mardi 12 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | MARAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 août 2023, M. C B, représenté par Me Maral, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le préfet du Finistère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, a fixé la Géorgie comme pays de destination et lui a fait interdiction de retour pendant un an ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Maral, représentant M. B, et celles de M. B, assisté d'une interprète.
Le préfet du Finistère n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. B, né le 22 décembre 1986 et de nationalité géorgienne, déclare être entré en France le 26 octobre 2022 et il y a demandé le bénéfice du statut de réfugié le 29 novembre 2022. Par décision du 31 janvier 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a, par décision du 16 juin 2023 confirmé ce refus. Il a alors fait l'objet, par un arrêté du préfet du Finistère du 27 juillet 2023 pris sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français dans les trente jours, fixant la Géorgie comme pays de destination et lui interdisant de revenir en France pendant un an. C'est l'arrêté attaqué.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il résulte d'un arrêté du 29 juin 2023, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, que le préfet du Finistère a donné délégation à M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer tous les actes relevant des attributions du préfet à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions relatives à l'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté du 27 juillet 2023 qu'il comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le support, en l'état des seules informations dont il est établi qu'elles auraient été portées à la connaissance du préfet avant l'intervention de la décision attaquée alors qu'il ressort des pièces produites en défense que conformément aux dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'intéressé avait été dûment informé, lors du dépôt de sa demande d'asile, par un document traduit en géorgien et portant sa signature le 10 novembre 2022, de ce qu'il disposait d'un délai de deux mois pour déposer une demande de titre de séjour sur un autre fondement, délai porté à trois mois dans l'hypothèse d'une demande motivée par son état de santé. Dans ces conditions, cette décision ne peut être regardée comme entachée, s'agissant de l'examen préalable de la situation du requérant, d'aucune erreur de droit.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que bien qu'informé, ainsi qu'il a été dit plus haut, des possibilités qui lui étaient ouvertes par les dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B n'a pourtant, depuis lors, sollicité aucun rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour sur ce fondement S'il se borne à produire divers certificats médicaux ainsi qu'un compte-rendu d'hospitalisation de quelques jours en juin 2023 en soins psychiatriques, la teneur de ces documents ne permet pas de justifier de ce que son état de santé actuel répondrait aux conditions énoncées par les dispositions citées au point 5 et en particulier qu'il ne pourrait faire l'objet d'aucun traitement dans son pays d'origine, le requérant n'établissant pas, comme son conseil le soutient à l'audience, que le traitement qu'il suit ne serait pas disponible ou accessible en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
8. En premier lieu, M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité, invoquée par voie d'exception à l'appui de ses conclusions contre la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
9. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 ci-dessus, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision attaquée et du défaut d'examen suffisant de la situation de l'intéressé, au regard de son état de santé, doivent être écartés.
10. En troisième lieu, , aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. Ainsi qu'il a déjà été dit plus haut, le requérant n'établit pas que son état de santé serait tel qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait exposé à des risques relevant des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des insuffisances alléguées du système de soins dans ce pays. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut dès lors qu'être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
13. En premier lieu, M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité, invoquée par voie d'exception à l'appui de ses conclusions contre la décision lui faisant interdiction de retour doit être écarté.
14. En deuxième lieu, la décision portant interdiction de retour comporte les considérations de droit et de fait au vu desquelles elle a été prise, en particulier la faible durée de présence sur le territoire du requérant et son absence de liens privés ou familiaux. Cette décision répond ainsi suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle fait également suite à un examen suffisant, à cet égard, de la situation du requérant. Dès lors, doivent être écartés les moyens tirés tant de l'insuffisante motivation que de l'erreur de droit commise à cet égard.
15. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 et 11, le moyen tiré de ce que la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français serait, au regard de son état de santé, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui faisant interdiction de retour pendant un an.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2023 du préfet du Finistère doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement au conseil du requérant de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2023.
Le président,
signé
E. A La greffière,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026