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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2304064

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2304064

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2304064
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBERTHET-LE FLOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, M. D A, représenté par Me Flora Berthet-Le Floch, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour pour raisons médicales sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le même délai, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement au profit de son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête, ayant été précédée d'une demande d'aide juridictionnelle déposée dans le délai de recours contentieux est recevable ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité dont il n'est pas établi qu'elle disposait d'une délégation de signature ;

- il n'est pas établi que la décision a été prise après que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a régulièrement émis un avis ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation ;

- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il souffre de douleurs invalidantes dont le défaut de prise en charge aura des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que les traitements reçus dans son pays d'origine n'ont pas permis de le soulager ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour étant illégale, la décision l'obligeant à quitter le territoire se trouve en conséquence privée de base légale ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français étant illégales, la décision fixant le pays de destination se trouve en conséquence privée de base légale ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en fixant le Bénin ou le Sénégal comme pays à destination desquels il est susceptible d'être reconduit d'office.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Par une ordonnance du 24 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 7 septembre 2023.

Un mémoire complémentaire, présenté par M. A, a été enregistré le

29 septembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

27 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- et les observations de Me Berthet-Le Floch, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A, né le 5 janvier 1982 à Dakar (Sénégal), est entré en France, en dernier lieu, le 3 septembre 2022, sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités françaises de Cotonou (Bénin), valable du 28 août 2022 au 27 février 2023. Le

5 septembre 2022, il a sollicité son admission au séjour pour raisons de santé. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe les pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, Mme C B, directrice des étrangers en France de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, a reçu, par un arrêté préfectoral du 23 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, délégation de signature aux fins de signer la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () ".

4. L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la régularité de la procédure implique notamment que, saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé, le préfet se prononce au vu de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII, émis après avoir pris connaissance du rapport médical rédigé par le médecin de l'OFII auquel le demandeur aura transmis un certificat médical et tout élément relatif à son état de santé.

6. L'avis émis le 26 octobre 2022 par le collège des médecins de l'OFII sur l'état de santé de M. A, produit par le préfet d'Ille-et-Vilaine en défense, suffit à justifier du respect de la procédure issue des dispositions rappelées aux points 4 et 5. Le requérant s'étant borné à invoquer un vice de procédure tenant au défaut de production de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII, ce moyen ne pourra qu'être écarté.

7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision litigieuse ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A au regard de son droit au séjour avant de prendre cette décision. En tout état de cause, l'information, transmise aux services préfectoraux par courriel du 5 mai 2023, selon laquelle le requérant devait se présenter pour des consultations médicales le 29 juin 2023 au centre hospitalier Pontchaillou de Rennes, puis le 29 septembre 2023 à la clinique Saint-Hélier, n'est pas susceptible d'avoir eu une incidence sur l'appréciation portée par le préfet sur la situation de M. A.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ".

9. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. A sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est notamment fondé sur l'avis émis le

26 octobre 2022 par le collège des médecins de l'OFII selon lequel l'état de santé de l'intéressé, d'une part, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et, d'autre part, lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il résulte des termes de la décision contestée que le préfet a également tenu compte des éléments transmis directement par l'intéressé. Si M. A soutient qu'il remplit les conditions permettant de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé, il ne produit, dans le cadre de la présente instance, aucune pièce médicale susceptible de remettre en cause l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII sur son état de santé et sur les conséquences d'un défaut de prise en charge. Les certificats médicaux rédigés postérieurement à l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration attestent uniquement de la nécessité de bénéficier d'un suivi médical, sans précision quant aux conséquences pour l'état de santé de l'intéressé en cas de défaut de prise en charge. Alors que M. A expose que la scintigraphie récemment réalisée a permis de poser un diagnostic plus précis sur la cause de ses douleurs, permettant d'adapter sa prise en charge et de mieux cibler les infiltrations qui lui sont faites, il n'allègue nullement que ce nouveau diagnostic est de nature à modifier l'appréciation portée sur son état de santé. Le certificat médical rédigé le 25 août 2023, postérieurement à la décision attaquée, par un médecin du service de chirurgie orthopédique de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, précisant que l'absence de prise en charge du handicap dont souffre le requérant peut entrainer des difficultés à la marche avec une boiterie importante, une flexion de hanche possible, une réduction du périmètre de marche et de toutes les activités de la vie quotidienne et professionnelles ainsi que des douleurs chroniques et un retentissement sur l'ensemble des autres articulations des membres inférieurs et sur le rachis n'est pas davantage de nature à remettre en cause cette appréciation, dès lors qu'il ne permet pas d'établir que le défaut de cette opération aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour M. A. Au demeurant, il résulte des précisions apportées par le requérant lui-même que la pathologie dont il souffre ne l'empêche pas de voyager, ce qui lui a permis pendant plus de dix ans de se rendre régulièrement en France pour recevoir des soins destinés à soulager les douleurs dont il se plaint, depuis qu'une prothèse totale de la hanche gauche lui a été posée. Les pièces produites dans le cadre de l'instance ne permettent pas de justifier que le suivi médical dont

M. A a bénéficié depuis 2013, sous couvert de visas accordés pour raisons médicales, ne pouvait se poursuivre. Au regard de ces éléments, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, et ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour à M. A n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français n'a pas été prise sur le fondement d'une décision illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

12. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux développés au point 9.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant les pays de destination :

14. En premier lieu, M. A ne démontrant pas l'illégalité des décisions par lesquelles le préfet refuse de lui délivrer un titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Par suite, le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité doit être écarté.

15. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

16. M. A relève que la décision litigieuse mentionne qu'à l'expiration du délai de départ volontaire, il pourra être reconduit d'office à la frontière du Sénégal ou du Bénin, ou de tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible. Le requérant soutient que cette formulation révèle que le préfet n'a pas suffisamment examiné les conséquences de son renvoi vers l'un de ces deux pays, notamment s'agissant de son droit à mener une vie privée et familiale normale. Toutefois, par ces seules allégations, M. A ne conteste pas disposer, ainsi que le préfet l'expose, de la double nationalité, sénégalaise et béninoise. Il n'établit pas que la prise en compte de cette circonstance pour déterminer le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office porterait atteinte au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision fixant les pays de destination doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A ne peuvent dès lors être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au profit de son conseil au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Grenier, présidente,

- Mme Thalabard, première conseillère,

- Mme Pellerin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

M. Thalabard

La présidente,

signé

C. GrenierLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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