mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2302629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2023, et un mémoire, enregistré le 19 juillet 2023, Mme C A B, représentée par Me Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mars 2023 rejetant la demande formée le 1er février 2023 tendant à l'abrogation de l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter du jugement ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ou de réexaminer son droit au séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A B, ressortissante comorienne née le 31 décembre 1968, soutient que :
- son recours est recevable dès lors qu'il est dirigé contre un refus d'abrogation d'un acte non réglementaire ;
- contrairement à ce qu'avait retenu le préfet, elle était, en qualité d'ascendante directe à charge d'un ressortissant français, dispensée de la présentation de l'autorisation spéciale exigée par l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus d'abrogation du refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le refus d'abrogation de l'obligation de quitter le territoire français viole l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle souffre de problèmes de santé et nécessite l'assistance de ses filles majeures ;
- le refus d'abrogation de la décision fixant le pays de destination est illégal dès lors qu'un ressortissant étranger ne peut légalement être renvoyé vers Mayotte et qu'elle n'a plus de liens avec les Comores.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le recours est irrecevable dès lors qu'il est dirigé contre un arrêté de refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, lequel est désormais définitif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Jouno a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet :
1. Le recours est dirigé contre la décision du 17 mars 2023 rejetant la demande formée le 1er février 2023 tendant à l'abrogation de l'arrêté du 17 mai 2022, lequel refusait à Mme A B le séjour, l'obligeait à quitter le territoire français et fixait les Comores comme pays de renvoi, et non pas directement contre cet arrêté du 17 mai 2022. Dès lors, contrairement à ce que soutient le préfet, ce recours ne saurait être regardé comme irrecevable au motif que l'arrêté du 17 mai 2022 n'a pas été contesté devant le tribunal administratif dans le délai contentieux.
2. Au surplus, malgré les circonstances que l'arrêté du 17 mai 2022 n'a pas modifié la situation de Mme A B au regard du droit du séjour et que celle-ci pouvait, postérieurement à cet arrêté, solliciter à nouveau la délivrance d'un titre de séjour, il lui appartenait, si elle s'y croyait fondée, et s'il y avait modification dans les circonstances de fait ou dans la réglementation applicable, de demander à l'autorité administrative l'abrogation du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français dont celui-ci était assorti. Par suite, il ne saurait être soutenu que l'abrogation de l'arrêté du 17 mai 2022 serait dépourvue de portée et que les conclusions tendant à l'annulation du rejet de la demande d'abrogation de cet arrêté seraient, pour ce motif, irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation du refus d'abrogation de l'arrêté du 17 mai 2022 :
3. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () / L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. ".
4. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'arrêté précité du 17 mai 2022, Mme A B a été hospitalisée en décembre 2022 en service de pneumologie, après avoir été hospitalisée en réanimation, et a vu, au cours de l'année 2022, son état de santé général se dégrader. Il ressort au surplus du certificat d'hospitalisation que Mme A B, qui avait subi un accident vasculaire cérébral ischémique en novembre 2021, souffrait depuis lors de troubles cognitifs et était par ailleurs atteinte d'hypertension artérielle ainsi que de diabète de type II. Dans ce contexte nouveau, marqué par une perte d'autonomie avérée de Mme A B, et alors qu'il est constant que ses trois filles, ressortissantes françaises, qui la prennent en charge, résident habituellement sur le territoire métropolitain et qu'elle ne dispose plus d'attaches personnelles ou familiales aux Comores, le préfet du Morbihan ne pouvait, sans apporter une restriction disproportionnée au droit garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, refuser, par sa décision du 17 mars 2023, de procéder à l'abrogation de l'arrêté du 17 mai 2022. Sans qu'il soit besoin d'examiner le surplus des moyens, cette décision doit donc être annulée.
Sur l'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
7. Compte tenu de ce qui vient d'être mentionné, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Morbihan de délivrer à Mme A B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 17 mars 2023 rejetant la demande formée le 1er février 2023 tendant à l'abrogation de l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Morbihan de délivrer à Mme A B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
T. JounoL'assesseur le plus ancien,
signé
E. Albouy
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026