lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2303774 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 16 juillet et 18 août 2023, M. A B, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 janvier 2023 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer une carte de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer une carte de séjour dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- il méconnaît l'arrêté ministériel du 27 décembre 2016 dès lors que l'arrêté attaqué ne comporte pas les mentions prévues à l'article 6 de cet arrêté ministériel et que l'identification des médecins signataires est impossible ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux ;
- il est entaché d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est cru lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- il méconnaît les stipulations des articles 41 et 47 de la charte des droits fondamentaux ainsi que l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- il viole les dispositions des articles L. 425-9 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire dont elle procède ;
- la fixation de la République démocratique du Congo comme pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 août et 23 août 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Etienvre,
- et les observations de Me Le Strat, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo, serait entré irrégulièrement en France en 2018 alors que, selon ses déclarations, il tentait d'échapper à des persécutions politiques dans son pays. Il a sollicité l'asile le 1er juillet 2020. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 22 novembre 2021. Le recours contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 2 novembre 2022. M. B a fait une demande de titre de séjour pour motifs médicaux le 27 avril 2022. Par arrêté du 18 janvier 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles
R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
3. D'une part, l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), établi le 6 octobre 2022 et produit par le préfet en défense, comporte le nom et la signature des trois médecins ayant siégé au sein de ce collège, soit les docteurs Aranda-Grau, Leclair et Millet, ainsi que la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", laquelle fait foi jusqu'à preuve du contraire. Il permet donc d'identifier clairement les trois médecins signataires.
4. D'autre part, cet avis mentionne que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, celui-ci peut en revanche effectivement bénéficier d'un traitement approprié en République démocratique du Congo eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé. Il précise également que l'intéressé peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Compte tenu de cette appréciation, le collège n'avait pas à se prononcer sur la durée des soins nécessités par son état de santé. Par suite, l'avis du collège de médecins de l'OFII comporte ainsi l'ensemble des mentions exigées par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016.
5. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 et 4 que les moyens tirés de ce que les décisions litigieuses seraient entachées de deux vices de procédures résultant des insuffisances de l'avis de l'OFII doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et en particulier, des motifs de l'arrêté attaqué, que le préfet d'Ille-et-Vilaine, lequel a procédé à une appréciation personnalisée de la situation du requérant, s'est cru lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII et n'aurait pas exercé sa propre compétence.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen : " Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ". Aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Droit à une bonne administration 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : b) le droit d'accès de toute personne au dossier qui la concerne, dans le respect des intérêts légitimes de la confidentialité et du secret professionnel et des affaires ; c) l'obligation pour l'administration de motiver ses décisions. () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la même charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
8. M. B relève qu'en l'état actuel du droit français, l'étranger ayant sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas accès au dossier le concernant, notamment s'agissant de l'examen par l'OFII de la disponibilité d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays, alors que le collège des médecins de l'OFII rend un avis consultatif non motivé sur une base de données opaques, générales et non circonstanciées, selon un raisonnement qui n'est pas contrôlé par le juge. Il fait valoir, en premier lieu, qu'une telle situation méconnaît les b et c du 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, en deuxième lieu que l'étranger se voit ainsi opposer un avis et une décision qu'il ne peut pas discuter précisément à défaut d'en connaître la teneur exacte, en méconnaissance du principe d'égalité des armes et, par suite, du droit à un procès équitable garanti par le 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
9. Toutefois, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par ailleurs, aucune disposition n'impose au préfet de communiquer l'avis de l'OFII préalablement à son arrêté, tandis qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait demandé la communication de cet avis. De la même façon, le collège des médecins de l'OFII n'était pas tenu de communiquer les éléments qui lui ont permis de rendre son avis, en particulier les informations sur lesquelles il s'est fondé pour prendre sa décision. Par suite, ce moyen sera écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
11. La partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
12. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine, se fondant sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 6 octobre 2022, a retenu, ainsi qu'il a été dit, que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut en revanche effectivement bénéficier d'un traitement approprié en République démocratique du Congo eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé. À cet égard, M. B produit des attestations de son médecin traitant et d'un psychiatre chargé de son suivi médical qui font état de la gravité de sa pathologie et de la nécessité d'un traitement régulier. Ces attestations ne se prononcent toutefois pas sur la disponibilité de ce traitement dans son pays d'origine. Par ailleurs, la documentation produite, d'ordre général, sur les difficultés affectant le système de santé congolais, est insuffisante pour établir que M. B ne pourra y bénéficier d'un traitement adapté à sa pathologie. Toutefois, si le requérant soutient que les médicaments et le traitement psychiatrique nécessaires au vu de son état de santé ne sont pas disponibles, le préfet produit en défense une attestation en sens contraire établie par le médecin conseil auprès de l'ambassade de France à Kinshasa. Enfin, si le requérant invoque son état de stress post traumatique lié à des traitements inhumains qu'il aurait subis en République démocratique du Congo en qualité d'opposant politique, il ne ressort pas des certificats médicaux qu'il produit qu'un retour dans son pays d'origine aurait des conséquences sur son état psychologique. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 et du 9° de l'article
L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
14. M. B fait valoir qu'il est présent en France depuis cinq ans sur le territoire français, où réside également son fils qu'il a reconnu en janvier 2023.
15. Il ressort toutefois des pièces du dossier que deux de ses enfants, ses frères et sœurs ainsi que ses parents vivaient en République Démocratique du Congo à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, M. B n'établit pas par la production d'une attestation de la mère de son enfant, de messages laissant seulement supposer qu'il a réalisé des achats pour son fils et d'un cliché photographique le montrant à ses côtés, contribuer à l'entretien et à l'éducation de son fils né et résidant en France qu'il a reconnu de manière récente et postérieurement à la décision contestée. Enfin, le requérant ne justifie pas davantage avoir travaillé depuis son entrée en France et s'il soutient faire partie de l'association " Assemblée pentecôtiste de Rennes ", aucune information ne permet de déterminer la durée et le niveau de son implication au sein de celle-ci qui de surcroit ne constitue pas une activité rémunérée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
17. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est cru lié par l'appréciation portée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile sur les craintes de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine alléguées par le requérant. Par suite, le moyen soulevé à cet égard doit être écarté.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ce dernier texte stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. Ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement, un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'État de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
20. M. B, dont la demande d'asile a été rejetée tant par l'OFPRA que par la CNDA, fait valoir que son activité d'opposant politique en République démocratique du Congo l'expose à des traitements inhumains et dégradants, il n'apporte à l'appui de ces allégations que des documents d'ordre général relatifs aux atteintes aux droits humains dans ce pays et des courriers de ses proches, à l'exclusion de toute pièce établissant l'existence de ses engagements politiques allégués. En outre, il résulte des motifs retenus aux points précédents que l'absence de traitement approprié à la pathologie du requérant en cas de retour dans son pays d'origine n'est pas établie. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 18 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de M. B à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, les demandes présentées par M. B sur le fondement de ces dispositions, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. Etienvre
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. TerrasLa greffière d'audience,
signé
I. Loury
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026