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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2303510

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2303510

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2303510
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantTOUCHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, Mme A C épouse D, représentée par Me Touchard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2023 par lequel le préfet du Morbihan lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a déterminé le pays de destination et l'a obligée à se présenter deux fois par semaine à la gendarmerie d'Even ;

3°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de l'admettre au séjour à compter de la date de notification du jugement à intervenir en lui délivrant un titre de séjour dans un délai maximum de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Morbihan de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, tout en lui délivrant une autorisation de séjour dans les sept jours suivant la notification du jugement, laquelle sera valable pendant la durée d'instruction de sa demande ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la fixation du pays de destination :

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- un retour en Géorgie lui ferait courir un risque tant pour son intégrité physique que psychologique ;

S'agissant de l'obligation de se présenter deux fois par semaine à la gendarmerie d'Elven :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Un mémoire, présenté par Mme D, a été enregistré le 13 septembre 2023, soit postérieurement à la clôture automatique de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tourre,

- les observations de Me Touchard, représentant Mme D,

- et les explications de Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante géorgienne, est entrée en France avec son époux et leur enfant en novembre 2015. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 24 mars 2017 et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 24 octobre 2017. Sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été rejetée 21 mars 2018 par l'OFPRA. Son recours contre cette décision a été rejeté par la CNDA le 24 septembre 2018.

Par arrêté du 29 octobre 2018, le préfet du Morbihan a refusé de délivrer à Mme D un titre de séjour en raison de son état de santé et l'a obligée à quitter le territoire. Le recours contre cette décision a été rejeté par le tribunal administratif de Rennes le 11 juillet 2019, confirmé par la Cour administrative d'appel de Nantes le 12 février 2020. Mme D a déposé une demande de titre de séjour pour raisons de santé le 21 octobre 2019 mais n'a pas donné suite à sa demande et s'est maintenue sur le territoire français de manière irrégulière. Le 16 novembre 2022, l'intéressée a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 février 2023, dont Mme D demande l'annulation, le préfet du Morbihan lui a, de nouveau, refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a déterminé le pays de destination et l'a obligée à se présenter deux fois par semaine à la gendarmerie d'Elven.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Lorsque le préfet, statuant sur la demande de titre de séjour, examine d'office si l'étranger est susceptible de se voir délivrer un titre sur un autre fondement que celui invoqué par celui-ci, tous les motifs de rejet de la demande, y compris donc les motifs se prononçant sur les fondements examinés d'office par le préfet, peuvent être utilement contestés devant le juge de l'excès de pouvoir.

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D aurait sollicité d'autres titres de séjour que celui qu'elle aurait pu obtenir sur le fondement de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet du Morbihan n'a pas, de sa propre initiative, envisagé, comme il lui était loisible de le faire sans y être tenu, l'éventualité de lui accorder un titre de séjour sur un autre fondement. Mme D soutient que le préfet du Morbihan ne démontre pas avoir examiné suffisamment sa situation tant au regard de son état de santé que des conséquences de sa décision sur sa sécurité physique et psychologique, ainsi que sur sa vie personnelle et familiale. La décision refusant à Mme D la délivrance d'un titre de séjour vise les textes dont il est fait application, fait état de la situation administrative de la requérante, notamment concernant le rejet de ses demandes présentées au titre de l'asile, le précédent rejet de sa demande de titre de séjour pour raisons de santé et l'existence d'une précédente mesure d'éloignement prise à son égard. Le préfet du Morbihan indique également les éléments tenant à la situation familiale et personnelle de l'intéressée et statue sur sa demande de titre de séjour déposée au titre de l'article L. 425-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la décision attaquée comporte les considérations de

fait et de droit qui en constituent le fondement. Le préfet du Morbihan n'avait pas à indiquer, de manière exhaustive, l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle et familiale de Mme D, mais en mentionne les éléments pertinents. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, dès lors, être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet du Morbihan ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation de Mme D préalablement à l'édiction de la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme D doit également être écarté.

4. En deuxième lieu, dès lors que, d'une part, Mme D n'a pas formulé de demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que, d'autre part, le préfet du Morbihan n'a pas, de sa propre initiative, envisagé, comme il lui était loisible de le faire sans y être tenu, l'éventualité de lui accorder un titre de séjour sur ces fondements, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions et de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Morbihan au regard de ces dispositions présentent un caractère inopérant.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger accueilli par les organismes mentionnés au premier alinéa de l'article L. 265-1 du code de l'action sociale et des familles et justifiant de trois années d'activité ininterrompue au sein de ce dernier, du caractère réel et sérieux de cette activité et de ses perspectives d'intégration, peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

6. Dans l'arrêté attaqué, le préfet du Morbihan admet que Mme D est membre de la communauté Emmaüs et qu'elle justifie de trois années d'activité ininterrompue au sein de la communauté. Toutefois, à la date de la décision contestée, il estime que l'intéressée ne justifie pas de réelles perspectives d'intégration, dès lors qu'elle ne produit à l'appui de sa demande qu'une promesse d'embauche représentant un temps de travail de quatre heures par semaine en tant que technicienne de surface, ce qui est insuffisant pour justifier de ses conditions d'existence sur le territoire français. Par suite et compte tenu de l'absence de perspectives réelles d'intégration de Mme D, l'autorité préfectorale n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer une carte de séjour sur ce fondement, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Mme D se prévaut de sa présence sur le territoire français depuis cinq ans.

Il ressort toutefois des pièces du dossier que la durée de présence en France de la requérante s'explique par l'examen de ses demandes d'asile et de réexamen par l'OFPRA et la CNDA, par la non-exécution d'une précédente mesure d'éloignement et, enfin, par le délai d'instruction de son dossier par le préfet du Morbihan. En outre, si elle produit la carte de séjour temporaire valable jusqu'au 19 octobre 2023 de son fils B âgé de 20 ans et un contrat de travail de ce dernier, Mme D ne démontre pas avoir noué d'autres liens personnels et familiaux en France alors que son époux a fait l'objet d'un éloignement forcé vers la Géorgie en 2019. Son engagement bénévole auprès des associations Mine de rien, Béthanie accueil, Entraide protestante de Lorient, ses dons réguliers d'argent à une association et son diplôme de donneur de sang bénévole, s'ils démontrent ses qualités humaines, n'établissent pas l'existence en France d'autres liens d'une particulière intensité. Mme D soutient maîtriser le français et démontre avoir suivi des cours à cette fin, ce qui constitue un effort d'intégration. Toutefois, il ne ressort pas de ces éléments, ainsi que de l'existence d'une promesse d'embauche pour un travail de quatre heures par semaine en qualité de technicienne de surface, qu'au regard de la nature, de l'ancienneté et de l'intensité des liens personnels et familiaux de Mme D en France, comparés à ceux qu'elle a conservés en Géorgie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans et où son époux a été éloigné, la décision portant refus de titre de séjour porterait une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale au regard des motifs au vu desquels elle a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté pour les mêmes motifs.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

9. Contrairement à ce que fait valoir Mme D, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision portant refus d'un titre de séjour, dès lors que cette dernière est, ainsi qu'il a été précédemment exposé, régulièrement motivée. En outre, la décision l'obligeant à quitter le territoire français, après avoir visé les textes applicables, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprend suffisamment les éléments relatifs à sa situation et se fonde sur le paragraphe 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la décision attaquée mentionne l'ensemble des circonstances

de fait et des motifs de droit au regard desquels le préfet du Morbihan a décidé d'obliger

Mme D à quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.

10. En deuxième lieu, ainsi qu'il vient d'être exposé, la décision refusant le titre de séjour à Mme D n'est pas entachée d'illégalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision invoquée au soutien des conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire doit être écarté.

11. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des motifs au vu desquels elle a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté pour les mêmes motifs.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumaines ou dégradants ". Il appartient à l'étranger qui invoque la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de justifier de la réalité, de la nature et de la gravité des risques qu'il encourt personnellement dans le pays de renvoi.

13. En se bornant à soutenir que le préfet du Morbihan n'apporte aucune précision quant à ses conditions de retour et de vie dans son pays d'origine et quant aux conséquences extrêmement néfastes pour sa sécurité psychique comme physique alors que son retour en Géorgie lui ferait courir un risque tant pour son intégrité physique que psychologique, Mme D n'établit pas être personnellement et actuellement exposée au risque de subir dans son pays d'origine des traitements prohibés par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors au demeurant que l'OFPRA et la CNDA ont jugé que ses craintes étaient infondées. Par ailleurs, Mme D n'a pas jugé opportun de donner suite à sa seconde demande de titre de séjour pour raisons de santé après le refus que lui a opposé le préfet du Morbihan à ce titre le 29 octobre 2018. Enfin, Mme D n'indique pas en quoi la décision attaquée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens invoqués doivent donc être écartés.

En ce qui concerne l'obligation de se présenter deux fois par semaine à la gendarmerie d'Elven :

14. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme D n'est pas entachée d'illégalité. La requérante n'est, en conséquence, pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

17. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse D et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

Mme Tourre, première conseillère,

Mme Le Berre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

Signé

L. TourreLe président,

Signé

G. Descombes

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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