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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2302761

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2302761

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2302761
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCIMADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2023 à 12h14, M. D A, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " au titre de l'admission exceptionnelle au séjour.

Il soutient que :

- la compétence de la signataire de l'acte n'est pas établie ;

- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision lui interdisant le retour français pour une durée de deux ans est illégale dès lors que le préfet ne s'est pas prononcé sur la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France ;

- elle est manifestement disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;

- il est fondé à demander à ce que soit substitué au motif fondant la décision portant au requérant obligation de quitter le territoire français dans l'arrêté attaqué celui tiré de ce que l'intéressé entre dans le champ du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- l'ordonnance du 24 mai 2023 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. A pour un délai maximum de vingt-huit jours ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme René, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme René,

- les observations de Me Le Bourhis, avocate commise d'office représentant M. A, qui maintient les conclusions de la requête et demande en outre à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Maritime de prononcer l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ; elle abandonne le moyen tiré du défaut de motivation mais soutient en revanche que les décisions attaquées, en particulier les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant le retour en France pour une période de deux ans, sont entachées d'une insuffisance de motivation ; elle développe les autres moyens de la requête ;

- et les explications de M. A.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 19 octobre 1978, est selon ses déclarations entré irrégulièrement en France en 2009 ou 2010. Le 28 juillet 2011, il a fait l'objet d'un arrêté lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Son recours contre cet arrêté a été rejeté par le tribunal administratif de Rouen par un jugement du 14 novembre 2011, confirmé par un arrêté de la cour administrative d'appel de Douai du 5 juin 2012. L'intéressé s'est maintenu sur le territoire français de manière irrégulière. Par un arrêté du 28 juillet 2016 confirmé par le magistrat désigné du tribunal administratif de Rouen, il a fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai. Il s'est à nouveau maintenu sur le territoire français après que la prolongation de son placement en rétention administrative a été annulée par la cour d'appel de Rouen le 5 août 2016. Le 5 octobre 2020, M. A a sollicité un titre de séjour, dont la délivrance a été refusée par un arrêté du 30 août 2021 l'obligeant en outre de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Son recours contre cet arrêté a été rejeté par le tribunal administratif de Rouen le 5 mai 2022 puis par la cour administrative de Douai. L'intéressé s'est à nouveau maintenu sur le territoire français et, à la suite de la garde à vue dont il a fait l'objet le 20 mai 2023 pour des faits d'exhibition sexuelle, le préfet de la Seine-Maritime, par un arrêté du 21 mai 2023, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, le préfet de la Seine-Maritime a, par un arrêté du 20 avril 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de ce département, donné délégation de signature à M. B C, en sa qualité de sous-préfet du Havre, à l'effet de signer toute décision relevant des attributions de l'Etat dans les limites de l'arrondissement du Havre, à l'exception de celles prises dans quatre matières qui ne relèvent pas de la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à reprendre tous les éléments relatifs à la situation personnelle de M. A, précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles les décisions attaquées ont été prises et répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de la Seine-Maritime a pris en considération ses éventuelles attaches en France en indiquant qu'il était célibataire et sans enfant, M. A se prévalant, au demeurant, seulement d'une activité de bénévolat et de la présence en France d'oncles et de tantes qu'il déclare ne plus avoir vus depuis le décès de son père en 2019. De plus, la décision l'obligeant à quitter le territoire français, prise sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que l'intéressé ne présente aucun document l'autorisant à résider en France et se maintient volontairement en situation irrégulière, est suffisamment motivée. De même, la décision lui portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans comporte une motivation suffisante dès lors que, fondée sur l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle relève en particulier que M. A se maintient volontairement en séjour irrégulier sur le territoire français depuis les refus de délivrance de titre de séjour prononcés à son encontre, qu'il se trouve depuis plusieurs années sur le territoire français uniquement parce qu'il n'a pas respecté trois précédentes mesures d'éloignement, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Sénégal selon ses dires et qu'il représente une menace pour l'ordre public en ce qu'il a déjà fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement et a été placé en garde à vue pour des faits d'exhibition sexuelle. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / ( ) 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Par ailleurs, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie.

7. Le préfet de la Seine-Maritime, qui indique dans son mémoire en défense communiqué au requérant que la mention par l'arrêté attaqué du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constitue une erreur de plume, a sollicité une substitution de motif de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français. Il demande ainsi à substituer à son motif initial celui tiré de ce que l'intéressé entre dans le champs d'application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il se maintient volontairement en situation irrégulière et n'a pas sollicité de nouveau son admission au séjour depuis le dernier refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, entré en France en 2009 ou 2010 selon ses déclarations, s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour à deux reprises, par des arrêtés des 28 juillet 2011 et 30 août 2021, ses recours contre ces arrêtés ayant été rejetés par le tribunal administratif de Rouen et la cour administrative d'appel de Douai. Sa durée de présence en France s'explique seulement par ses demandes de titre de séjour et son maintien irrégulier en dépit de trois précédentes mesures d'éloignement. S'il ressort des pièces du dossier qu'au cours des premières années de sa présence en France, d'une part, il a accompagné son père, au domicile duquel il résidait, tant dans le suivi médical dont ce dernier bénéficiait que dans ses démarches administratives et sa vie quotidienne, et, d'autre part, il a participé entre 2009 et 2019 à la vie d'une communauté religieuse, M. A n'apporte aucun élément quant à ses attaches personnelles, familiales ou professionnelles en France depuis le décès de son père en 2019. Désormais domicilié au centre communal d'action social d'Elbeuf selon sa requête, il déclare par ailleurs qu'il n'a plus de contact régulier avec ses oncles et tantes qui résideraient encore en France, que sa mère réside au Sénégal et que ses sœurs vivent en Espagne. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. A a été interpellé et placé en garde à vue le 20 mai 2023 pour des faits d'exhibition sexuelle, le requérant contestant ces faits. Il a par ailleurs indiqué à l'audience avoir déjà été interpellé pour des faits similaires en 2016, dont il conteste également la matérialité. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et alors même que M. A conteste les faits d'exhibition sexuelle qui lui sont reprochés, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance par les décisions attaquées des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont seraient entachées ces décisions doit être écarté.

9. Il résulte de l'instruction, eu égard en particulier à l'existence de l'arrêté du 30 août 2021 refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour et à l'absence de nouvelle demande de titre de séjour depuis cet arrêté, que le préfet aurait pris une nouvelle décision l'obligeant à quitter le territoire français en se fondant sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il y a lieu de substituer ce motif à celui mentionné dans la décision attaquée, cette substitution ne privant pas le requérant d'une garantie.

10. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-7 du même code : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour. () "

11. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

12. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, la décision interdisant M. A de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans est suffisamment motivée. En particulier, il ressort de la motivation de l'arrêté que le préfet a pris en compte les quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour limiter à deux ans la durée de cette mesure d'interdiction de retour.

13. D'autre part, le requérant n'invoquant aucune circonstance particulière à caractère humanitaire justifiant que le préfet ne prenne pas de décision d'interdiction de retour sur le territoire français, c'est à bon droit que le préfet de la Seine-Maritime a décidé d'assortir la décision l'obligeant à quitter le territoire français d'une telle interdiction. De plus, eu égard à ce qui a été dit au point 8 du présent jugement, compte tenu de la durée du séjour de l'intéressé en France, de l'absence de justifications de liens particulièrement intenses sur le territoire français et de la circonstance qu'il n'a pas exécuté les trois précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet, et à supposer même que les faits d'exhibition sexuelles qui lui sont reprochés ne pourraient être regardés comme établis, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui portant interdiction de retour en France pour deux ans serait disproportionnée. Le moyen tiré de la méconnaissance par cette décision des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Seine-Maritime.

Lu en audience publique, le 26 mai 2023.

La magistrate désignée,

signé

C. RenéLa greffière d'audience,

signé

J. Jubault

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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