lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303691 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | FORCINAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2023, la société Menuiserie Antoine Rémi, représentée par Me Forcinal, demande au juge des référés :
1°) d'annuler, à compter de l'analyse d'offres, la procédure de passation menée par la commune de Pacé ayant pour objet l'attribution du marché public de travaux (lot n° 8 concernant les menuiseries intérieures bois et l'agencement) portant sur l'extension et la réhabilitation de la médiathèque, ainsi que toute décision s'y rapportant ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pacé le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2023, la commune de Pacé, représentée par la société d'avocats Cabinet Coudray, conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées par la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faisant valoir que, par un arrêté de son maire du 25 juillet 2023, la procédure de passation du marché a été déclarée sans suite pour un motif d'intérêt général.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la lettre du 26 juillet 2023 informant les parties de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience publique du 1er août suivant.
Le président du tribunal a désigné M. Vennéguès, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". Aux termes du I de l'article L. 551-2 du même code : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations. ".
2. Si, eu égard aux pouvoirs conférés au juge des référés précontractuels par les dispositions précitées, les parties doivent, avant qu'il ne prononce une mesure prévue par celles-ci, être mises à même de présenter, au cours d'une audience publique, des observations orales à l'appui de leurs observations écrites, il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 2185-1 du code de la commande publique : " L'acheteur peut, à tout moment, déclarer une procédure sans suite. ". Aux termes de l'article R. 2185-2 du même code : " Lorsqu'il déclare une procédure sans suite, l'acheteur communique dans les plus brefs délais les motifs de sa décision de ne pas attribuer le marché ou de recommencer la procédure aux opérateurs économiques y ayant participé. ".
4. Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs conférés au juge administratif en vertu de la procédure spéciale instituée par l'article L. 551-1 du code de justice administrative, ne peuvent être exercés ni après la conclusion du contrat ni lorsque la personne responsable du marché décide, pour un motif d'intérêt général, de ne pas donner suite à la procédure de consultation.
5. Par un avis d'appel public à la concurrence publié le 10 février 2023, la commune de Pacé a engagé une procédure de publicité et de mise en concurrence en vue de l'attribution d'un marché, décomposé en quinze lots, ayant pour objet l'extension et la réhabilitation de la médiathèque. Après que la commune de Pacé a déclaré la procédure infructueuse concernant sept lots dont le lot n° 8, pour lequel la société Menuiserie Antoine Rémi, celle-ci a finalement été informée par courrier du 28 juin 2023 que son offre était rejetée, puis, le 3 juillet suivant, que l'offre retenue était celle de la société Agencement Menuiserie Rochereuil.
6. Postérieurement à l'introduction de la requête, le 25 juillet 2023, la commune de Pacé a décidé, en application de l'article R. 2185-1 du code de la commande publique, de déclarer sans suite sa procédure de passation pour un motif d'intérêt général lié aux incertitudes juridiques pesant sur sa régularité. Cette décision a été portée à la connaissance des deux candidats ayant déposé une offre via la plateforme Megalis. Dès lors, les conclusions présentées par la société Menuiserie Antoine Rémi se rapportant à la procédure de passation en cause sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
7. Eu égard au motif d'intérêt général retenu par la commune de Pacé pour déclarer sans suite la procédure de passation de son marché, tiré " des incertitudes juridiques sur la régularité du recours à la procédure de négociation sans publicité ni mise en concurrence préalables du mois de juin 2023 ", celle-ci peut être regardée comme la partie perdante dans le cadre de la présente instance. Il y a dès lors lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à sa charge une somme de 1 000 euros à verser à la société requérante au titre des frais non compris dans les dépens exposés par cette dernière.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par la société Menuiserie Antoine Rémi sur le fondement des dispositions des articles L. 551-1 et suivants du code de justice administrative.
Article 2 : La commune de Pacé versera à la société Menuiserie Antoine Rémi une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Menuiserie Antoine Rémi, à la commune de Pacé et à la société Agencement Menuiserie Rochereuil.
Fait à Rennes, le 31 juillet 2023.
Le juge des référés,
signé
P. Vennéguès
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026