jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303505 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS D'AVOCATS MEZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, Mme C A, représentée par la SELAS Mezin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 janvier 2023 par laquelle le préfet des Côtes-d'Armor lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor de lui délivrer un titre de séjour valable ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la SELAS Mézin au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du
10 juillet 1991, à charge pour son avocat de renoncer à percevoir la somme correspondant à la
part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Mme A soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée au sens de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration du fait qu'elle aurait dû faire référence au traité international du
21 septembre 1992 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire relative à la circulation et au séjour des personnes (tel qu'approuvé par la loi n° 94-543 du 28 juin 1994 et publié par le décret n° 95-436 du 14 avril 1995) ;
- elle est entachée d'une erreur de droit car elle aurait dû faire application des stipulations des articles 4, 7, 10 et 14 du traité franco-ivoirien du 21 septembre 1992 et des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- subsidiairement elle aurait pu bénéficier d'une carte de séjour pour " étranger visiteur ", sur le fondement de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée, pour les mêmes raisons que précédemment ;
- la décision de refus de titre de séjour étant illégale, la décision portant obligation de quitter le territoire français se trouve en conséquence privée de base légale ;
- elle porte une atteinte excessive au respect de sa vie privée et familiale, telle que protégé par l'article 8 de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales (CEDH) du 4 novembre 1950 car elle a démarré une vie commune, qui est réelle et stable, avec un ressortissant français et le projet de vie des deux fiancés est légitime ;
- étant actuellement hospitalisée, elle peut donc se prévaloir de l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire est de nature à comporter pour sa situation personnelle des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-l'accord bilatéral entre la France et la Côte d'Ivoire du 21 septembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Descombes.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née en 1964 en Côte d'Ivoire, de nationalité ivoirienne, est entrée en France en décembre 2021 sous couvert d'un visa C, valable pour un séjour de 90 jours du
30 décembre 2021 au 27 juin 2022. Elle a sollicité le 14 septembre 2022 un titre de séjour en qualité de conjoint de Français. Toutefois, Mme A et M. B, de nationalité française, que l'intéressée présente comme son conjoint, ne sont pas mariés, ni pacsés. Le préfet des
Côtes-d'Armor a pris à son encontre le 31 janvier 2023 un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de Mme A, précise les considérations de droit et de fait au vu desquelles elle a été prise et elle répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. En particulier, elle mentionne que l'intéressée n'a pas sollicité de titre de séjour en France aux fins de bénéficier d'un droit au séjour pour raisons médicales, et ne produit, au jour de la présente décision, aucun élément de nature à ce qu'il puisse être considéré que son éloignement du territoire porterait une atteinte grave à sa santé et qu'en conséquence elle devrait faire l'objet d'une prise en charge en France. La circonstance que la décision attaquée ne vise pas les accords bilatéraux relatifs à la circulation et au séjour des personnes conclus par la France avec la Côte d'Ivoire est sans incidence sur sa motivation, dès lors que ces conventions n'ont pas vocation à s'appliquer au cas d'espèce. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la circonstance que la décision attaquée ne vise pas les accords bilatéraux entre la France et la Côte d'Ivoire du 21 septembre 1992 est également sans incidence sur sa légalité, ces conventions n'ayant pas vocation à s'appliquer au cas d'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Mme A soutient vivre en couple depuis le 12 avril 2022 avec M. B, un ressortissant français qui est employé sous contrat à durée indéterminée dans une entreprise locale en tant qu'agent de fabrication depuis le 3 octobre 2022, qu'ils seraient tous deux hébergés chez un particulier à Dinan et auraient l'intention d'emménager dans une maison que ce dernier a acheté, qu'elle serait bénéficiaire d'une pension mensuelle de retraite de plus de 400 euros ainsi que de l'aide médicale d'État et qu'une nièce serait présente sur le territoire français à proximité de son domicile. Toutefois, ce concubinage allégué présente en tout état de cause un caractère récent. Par ailleurs, Mme A n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 57 ans et elle ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, en refusant de lui accorder un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet des Côtes-d'Armor n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et n'a, par suite, méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui apporte la preuve qu'il peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel, indépendamment de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " d'une durée d'un an. / Il doit en outre justifier de la possession d'une assurance maladie couvrant la durée de son séjour et prendre l'engagement de n'exercer en France aucune activité professionnelle () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
7. Il est constant que Mme A n'est pas titulaire d'un visa d'une durée supérieure à trois mois à la possession duquel est subordonnée, en application des dispositions précitées, la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur ". Par ailleurs, si
Mme A indique être prise en charge par M. B, elle n'établit pas disposer des ressources propres exigées par l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En particulier, Mme A n'apporte pas la preuve qu'elle peut vivre de ses seules ressources, dont le montant doit être au moins égal au salaire minimum de croissance net annuel. En effet, les bulletins de pension qu'elle produit sont d'un montant inférieur au niveau requis par les dispositions de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, doit, en tout état de cause être rejeté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
9. Il ne peut être considéré, compte tenu de l'ensemble de ce qui précède, et notamment de ce qui a été exposé au point 5, que le préfet des Côtes-d'Armor aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à Mme A, sur ce fondement, la délivrance d'un titre de séjour, ni porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
11. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, le préfet des Côtes-d'Armor ne peut être regardé, en estimant que l'admission de la requérante au séjour ne répondait pas à des considérations humanitaires et ne se justifiait pas par des motifs exceptionnels, comme ayant entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2, le moyen tiré de d'une insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté,
14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision refusant à Mme A un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la requérante ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
15. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
16. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme ayant été pris en méconnaissance du droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale qu'elle tient des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. De même, le moyen tiré de ce que le préfet des Côtes-d'Armor aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée ne peut être accueilli.
17. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
18. En se bornant à produire une prescription médicale d'un chirurgien orthopédique pour un transport vers la polyclinique de Plouër-sur-Rance du 15 juin 2023, la requérante n'établit aucunement que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, elle ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
19. En dernier lieu, il est constant que Mme A s'est vue refuser la délivrance d'un titre de séjour. Elle entre ainsi dans le champs d'application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant au préfet de prendre une obligation de quitter le territoire français à son encontre. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 31 janvier 2023 du préfet des Côtes-d'Armor.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral litigieux, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la requérante demande au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet des Côtes-d'Armor.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
Mme Tourre, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Descombes L'assesseur le plus ancien,
Signé
L. Tourre
Le greffier,
Signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026