours de la période du 10 janvier 2022 au 6 janvier 2023, le préfet des Côtes-d'Armor ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. A de mener une vie privée et familiale normale, une atteinte disproportionnée en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

9. En cinquième lieu, M. A ne peut utilement invoquer la violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, s'agissant d'un enfant qui n'était pas encore né à la date de l'arrêté attaqué.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l''entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Il résulte de ces dispositions que, même si elle n'a pas été saisie d'une demande de titre de séjour fondée sur les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative qui dispose d'éléments d'informations suffisamment précis et circonstanciés établissant qu'un étranger résidant habituellement sur le territoire français est susceptible de bénéficier des dispositions protectrices du 9° de l'article 611-3 du même code doit, avant de prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

11. En l'espèce, les documents médicaux dont M. A se prévaut, à savoir le certificat médical du docteur E du 20 mai 2022 et les attestations des docteurs Tillard et Blais de juin 2022 ne sont pas de nature à établir que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Gambie, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. En septième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'bligation de quitter le territoire français. Or, d'une part, du fait des considérations énoncées aux points précédents, le requérant n'est pas fondé à soutenir, à l'encontre des décisions contestées, qu'il avait droit à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de séjour de plein droit. Il en résulte que M. A ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre des décisions dont il a fait l'objet.

13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation du retrait de l'autorisation provisoire de séjour et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français prise à son encontre.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, faute, pour le requérant, d'avoir démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité, qu'il invoque, par voie d'exception, à l'appui de sa contestation de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes du 1 de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " 1. Aucun des États Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. ".

16. D'une part, il ne résulte pas des pièces du dossier qu'en fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement décidée à l'égard du requérant, le préfet se serait, s'agissant de l'appréciation de la réalité des risques allégués par ce dernier, estimé lié par les décisions de l'OFPRA et de la CNDA qui ont rejeté sa demande d'asile ou aurait insuffisamment apprécié sa situation personnelle au regard des seules dispositions et stipulations citées ci-dessus.

17. D'autre part, si M. A soutient qu'il risque d'être exposé à de mauvais traitements en cas de retour dans son pays d'origine du fait, d'une part, de sa famille, en raison d'accusations de sorcellerie et, d'autre part, des autorités, en raison de son évasion de détention, il ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité de ses allégations et ne démontre donc pas qu'il se trouve dans le cas où il serait fondé à se prévaloir des dispositions et stipulations citées au point 15.

18. Enfin, pour les mêmes considérations que celles énoncées au point 11, le requérant n'est pas plus fondé à soutenir que du fait de son état de santé, il pourrait se prévaloir desdites dispositions et stipulations.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement de rejet n'implique aucune mesure d'exécution et par suite, les conclusions de M. A tendant à ce que soient adressées diverses injonctions au préfet des Côtes-d'Armor doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. L'État n'étant pas la partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et au préfet des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.

Le magistrat désigné,

signé

G. DescombesLa greffière d'audience,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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