mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2302804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2023, M. A B, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet du Morbihan lui a fait obligation de quitter dans un délai de trente jours le territoire français à destination de la Géorgie ;
3°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement et subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de cet arrêté dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation au regard de son état de santé et de la demande de titre de séjour qu'il avait déposée devant le préfet d'Ille-et-Vilaine ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les règles de procédure prévues à l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du même code eu égard à son état de santé ;
- la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux risques encourus pour sa vie s'agissant de son état de santé ;
- il justifie d'éléments sérieux permettant la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué jusqu'à l'examen de sa situation par la Cour nationale du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que cette requête est dépourvue de bien-fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Kolbert, président,
- les observations de Me Semino, substituant Me Le Strat représentant M. B, et celles de M. B, assisté d'une interprète.
Le préfet du Morbihan n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. B, né en 1980, ressortissant de Géorgie, pays d'origine sûr ainsi qu'il résulte de la décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) adoptée le 9 octobre 2015 dans les conditions prévues par l'article L. 722-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable, est entré en France le 21 novembre 2022, et il y a sollicité, le 6 janvier 2023, le bénéfice du statut de réfugié. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a, par une décision du 17 février 2023 notifiée le 22 février suivant, rejeté cette demande. Alors que l'intéressé a contesté cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le préfet du Morbihan a, par un arrêté du 26 avril 2023 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décidé de l'obliger à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé la Géorgie comme pays de destination d'une mesure d'éloignement forcé. C'est l'arrêté attaqué.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'alors que M. B était, au moment de sa demande d'asile, domicilié dans le département d'Ille-et-Vilaine, il y a déposé, le 13 février 2023 une demande de titre de séjour pour raisons de santé et qu'il a alors obtenu, de la part de la préfecture de ce département, un rendez-vous pour y finaliser sa demande, le 16 juin 2023. M. B a ensuite, le 9 mars 2023, été informé, par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de ce que son hébergement comme demandeur d'asile était transféré dans le département du Morbihan. L'annulation pure et simple du rendez-vous à laquelle la préfecture d'Ille-et-Vilaine a cru pouvoir procéder, sans autre forme de procès, en réponse à l'intéressé qui s'était enquis de l'autorité compétente auprès de laquelle finaliser sa demande de titre de séjour, eu égard à cette nouvelle orientation, n'a pas eu pour effet de réduire à néant l'existence, dès le 13 février 2023, d'une démarche positive, de sa part, de demande de titre de séjour en raison de son état de santé auprès de l'autorité alors territorialement compétente et à qui il incombait de la transmettre à l'autorité compétente conformément aux dispositions de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le préfet du Morbihan, réputé saisi de cette demande et qui aurait pu légalement, après l'avoir instruite, prendre, en application du dernier alinéa de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une mesure d'éloignement justifiée tout à la fois par un refus définitif d'asile et un refus de titre de séjour, s'est toutefois abstenu de se prononcer sur cette demande de titre de séjour pour motifs de santé et doit ainsi être regardé comme n'ayant pas procédé à un examen suffisant de la situation de l'intéressé. Sa décision est donc entachée d'une erreur de droit en justifiant l'annulation sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du préfet du Morbihan du 26 avril 2012, obligeant M. B à quitter le territoire français dans les trente jours et fixant le pays de destination, doit être annulé en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement d'annulation implique seulement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un réexamen de la situation de M. B et la délivrance à l'intéressé, dans l'intervalle, d'une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Morbihan d'y procéder dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
6. Eu égard à l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2023 portant obligation de quitter le territoire français, les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté, d'ailleurs présentées à titre subsidiaire, sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
7. L'État étant partie perdante à l'instance, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à Me Le Strat d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous la double réserve que soit accordée, à titre définitif, l'aide juridictionnelle au requérant et que son avocate renonce au bénéfice de la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du préfet du Morbihan du 26 avril 2023 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Morbihan de réexaminer la situation de M. B dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'intervalle, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'État versera à Me Le Strat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous la double réserve que soit accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et que son avocate renonce à la part contributive de l'État à l'exercice de cette mission.
Article 5 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Le Strat et au préfet du Morbihan.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
Le président,
signé
E. KolbertLa greffière
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026