vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2302523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10, 24 et 25 mai 2023, Mme B A, représentée par Me Blévin, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du président du centre communal d'action sociale de Rennes du 17 février 2023, portant suspension de ses fonctions à compter du 12 janvier 2022 ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Rennes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête est recevable : la décision en litige, du 17 février 2023, n'est pas confirmative de celle du 12 janvier 2022, dès lors qu'elles n'ont pas le même objet ni le même effet ; l'arrêté du 12 janvier 2022 la suspend de ses fonctions à l'issue de son arrêt maladie, quand celui du 17 février 2023 la suspend rétroactivement de ses fonctions sans, précisément, tenir compte des arrêts maladie dont elle bénéficie ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation professionnelle et financière ; elle a pour conséquence de l'obliger à rembourser les traitements et primes perçus depuis le 12 janvier 2022, soit la somme de 12 398,17 euros, et de la priver de traitement ; elle ne peut plus assumer les charges de son foyer, dont elle justifie ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle méconnaît le droit à congé maladie des agents publics, garanti par les dispositions des articles L. 115-3 et L. 822-1 du code général de la fonction publique ;
* elle ne peut être légalement suspendue de ses fonctions à compter du 12 janvier 2022, étant placée en arrêt maladie depuis le 7 septembre 2021 ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations du fonctionnaire, dès lors qu'elle porte suspension de traitement, primes et indemnités liées à l'exercice des fonctions, ce que ces dispositions ne permettent pas ;
* elle méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
* elle est illégale, du fait de l'illégalité de l'arrêté du 12 janvier 2022, laquelle illégalité procède des mêmes moyens et motifs que ceux précédemment évoqués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, le centre communal d'action sociale de Rennes, représenté par la Selarl Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la décision en litige du 17 février 2023 est purement confirmative de celle du 12 janvier 2022 ;
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : le décret n° 2023-368 du 13 mai 2023, publié le lendemain au journal officiel, a suspendu, en son article 1er, l'obligation de vaccination contre la covid-19 prévue par l'article 12 de la loi du 5 août 2021, de sorte que les effets de la décision en litige sont également suspendus ; la rémunération de Mme A a été rétablie à compter de la date d'entrée en vigueur de ce décret ; l'intéressée a été invitée à un entretien, devant avoir lieu le 26 mai 2023, pour envisager les modalités de sa réaffectation ; par ailleurs, les seuls documents produits n'établissent pas l'existence d'une atteinte grave et immédiate à la situation financière de l'intéressée, notamment une impossibilité à assumer les charges de son foyer ; si elle a reçu un bulletin de salaire négatif, le courrier qui l'accompagne précise qu'un titre de recette sera ultérieurement émis, qu'il lui appartiendra de contester ;
- Mme A ne soulève aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* son signataire bénéficie d'une délégation de signature ;
* elle ne méconnaît pas le droit à congé maladie : la position administrative de congé maladie ne découle pas automatiquement de la transmission d'un arrêt de travail, l'administration employeur pouvant notamment faire contrôler le bien-fondé d'un arrêt de travail par un médecin agréé ; en l'espèce, Mme A a été placée en congé pour raison de santé, sur la base des arrêts de travail successivement transmis, à compter du 7 septembre 2021 ; elle a ensuite été suspendue de ses fonctions, pour non-respect de son obligation vaccinale, à compter du 12 janvier 2022 ou à l'issue de son arrêt maladie ordinaire s'il devait être prolongé ; le médecin agréé qui l'a examinée le 7 décembre 2022 a conclu au caractère non justifié des arrêts maladie, depuis l'origine, et cet avis est devenu définitif, faute d'avoir été contesté ; l'intéressée n'a pas davantage transmis de certificats médicaux faisant mention d'une aggravation de son état de santé ou d'une nouvelle affection ;
* la décision en litige vise à régulariser la situation de Mme A, de sorte qu'elle n'est pas illégalement rétroactive ;
* elle ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique ;
* la décision du 12 janvier 2022 n'est pas illégale, outre qu'elle est définitive.
Vu :
- la requête au fond n° 2302511, enregistrée le 9 mai 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n° 2023-368 du 13 mai 2023 relatif à la suspension de l'obligation de vaccination contre la covid-19 des professionnels et étudiants ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 mai 2023 :
- le rapport de Mme Thielen,
- les observations de Me Blévin, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens qu'il développe,
- les observations de Me Dufour, représentant le centre communal d'action sociale de Rennes, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes moyens et arguments qu'il développe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est agent social principal de première classe du centre communal d'action sociale de Rennes, exerçant ses fonctions au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de Cleunay, en qualité d'agent d'hébergement et de restauration. Placée en arrêt maladie depuis le 7 septembre 2021, elle a été suspendue de ses fonctions pour non-respect de l'obligation vaccinale issue de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021, par arrêté du 12 janvier 2022, à compter de cette date ou à l'issue de son arrêt maladie ordinaire s'il était prolongé. À l'issue d'une année de congé maladie ordinaire, le centre communal d'action sociale a fait procéder à une expertise sur l'aptitude de Mme A à exercer ses fonctions. Le médecin agréé a conclu, le 7 décembre 2022, que les arrêts depuis le 7 septembre 2021 ne relevaient pas d'un congé maladie mais d'une suspension pour refus de vaccination obligatoire et que Mme A était apte à l'exercice de ses fonctions. Considération prise de ces conclusions, le centre communal d'action sociale de Rennes a, par arrêté du 17 février 2023, suspendu Mme A de ses fonctions à compter du 12 janvier 2022 et jusqu'à présentation des justificatifs de vaccination requis pour l'exercice des fonctions. Mme A a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cette décision et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision qu'elle conteste, Mme A soutient qu'elle préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation professionnelle et financière, dès lors qu'elle a pour conséquence de la priver de traitement et de l'obliger à rembourser les traitements et primes perçus depuis le 12 janvier 2022, soit la somme de 12 398,17 euros, la mettant dans l'impossibilité d'assumer les charges de son foyer, dont elle justifie.
5. Il résulte toutefois de l'instruction que par l'effet de l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 1er du décret n° 2023-368 relatif à la suspension de l'obligation de vaccination contre la covid-19 des professionnels et des étudiants, la suspension de fonction de Mme A a été suspendue à compter du 15 mai 2023 et sa rémunération rétablie à cette même date, ainsi qu'elle en a d'ailleurs été informée par courrier du 22 mai 2023. Dans ces circonstances, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision qu'elle conteste continue, à la date de la présente ordonnance, de préjudicier significativement à ses droits et sa situation financière.
6. Si Mme A soutient par ailleurs que la décision en cause l'oblige à rembourser la somme de 12 398,17 euros, au titre des traitements indument perçus, il résulte de l'instruction, d'une part, que la décision en litige n'a ni pour objet, ni pour effet, de procéder à la récupération de sommes éventuellement indument versées et, d'autre part, que le bulletin de salaire négatif édité en mars 2023 a pour seul objet de justifier du détail des montants et de l'exigibilité des sommes considérées comme dues par le centre communal d'action sociale de Rennes, constituant ainsi un acte préparatoire à un titre exécutoire dont le courrier d'accompagnement du bulletin de solde annonce l'émission prochaine, qu'il appartiendra le cas échéant à Mme A de contester, si elle s'y estime fondée.
7. Aucune des circonstances avancées par Mme A n'apparaît ainsi de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
8. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles ces dispositions subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 février 2023 ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre communal d'action sociale de Rennes qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que le centre communal d'action sociale de Rennes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. Par ailleurs, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Rennes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre communal d'action sociale de Rennes.
Fait à Rennes, le 26 mai 2023.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026