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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2302273

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2302273

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2302273
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LE BOURHIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de M. D du logement qu'il occupe au sein centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) Coallia 35, situé 18 rue des Français Libres à Fougères (35300) ;

2°) de l'autoriser à recourir, passé un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;

3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du CADA Coallia 35 afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. C, à défaut pour lui de les avoir emportés.

Il soutient que :

- en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge des référés est compétent pour prononcer une injonction de quitter les lieux à l'encontre de l'occupant irrégulier d'un lieu d'hébergement mentionné à l'article L. 552-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il a qualité pour introduire la présente requête sur le fondement de ces mêmes dispositions ;

- la mesure sollicitée revêt un caractère urgent et remplit la condition d'utilité requise compte tenu du nombre des demandeurs d'asile en attente d'un hébergement et de la saturation établie du dispositif d'accueil ;

- M. C se maintient illégalement dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) puis la Cour nationale du droit d'asile ; il a sollicité le réexamen de sa demande, qui a été déclaré recevable par l'OFPRA ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a toutefois refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et il n'a pas exercé de recours contre cette décision ; la mesure sollicitée ne se heurte ainsi à aucune contestation sérieuse ;

- M. C ne fait valoir aucun motif de vulnérabilité particulière ; à supposer que l'intéressé fasse valoir un état de santé dégradé, cela ne constitue pas un motif justifiant de rester dans un dispositif d'accueil pour demandeurs d'asile, outre que cette altération n'est pas établie ; il est célibataire et sans enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, M. D, représenté par Me Le Bourhis, conclut à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que lui soit accordée la possibilité de rester au sein de son logement jusqu'à ce que l'instruction de sa demande de réexamen soit arrivée à son terme et, en tout état de cause, à la mise à la charge de l'État de la somme de 1 500 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocat contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il fait valoir que :

- la condition tenant à l'urgence n'est pas démontrée ; le préfet d'Ille-et-Vilaine a au demeurant attendu le 25 avril, soit près de deux mois après la mise en demeure, pour saisir le tribunal, ce qui suffit pour démontrer l'absence d'urgence de la mesure sollicitée ;

- la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse : en cas d'expulsion, il sera sans logement, alors même que sa demande de réexamen a été déclarée recevable par l'OFPRA ; il a demandé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ; il justifie d'éléments sérieux lui permettant d'en bénéficier, dès lors qu'il est demandeur d'asile ; la décision de recevabilité de sa demande de réexamen établit qu'il a produit des éléments nouveaux, augmentant de manière significative la probabilité que lui soit accordée une protection ; il doit être mis en mesure de faire instruire sa demande dans les meilleures conditions possibles ; il justifie de circonstances particulières et exceptionnelles, qui lui donneraient droit à un hébergement d'urgence ; il a vainement sollicité le 115.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu au cours de l'audience publique du 11 mai 2023 :

- le rapport de Mme B,

- les observations de M. A, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens qu'il développe et qui soutient également que :

* la recevabilité de la demande de réexamen n'a pas d'incidence sur le droit au maintien dans le dispositif d'accueil des demandeurs d'asile, dès lors que les conditions matérielles d'accueil n'ont pas été accordées ;

* M. C ne fait valoir aucun élément de vulnérabilité particulière, de santé ou liée à la présence de très jeunes enfants ;

* la saturation du dispositif national d'accueil des demandeurs d'asile est établie ;

* le délai de deux mois mis à saisir le juge des référés est raisonnable, et au demeurant attaché à la particularité de la situation de M. C ;

- les observations de Me Vaillant, substituant Me Le Bourhis, représentant M. C, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes arguments qu'elle développe et qui fait notamment valoir que :

* la recevabilité d'une demande de réexamen est assez exceptionnelle pour signifier que M. C a des chances significatives de se voir accorder une protection ;

* il justifie en outre d'une parfaite intégration et d'une possibilité d'emploi ;

* il a formé un recours contre la décision de l'OFII portant refus des conditions matérielles d'accueil ;

- les explications de M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".

2. M. C ayant déposé une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

4. Aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre État européen ". Aux termes de son article L. 551-11 : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". Aux termes de son article L. 542-1 : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de son article L. 551-15 : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / () ". Aux termes de son article L. 552-15 : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ". Enfin, aux termes de son article R. 552-15 : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 552-15, si une personne se maintient dans le lieu d'hébergement après la date mentionnée à l'article R. 552-12 ou, le cas échéant, après l'expiration du délai prévu à l'article R. 552-13, le préfet du département dans lequel se situe ce lieu d'hébergement ou le gestionnaire du lieu d'hébergement met en demeure cette personne de quitter les lieux dans les cas suivants : / 1° La personne ne dispose pas d'un titre de séjour et n'a pas sollicité d'aide au retour volontaire ou a refusé l'offre d'aide au retour volontaire qui lui a été présentée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; / () Si la mise en demeure est infructueuse, le préfet ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut, après une décision de rejet définitive et dans les conditions prévues à l'article L. 552-15, saisir le président du tribunal administratif afin d'enjoindre à cet occupant de quitter les lieux ".

5. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un étranger dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité. À cet égard, la seule circonstance que l'étranger ait présenté une demande de réexamen devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qu'elle ait été déclarée recevable et que l'intéressé se soit vu remettre une nouvelle attestation de demandeur d'asile et ait été de nouveau convoqué devant les instances de l'asile ne saurait, par elle-même, caractériser l'existence d'une contestation sérieuse à la demande d'expulsion du préfet, dès lors qu'il résulte des dispositions précitées, notamment celles de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'une telle demande de réexamen n'ouvre pas un droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

6. M. C, ressortissant afghan né le 1er janvier 2001, est entré en France le 25 août 2020. Il a demandé son admission au titre de l'asile, le 18 septembre 2020, et a bénéficié, dans ce cadre, d'un logement au sein du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) Coallia 35 Site Est, situé 18 rue des Français Libres à Fougères (35300), effectif à compter du 8 mars 2021. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 16 mars 2022, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 30 décembre 2022. L'intéressé a déposé une demande de réexamen le 9 mars 2023, enregistrée par l'OFPRA le 23 courant et déclarée recevable le 13 avril 2023.

7. L'OFII avait précédemment informé M. C, par deux courriers du 13 janvier 2023, remis en mains propres le 26 courant, de ce qu'il devait libérer le logement occupé le 31 janvier 2023 et de ce qu'il pouvait bénéficier de l'aide au retour. L'intéressé n'ayant pas sollicité l'aide au retour et se maintenant dans le logement en cause, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a mis en demeure, par courrier du 8 mars 2023, notifié le lendemain, de quitter et libérer son logement dans un délai de quinze jours. Par décision du 9 mars 2023, l'OFII lui a totalement refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil durant le réexamen de sa demande d'asile.

8. La mise en demeure du préfet d'Ille-et-Vilaine étant restée infructueuse, celui-ci demande, par la présente requête et sur le fondement des dispositions précitées, l'expulsion de M. C du logement qu'il occupe au sein du CADA Coallia 35 site Est situé 18 rue des Français Libres à Fougères (35300).

9. D'une part, il est constant que la demande d'asile de M. C a été rejetée et que si sa demande de réexamen a été déclarée recevable par l'OFPRA, l'OFII a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, de sorte qu'il ne bénéficie plus du droit d'être hébergé dans un lieu d'accueil pour demandeurs d'asile. Par ailleurs, l'intéressé ne se prévaut d'aucune situation de particulière vulnérabilité, liée notamment à sa situation médicale ou familiale, qui apparaîtrait de nature à faire obstacle à son expulsion. Dans ces circonstances, la demande d'expulsion présentée par le préfet d'Ille-et-Vilaine ne souffre d'aucune contestation sérieuse.

10. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'au 28 février 2023, le département d'Ille-et-Vilaine disposait de 1 354 places pour demandeurs d'asile, dont 904 places en CADA avec un taux d'occupation de 99,7 % et 450 places en HUDA et PRADHA avec un taux d'occupation de 99,6 %. Au niveau de la région Bretagne, il existait 2 534 places en CADA et 1 671 places en HUDA et PRAHDA, occupées respectivement à 98,9% et 99,5 %. À cette même date, 902 demandeurs d'asile sans charge de famille étaient en attente d'hébergement en Bretagne, dont 583 dans le département d'Ille-et-Vilaine. Il est ainsi établi que le dispositif d'hébergement des demandeurs d'asile est saturé en Bretagne, notamment en Ille-et-Vilaine, et que le maintien dans les lieux de M. C fait obstacle à l'accueil d'autres personnes ayant vocation à bénéficier de ce dispositif. L'expulsion de l'intéressé présente, par suite, un caractère évident d'utilité.

11. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit aux conclusions du préfet d'Ille-et-Vilaine tendant à ce que soit enjoint la libération par M. C du logement qu'il occupe au sein du CADA 35 site Est situé 18 rue des Français Libres à Fougères (35300). Faute pour l'intéressé et toute personne l'accompagnant d'avoir libéré les lieux, l'autorité préfectorale est autorisée à faire procéder à son expulsion, au besoin avec le concours de la force publique. Cette autorité est également autorisée à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du CADA Coallia 35 site Est, afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. C, à défaut pour lui d'avoir emporté ses effets personnels.

12. Toutefois, dans les circonstances très particulières de l'espèce, eu égard à la spécificité du statut administratif actuel de M. C, qui bénéficie de la qualité de demandeur d'asile et du droit subséquent, jusqu'à la décision de l'OFPRA, de se maintenir sur le territoire français, et eu égard à la nécessité pour lui de préparer dans les meilleures conditions le réexamen de sa demande, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'est autorisé à faire procéder à l'expulsion de M. C, au besoin avec le concours de la force publique, que passé un délai de six semaines à compter de la notification de la présente ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est enjoint à M. C de libérer le logement qu'il occupe au sein du CADA Coallia 35 site Est, situé 18 rue des Français Libres à Fougères (35300) et d'évacuer ses biens.

Article 3 : À défaut pour M. C de déférer à l'injonction prononcée à l'article 2, le préfet d'Ille-et-Vilaine pourra faire procéder d'office à son expulsion et, en cas de besoin, requérir le concours de la force publique en vue d'assurer l'exécution de la présente ordonnance, passé un délai de six semaines à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 4 : Le préfet d'Ille-et-Vilaine est autorisé à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du CADA Coallia 35 site Est, afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. C, à défaut pour celui-ci d'avoir emporté ses effets personnels.

Article 5 : Les conclusions présentées par M. C au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. D.

Copie en sera adressée pour information au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Fait à Rennes, le 11 mai 2023.

Le juge des référés,

signé

O. B

La greffière d'audience,

signé

J. Jubault

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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