mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2302338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | GAIDOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, Mme A F, représentée par Me Gaidot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence à Rennes, l'a obligée à se présenter deux fois par semaine à la direction zonale de la police aux frontières à Saint-Jacques-de-la-Lande et lui a interdit de sortir de la commune de Rennes sans autorisation ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa demande dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen complet et approfondi de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en présence de circonstances humanitaires ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté portant assignation à résidence est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen complet et approfondi de sa situation personnelle ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Desbourdes, conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les observations de M. C, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui a insisté sur la circonstance que Mme F n'a pas respecté trois précédentes obligations de quitter le territoire français et n'a pas produit à la préfecture les documents dont elle reproche l'absence de prise en compte.
La clôture de l'instruction a été ensuite prononcée en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante géorgienne, est entrée en France le 26 avril 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 septembre 2018 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 5 juin 2019. Elle a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Côtes-d'Armor du 28 juin 2019 qu'elle n'a pas exécuté. Sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été rejetée comme irrecevable par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 25 juillet 2019. Elle a alors fait l'objet d'une deuxième obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Côtes-d'Armor du 11 octobre 2019 qu'elle n'a pas non plus mise à exécution. Elle a ensuite fait l'objet d'une troisième obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Côtes-d'Armor du 21 octobre 2020, confirmée par jugement du tribunal du 27 octobre 2020, à laquelle elle s'est encore soustraite. Un refus de délivrance de titre de séjour lui a été également opposé par décision du préfet du Morbihan du 25 mai 2021, confirmée par jugement du tribunal du 13 septembre 2021.
2. Par un arrêté du 25 avril 2021, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté une nouvelle demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays d'origine ou tout autre pays où elle justifiera être légalement admissible comme pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assignée à résidence à Rennes, l'a obligée à se présenter deux fois par semaine à la direction zonale de la police aux frontières à Saint-Jacques-de-la-Lande et lui a interdit de sortir de la commune de Rennes sans autorisation. Mme F demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Mme F justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur l'étendue du litige :
4. Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence () / (), lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. () ".
5. L'obligation de quitter le territoire français adoptée à l'encontre de Mme F est fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, en application de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il doit être statué sur la décision relative au séjour l'accompagnant dans les conditions prévues à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à la sous-section 1 de la section 2 du chapitre VI du titre VII du livre VII du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de renvoyer à une formation collégiale du tribunal, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus de titre de séjour et de leurs conclusions accessoires présentées à fin d'injonction.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
6. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté la demande de titre de séjour de Mme F sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile après avoir examiné sa situation personnelle, familiale et professionnelle. Il comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour. Cette motivation étant propre à justifier de l'adoption d'une obligation de quitter le territoire français au visa du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette décision d'éloignement n'avait pas à faire l'objet d'une motivation complémentaire, conformément aux dispositions du second alinéa l'article L. 613-1 du même code. Les motifs de l'arrêté contesté révèlent également que le préfet a décidé de ne pas lui accorder de délai départ volontaire sur le fondement des 3° de l'article L. 612-2 et 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'elle a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement auxquelles elle ne s'est pas soumise. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français et de refus de délai de départ volontaire seraient insuffisamment motivées doit être écarté.
7. Cette motivation et l'ensemble des considérants de l'arrêté établissent que le préfet a procédé à un examen de la situation personnelle de Mme F au regard des éléments dont il disposait. Ne révèle pas un défaut d'examen ni la circonstance que le préfet d'Ille-et-Vilaine a considéré que la production des relevés MSA et du K-bis de la société désireuse d'embaucher l'intéressée ne constituaient pas des éléments nouveaux pour l'examen de la situation professionnelle de l'intéressée, ni la circonstance que le préfet n'a pas sollicité la production de bulletins de salaire dont l'intéressée n'établit pas l'en avoir informé à l'appui de sa demande. Par ailleurs, alors que l'article R. 5221-17 du code du travail attribue au préfet la compétence pour délivrer les autorisations de travail et qu'il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire de ce code ou de celui du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités devrait être saisie pour instruire une demande d'autorisation de travail ou formuler un avis sur cette demande, la circonstance, au demeurant seulement supposée par la requérante, que le préfet n'aurait pas consulté cette direction, ne saurait non plus révéler un défaut d'examen de sa demande. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Mme F soutient qu'elle est présente en France depuis cinq ans, où elle vit désormais avec son enfant, B, issu d'une première union, et de son actuel compagnon, M. E, compatriote géorgien. Elle précise qu'elle justifie en France d'une bonne insertion professionnelle, de sérieuses perspectives d'embauche et de sa capacité à assurer l'entretien de sa famille, qu'elle jouit d'attaches intenses sur le territoire et qu'elle ne saurait en être éloignée à raison des violences conjugales dont elle a fait l'objet de son ex-conjoint et du harcèlement qu'il continuait de lui faire subir en Géorgie. Mme F, qui produit un ensemble de bulletins de salaire couvrant la période de décembre 2019 à avril 2022 ainsi qu'une promesse d'embauche en qualité d'ouvrière d'abattoir justifie, en effet, à l'instance, d'une insertion professionnelle en France et d'une réelle perspective d'embauche sur le territoire et son enfant, arrivé plus récemment sur le territoire français, est inscrit au collège en classe de 6ème. La décision contestée révèle également qu'elle justifie avoir suivi des cours de français à son arrivée en France.
9. Cependant, Mme F ne doit la durée de sa présence sur le territoire qu'à la faveur du temps de l'examen de sa demande d'asile et de l'inexécution de trois obligations de quitter le territoire français successivement prises à son encontre entre juin 2019 et octobre 2020. Elle n'évoque précisément ni ne justifie de l'existence d'autres attaches personnelles en France que celles de sa cellule familiale la plus rapprochée, qui peut être reconstituée sans dommage en dehors du territoire français. Si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'a pas mis en doute les violences et le harcèlement qu'elle a subis de la part de son ex-conjoint, cette institution a néanmoins relevé que les autorités géorgiennes lui avaient bien apporté une protection effective, ainsi qu'à son nouveau compagnon, l'intéressée ayant en revanche tenu des propos évasifs quant à l'insuffisante exécution des mesures de police prises à l'encontre de son offenseur. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que les autorités géorgiennes auraient définitivement failli à leurs devoirs de protection, les documents produits par la requérante en langue géorgienne accompagnés de traduction ne faisant état que d'attestations au plus tard datées d'octobre 2020 ne rendant pas compte du caractère encore actuel de la menace dont elle se prévaut. Elle ne soutient pas être dépourvue d'attaches familiales en Géorgie où résideraient, selon ses déclarations reportées dans l'arrêté contesté, un autre enfant mineur, sa mère et ses frères et sœurs et où il n'est pas établi que son enfant, B, ne pourrait pas y poursuivre utilement sa scolarité. Par suite, Mme F n'est pas fondée à soutenir que, par le refus de lui accorder un titre de séjour, la mesure d'obligation de quitter le territoire français et le refus de lui accorder un délai de départ volontaire prononcées contre elle, le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Pour les mêmes motifs, Mme F n'est pas fondée à soutenir que les décisions contestées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision désignant le pays de renvoi :
11. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle a été déterminé le pays à destination duquel elle sera reconduite serait illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
12. Le préfet a fixé le pays dont Mme F a la nationalité ou tout autre pays où elle justifierait être légalement admissible après avoir visé notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et relevé que les craintes exprimées par l'intéressée en cas de retour en Géorgie ont été jugées infondées tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que par la Cour nationale du droit d'asile et que, compte tenu de ces éléments et de ceux portés à la connaissance de l'administration préfectorale, elle n'établissait pas être exposée à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où elle serait légalement admissible. Par suite, ayant exposé les considérations de droit et de fait dont il a tenu compte, le préfet a suffisamment motivé sa décision désignant le pays de renvoi. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit donc être écarté.
13. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, alors Mme F ne présente aucun élément suffisamment précis et circonstancié quant à la réalité et l'actualité des risques auxquels elle prétend être exposés en cas de retour en Géorgie, le moyen tiré de la méconnaissance du dernier alinéa de l'article L. 721-4 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Les circonstances que Mme F réside en France depuis cinq ans, justifierait d'attaches et d'une insertion professionnelle sur le territoire français et ne constitue pas une menace pour l'ordre public ne peuvent être regardées comme présentant un caractère humanitaire au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13, compte tenu de la protection dont elle bénéficie de la part des autorités de son pays, la circonstance qu'elle a subi des violences conjugales et des faits de harcèlement en Géorgie ne constituent pas, dans les circonstances de l'espèce, une circonstance humanitaire pouvant justifier l'absence d'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français.
15. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander au tribunal d'annuler le premier arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 25 avril 2023 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, désigne le pays de renvoi et lui oppose une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :
16. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté d'assignation à résidence contestée que cette mesure d'exécution a été prise sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif, notamment, que la mise à exécution de la mesure d'éloignement dont Mme F fait l'objet demeure une perspective raisonnable. Cet arrêté indique également les fondements juridiques et les motifs justifiant l'obligation de pointage et la limitation de son périmètre de circulation à la commune de Rennes. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit être écarté.
17. Une assignation à résidence et les mesures de surveillance associées constituant une mesure d'exécution d'une décision d'éloignement, le principe de l'éloignement de l'étranger du territoire français est acquis pour leur édiction. Il en résulte que la circonstance que le préfet n'ait pas, dans son arrêté d'assignation à résidence, réexposé les éléments de la situation familiale et professionnelle de Mme F, n'est pas propre à révéler que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet et approfondi de sa situation pour l'adoption de cet arrêté. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
18. De même, alors que l'objet d'une mesure d'assignation à résidence consiste à faciliter l'exécution d'une mesure d'éloignement, elle ne consiste pas pour autant à décider de cet éloignement. La requérante ne saurait donc utilement soutenir la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou une erreur manifeste d'appréciation de la mesure d'assignation à résidence en faisant valoir des considérations relatives aux conséquences de son éloignement du territoire français. L'intéressée n'ayant exposé aucune difficulté propre aux contraintes supplémentaires que ferait peser sur elle la mesure d'assignation ou les mesures de surveillance associées, notamment au titre de sa vie privée et familiale, il y a lieu d'écarter ces deux moyens.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme F à fin d'annulation des deux arrêtés du préfet d'Ille-et-Vilaine du 25 avril 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il ne peut être mis à la charge de l'État une somme à verser au conseil de Mme F au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : Mme F est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé un titre de séjour à Mme F et leurs conclusions accessoires à fin d'injonction sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal statuant dans le délai et selon la procédure prévue à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à la sous-section 1 de la section 2 du chapitre VI du titre VII du livre VII du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme F est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
W. DLa greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026