jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL VALADOU - JOSSELIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2023, M. B A, représenté par la Selarl Valadou-Josselin et associés, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : il ne dispose d'aucun récépissé lui permettant de justifier de son droit à se maintenir sur le territoire et ne peut plus y travailler alors qu'il exerçait une activité rémunérée depuis décembre 2021 ayant bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour en tant que demandeur d'asile valable jusqu'au 6 mai 2023 ; le couple ne dispose d'aucun revenu alors que lui et sa compagne sont parents d'une petite fille de quatre ans ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il n'a pu obtenir de récépissé depuis le début de ses démarches de régularisation ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative : le caractère complet de son dossier de demande de titre de séjour n'a pas été remis en cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite : M. A, en application des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne pouvait se voir remettre un récépissé lorsqu'il a déposé, le 21 février 2022, une demande de titre de séjour " vie privée et familiale " dès lors qu'il a effectué concomitamment une demande d'asile pour laquelle une attestation de demande d'asile lui a été délivrée ; en outre, s'il a pu travailler à compter du 7 décembre 2021, c'est parce que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'avait pas statué dans les six mois de sa saisine sur sa demande d'asile ;
- le requérant a déposé une nouvelle demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et cette demande d'admission exceptionnelle au séjour est toujours en cours d'instruction et ne peut donner lieu à délivrance d'un récépissé ; il a en tout état de cause décidé de réexaminer la situation de M. A au regard de ses liens privés et familiaux en France et notamment au regard de l'intérêt supérieur de sa fille et ce dernier en a été informé le 10 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né le 6 février 1996, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 28 septembre 2019. De son union avec Mme C, arrivée en France peu de temps avant lui, est née le 10 août 2019 une petite fille qu'il a reconnue le 3 octobre 2019. Il a sollicité le 21 février 2022 son admission au séjour au titre de l'asile et a déposé parallèlement une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 18 mars 2022, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 23 mars 2023. Il a alors formé, les 6 avril 2023 et 4 mai 2023, une nouvelle demande de titre de séjour " vie privée et familiale ". Il a adressé, par l'intermédiaire de son conseil, le 26 juin 2023, une demande de récépissé de demande de titre de séjour. En l'absence de réponse, il demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Finistère, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un tel récépissé.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. A justifiant avoir introduit le 5 juillet 2023 une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.
5. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise / () Le récépissé n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le requérant était en situation de demandeur d'asile au moment où il a déposé, le 21 février 2022, sa première demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a bénéficié à ce titre d'une attestation de demande d'asile. Par suite, le préfet n'était pas tenu, à cette date, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour en application des dispositions précitées.
7. D'autre part, à compter de la date de notification de la décision du 23 mars 2023 par laquelle la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours de M. A contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande d'asile, son attestation de demande d'asile ne lui permettait plus de se maintenir sur le territoire français. Il est constant qu'il a été admis à souscrire, le 4 mai 2023, une demande de titre de séjour " vie privée et familiale " au titre d'une admission exceptionnelle au séjour. Il a dès lors droit, et alors qu'il n'est pas contesté que son dossier de demande était complet, à la délivrance d'un récépissé l'autorisant à séjourner sur le territoire français sur le fondement des dispositions précitées. Toutefois, si M. A soutient que l'absence de récépissé fait obstacle à la poursuite de son activité professionnelle, il résulte des dispositions de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il ne peut, eu égard au fondement de sa demande, prétendre à ce que ce document l'autorise à travailler. Enfin, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Finistère a décidé de réexaminer la situation de M. A au regard de ses liens privés et familiaux et notamment de l'intérêt supérieur de sa fille et l'a invité, par courriel du 10 juillet 2023, à lui faire parvenir un certain nombre de documents pour justifier de sa communauté de vie avec la mère de sa fille et de sa participation à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Par suite, en l'état de l'instruction, eu égard en particulier aux évolutions récentes du dossier de M. A, le requérant ne peut être regardé comme justifiant de l'urgence de sa situation au sens de l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'injonction et astreinte :
8. La présente ordonnance n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent, dès lors, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Finistère.
Fait à Rennes, le 13 juillet 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026