mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303383 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BUDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2023, M. B A, représenté par Me Budet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au centre national de gestion des praticiens hospitalier de transmettre son dossier à la commission nationale d'autorisation d'exercice pour qu'il soit examiné lors de la séance dédiée à la spécialité de radiologie, prévue le 11 juillet 2023, puis de statuer sur sa situation et de lui notifier sa décision dans les 48 h suivant cette séance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du centre national de gestion des praticiens hospitaliers la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est titulaire d'un diplôme de spécialiste en radiologie, délivré par la faculté de Bujumbura en 2016, ainsi que d'un diplôme de formation médiale spécialisée en radiodiagnostic et imagerie médicale, délivré par la faculté de médecine de l'université de Rennes 1 en 2017 ; il a sollicité l'autorisation d'exercice dans sa spécialité auprès du centre national de gestion des praticiens hospitaliers ; il a été auditionné par la commission nationale d'autorisation d'exercice en décembre 2021, qui a émis un avis favorable à la prescription d'un parcours de consolidation des compétences d'une durée d'un an ; il a été affecté dans les services d'imagerie médicale du centre hospitalier universitaire de Rennes à hauteur de 80 % et du centre hospitalier de Redon à hauteur de 20 %, du 1er mai 2022 au 30 avril 2023 ;
- il a transmis son dossier au centre national de gestion des praticiens hospitaliers, pour transmission à la commission nationale d'autorisation d'exercice, dès le 30 mars 2023 ; il a complété son dossier le 24 avril 2023, en transmettant le rapport d'évaluation signé par la directrice des affaires médicales et le président de la CME ; il a toutefois été informé de ce qu'aucune séance de la commission n'était prévue en mai 2023 dans sa spécialité, et de ce que son dossier ne pourrait non plus être examiné lors de la séance de la commission prévue le 11 juillet 2023, dédiée à sa spécialité ;
- il a demandé au centre national de gestion des praticiens hospitaliers de transmettre son dossier à la commission nationale, par courrier du 17 mai 2023, resté sans réponse ;
- cette carence à examiner son dossier fait obstacle à ce qu'il puisse travailler, ce qui le prive de ses revenus, et l'expose à une mesure d'éloignement du territoire français, son titre de séjour étant expiré depuis le 10 mai 2023 ;
- cette carence porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de libre exercice de sa profession ; il a toujours donné entière satisfaction et a accompli l'ensemble des diligences requises pour finaliser et approfondir sa formation professionnelle ;
- le centre national de gestion des praticiens hospitaliers est dans l'incapacité de traiter les dossiers de demande d'autorisation d'exercice ;
- cette situation caractérise une atteinte à son droit de ne pas subir de carences dans le fonctionnement des services de l'administration ; il appartient au centre national de gestion des praticiens hospitaliers de saisir la commission nationale d'autorisation d'exercice de sa spécialité.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 ;
- le décret n° 2020-1017 du 7 août 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier objectivement, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
4. Aux termes de l'article 83 de la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007 : " / () IV. / () / B. - Par exception au sixième alinéa du I de l'article 60 de la loi n° 99-641 du 27 juillet 1999 précitée et au huitième alinéa du I de l'article 69 de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 précitée, les médecins titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un État non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen et permettant l'exercice de la profession dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre, présents dans un établissement entre le 1er octobre 2018 et le 30 juin 2019 et ayant exercé des fonctions rémunérées, en tant que professionnel de santé, pendant au moins deux ans en équivalent temps plein depuis le 1er janvier 2015 se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'un dossier de demande d'autorisation d'exercice avant le 30 juin 2021 ou au plus tard trois mois après la date de cessation de l'état d'urgence sanitaire déclaré par l'article 4 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, le cas échéant prolongé dans les conditions prévues par cet article. / La commission nationale d'autorisation d'exercice mentionnée au I de l'article L. 4111-2 du même code émet un avis sur la demande d'autorisation d'exercice du médecin. L'instruction préalable de chaque dossier est assurée par une commission régionale constituée par spécialité et présidée par le directeur général de l'agence régionale de santé. La commission régionale précitée est dissoute au plus tard le 31 décembre 2022. / La commission régionale mentionnée au deuxième alinéa du présent B peut auditionner tout candidat relevant de la spécialité concernée. Elle formule, après examen du dossier, une proposition à la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente. Cette proposition consiste : / 1° Soit à délivrer une autorisation d'exercice ; / 2° Soit à rejeter la demande du candidat ; / 3° Soit à prescrire un parcours de consolidation des compétences d'une durée maximale équivalente à celle du troisième cycle des études de médecine de la spécialité concernée. Ce parcours peut comprendre de la formation pratique et théorique. / La commission régionale de spécialité transmet le dossier de chaque candidat, accompagné de sa proposition, à la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente. / La commission nationale émet, après examen de chaque dossier, un avis destiné au ministre chargé de la santé. / Cette commission doit avoir auditionné tout candidat pour lequel elle émet un avis visant à l'obtention directe d'une autorisation d'exercice ou au rejet de sa demande. / Elle peut auditionner les autres candidats. / Le ministre chargé de la santé ou, sur délégation, le directeur général du Centre national de gestion peut, au vu de l'avis de la commission nationale : / a) Soit délivrer une autorisation d'exercice ; / b) Soit rejeter la demande du candidat ; / c) Soit prendre une décision d'affectation du médecin dans un établissement de santé en vue de la réalisation du parcours de consolidation des compétences qui lui est prescrit, d'une durée maximale équivalente à celle du troisième cycle des études de médecine de la spécialité concernée. À l'issue de son parcours de consolidation des compétences, le candidat saisit la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente, qui émet un avis destiné au ministre chargé de la santé pour décision de ce dernier. / L'attestation permettant un exercice temporaire dont un candidat a bénéficié au titre du premier alinéa du présent B prend fin : / - lorsque le candidat se voit délivrer une autorisation d'exercice ; - à la date de prise d'effet de son affectation dans un établissement de santé en vue de la réalisation du parcours de consolidation des compétences ; / - en cas de refus du candidat de réaliser le parcours de consolidation des compétences qui lui est prescrit ; / - en cas de rejet de la demande du candidat ; / - et, en tout état de cause, au plus tard le 30 avril 2023. / () ".
5. Aux termes de l'article 9 du décret n° 2020-1017 du 7 août 2020 portant application du IV et du V de l'article 83 de la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007 et relatif à l'exercice des professions de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien par les titulaires de diplômes obtenus hors de l'Union européenne et de l'Espace économique européen : " À l'issue du parcours de consolidation des compétences, le directeur de l'unité de formation et de recherche, sur proposition du coordonnateur de diplôme d'études spécialisées, ou le directeur de l'école de sages-femmes, sur proposition du responsable pédagogique, rédige un rapport d'évaluation finale destiné à la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente. Il transmet ce rapport, ainsi que les rapports d'évaluation de chacun des stages, au candidat, au Centre national de gestion et à l'agence régionale de santé. / Le candidat saisit sans délai la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente, qui, au vu du rapport d'évaluation finale, émet l'avis prévu au I de l'article L. 4111-2 ou à l'article L. 4221-12 du code de la santé publique. La commission peut proposer un complément de formation pour une durée qu'elle détermine. / Au vu l'avis de la commission nationale, le directeur général du Centre national de gestion, au nom du ministre chargé de la santé, statue sur la délivrance d'une autorisation d'exercice. Dans le cas où il prescrit un complément de formation, il prend une nouvelle décision d'affectation pour la durée retenue par la commission. Le silence gardé par le directeur général du Centre national de gestion pendant trois mois à compter de la saisine de la commission nationale vaut refus de délivrer l'autorisation ".
6. Au soutien de sa requête, M. A expose qu'il a finalisé son parcours de consolidation des compétences le 30 avril 2023, qu'il a transmis son dossier au centre national de gestion des praticiens hospitaliers dès le 30 mars 2023, complété le 24 avril 2023 par l'envoi de ses rapports d'évaluation, pour qu'il soit transmis à la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente, mais qu'il a été informé de ce qu'il ne serait pas examiné à la séance de cette commission du 11 juillet 2023, dédiée à sa spécialité, et qu'il ne pouvait être assuré de ce que son dossier serait examiné avant de nombreux mois. Il soutient qu'il a de nouveau et vainement demandé que son dossier soit transmis à la commission nationale d'autorisation d'exercice pour examen, par courrier du 17 mai 2023. Il soutient que cette carence du centre national de gestion des praticiens hospitaliers à traiter son dossier porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au libre exercice de sa profession et à son droit de ne pas subir les carences dans l'organisation et le fonctionnement du service public, atteinte qu'il y a urgence à faire cesser, dès lors qu'il est privé du droit de travailler et donc de tout revenu, outre qu'il est exposé à un risque d'éloignement du territoire, son titre de séjour, arrivé à échéance le 10 mai 2023, ne pouvant être renouvelé sans contrat de travail.
7. Il résulte toutefois des dispositions précitées qu'il appartient au candidat de saisir la commission nationale d'autorisation d'exercice à l'issue de son parcours de consolidation des compétences, et que le silence gardé par le directeur général du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers pendant trois mois à compter de la saisine de la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente vaut refus de délivrer l'autorisation sollicitée.
8. Il appartiendra par suite à M. A, dans l'hypothèse où il n'est pas rendu destinataire d'une décision explicite du centre national de gestion des praticiens hospitaliers sur sa situation, de contester, en temps utiles et s'il s'y croit fondé, la décision implicite de refus d'autorisation qui naîtra à l'issue du trois mois de la saisine par ses soins de la commission nationale, saisine intervenue au plus tôt, dans le présent dossier, le 24 avril 2023, lorsqu'il a transmis les rapports d'évaluation de son parcours de consolidation des compétences. En tout état de cause, la seule circonstance que son dossier ne soit pas inscrit à la séance de la commission nationale d'autorisation d'exercice du 11 juillet 2023 dédiée à sa spécialité ne saurait caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale qu'il y aurait urgence à faire cesser dans un délai de quarante-huit heures.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Rennes, le 28 juin 2023.
Le juge des référés,
signé
O. Thielen
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026