mardi 12 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | COHADON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 août 2023 et un mémoire présenté par Me Cohadon, enregistré le 29 août 2023, M. F B A, incarcéré au centre pénitentiaire de Rennes Vezin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 août 2023, par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de revenir sur ce territoire pour une durée d'un an ;
2) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil une somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté dans son ensemble est entaché de plusieurs erreurs de fait ce qui révèle un défaut d'examen suffisant de sa situation ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 20 de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée, outre d'erreurs de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les autres décisions attaquées sont illégales du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision le privant de délai de départ volontaire n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision portant interdiction de retour est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision supprimant le délai de départ volontaire ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête de M. B A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, notamment son article 19-1 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Cohadon, avocate commise d'office, représentant M. B A, et celles de M. B A qui ajoute qu'il a fait plusieurs demandes de titre de séjour depuis son entrée sur le territoire métropolitain ;
- les observations de M. C, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. F B A, né le 4 décembre 2002 et de nationalité comorienne, déclare être entré sur le territoire métropolitain de la France le 24 décembre 2020 sous couvert d'un document de circulation pour étranger mineur délivré à Mayotte, lequel est venu à expiration le 21 juillet 2021. Il s'y est maintenu au-delà de ce terme et, par arrêté du 15 août 2023, pris sur le fondement du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de l'obliger à quitter sans délai le territoire français, de fixer les Comores comme pays de destination et de lui interdire de revenir en France pendant un an. C'est l'arrêté attaqué.
2. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il atteint au plus l'âge de treize ans () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que si le requérant, dont la filiation est établie tant à l'égard de son père, M. A B, titulaire d'une carte de résident en France métropolitaine valable jusqu'en 2025, qu'à l'égard de sa mère, Mme E, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle à Mayotte valable jusqu'en 2024, n'apporte pas la preuve de son arrivée à Mayotte en 2003 comme il le soutient, il justifie, par la production de certificats de scolarité, qu'il a suivi sa scolarité à l'école maternelle de Doujani en 2007-2008, à l'école primaire et élémentaire de Chirongui entre 2008 et 2014, au collège de Tsimkoura entre 2014 et 2018 et au lycée et enfin au lycée polyvalent de Chirongui jusqu'en 2020, date de son arrivée sur le territoire métropolitain, de la France. Il doit ainsi être regardé comme résidant de manière habituelle en France depuis au moins l'âge de cinq ans et peut ainsi se prévaloir des dispositions précitées du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui faisait obstacle à ce que fût prise, à son égard, une décision l'obligeant à quitter le territoire français.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 15 août 2023 du préfet d'Ille-et-Vilaine doit être annulé en toutes ses dispositions.
5. L'État étant partie perdante à l'instance, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à Me Cohadon d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que cette avocate renonce au bénéfice de la part contributive de l'État à l'exercice de sa mission.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 15 août 2023 est annulé.
Article 2 : L'État versera à Me Cohadon une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette avocate renonce à la part contributive de l'État à l'exercice de sa mission.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2023.
Le président,
signé
E. D La greffière,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026