LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2304507

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2304507

mercredi 23 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2304507
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBLEVIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 22 août 2023, M. E C et la SARL Kriter 5, représentés par Me Blevin, demandent dans le dernier état de leurs écritures au juge des référés :

1°) de suspendre la décision du maire de Langoat de fermer l'accès à la voie publique du gîte " Le manoir du Jaudy " situé au 1 rue des étangs sur le territoire de la commune ;

2°) d'enjoindre au maire de Langoat, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de retirer les bacs à fleurs, chicanes et motte de terre empêchant l'accès au gîte " Le manoir du Jaudy " dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune de Langoat à verser la somme de 20 850 euros à la société Kriter 5 et la somme de 2 407,15 euros à M. C au titre de leurs préjudices financiers ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Langoat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la mesure contestée les empêche d'accéder au gîte dont M. C est propriétaire et dont la société Kriter 5 assure la gestion ;

- la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté du commerce et de l'industrie et à la liberté d'entreprendre, au droit de propriété et au droit du locataire de disposer librement des biens pris à bail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2023 à 15h58, la commune de Langoat conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- l'exploitation des gîtes soulevait de graves problèmes de sécurité, notamment un incendie survenu le 3 août 2022, qui a justifié l'envoi d'une mise en demeure de fermer l'établissement en attendant que les requérants se mettent en conformité avec la règlementation puis, à l'issue d'une commission de sécurité du 13 juillet 2023, l'édiction d'un arrêté du maire de la commune portant interdiction d'exploitation à des fins touristiques des gîtes ;

- depuis l'édiction de l'arrêté, 91 personnes ont été hébergées dans le gîte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Dayon, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 août 2023 :

- le rapport de M. Dayon,

- les observations de Me Blevin, représentant M. C et la société Kriter 5 : il soulève à titre liminaire l'incompétence de Mme B qui ne dispose pas de la délégation pour présenter des observations dans le cadre de la présente procédure ; il rappelle que M. C est propriétaire d'un manoir divisé en plusieurs gîtes, exploités par la société Kriter 5 ; que les requérants contestent l'arrêté municipal du 17 juillet 2023 dans le cadre d'un référé-suspension qui fera l'objet d'une audience le 29 août 2023 et qui constitue un litige distinct ; il fait valoir que l'urgence est satisfaite au regard de l'atteinte au droit de propriété, caractérisée par l'impossibilité pour M. C d'utiliser ses véhicules désormais bloqués sur le terrain, au regard de la liberté de la société Kriter 5 de disposer des biens pris à bail, au regard de la liberté d'entreprendre et du commerce et de l'industrie de celle-ci, dont les liquidités sont faibles et qui risque en l'état une cessation de paiement et un affaiblissement de son équilibre économique et financier ; il explique à ce titre que la mesure a empêché l'exécution d'un contrat de location pour un montant de 20 850 euros ; il explique que la mesure prise porte une atteinte manifestement grave et illégale à ces libertés fondamentales et met en péril la société Kriter 5 ; il considère que la mesure prise par le maire est disproportionnée et constitue une procédure à l'ancienne pour faire exécuter son arrêté municipal, alors qu'il existe des procédures d'exécution des arrêtés municipaux dans le code général des collectivités territoriales ; il indique ne pas savoir où se situe la motte de terre sur la parcelle ; il ajoute enfin que la société Kriter 5 n'a pas à ce jour prévenu les clients qui auraient des réservations à court terme au cas où la mesure de fermeture serait suspendue.

- Les observations de Mme B, représentant la commune : elle fait valoir que compte tenu des délais d'audiencement très court et de la période estivale, il n'a pas été possible de réunir un conseil municipal afin de prendre une délibération sur la représentation de la commune en justice ; elle explique que la mesure constitue une réaction exceptionnelle de la mairie face à un problème de sécurité des biens et des personnes, que l'aspect financier invoqué par les requérants ne saurait être priorisé au détriment de la sécurité ; elle décrit les circonstances de l'incendie survenu en août 2022 et les modalités de prise en charge des victimes par la commune ; elle constate qu'à la suite de l'édiction de l'arrêté du 17 juillet 2023, l'activité de gîtes touristiques a continué, ce qui a justifié la décision de poser les installations contestées ; elle indique que la décision a été prise par le maire assisté par ses adjoints, qu'il ne s'agit pas d'une démarche personnelle ; elle explique enfin que le terrain comporte deux entrées, au sud-ouest et au nord-ouest, et que la motte de terre dont les photos ont été jointes au dossier a été posée sur l'entrée nord.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la fin de non-recevoir opposée par M. C et la société Kriter 5 :

1. La circonstance que la commune de Langoat, représentée à l'audience publique par sa première adjointe, Mme B, a présenté sa requête sans avoir justifié d'une habilitation de cette dernière donnée par une délibération du conseil municipal ou un arrêté du maire de la commune n'est pas, en raison de la nature même de l'action en référé qui ne peut être intentée qu'en cas d'urgence, de nature à rendre irrecevable les observations produites en défense et présentées au cours de l'audience publique. En outre, la qualité pour agir de Mme B au nom de la commune de Langoat n'est pas contestée sérieusement par les requérants dès lors que la commune produit un arrêté du 26 mai 2020 établissant sa qualité de 1ère adjointe. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier objectivement, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

4. Il résulte de l'instruction que M. C est propriétaire de cinq gîtes situés au 1 rue des étangs, sur le territoire de la commune de Langoat, pour lesquels un contrat de location-gérance a été conclu avec la société Kriter 5 pour une durée indéterminée le 8 octobre 2021. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que l'exploitation de ces gîtes n'a pas été précédée de la délivrance d'une autorisation. Il résulte également de l'instruction que la location des gîtes a généré des nuisances sonores ayant entrainé l'intervention à plusieurs reprises de la gendarmerie et qu'un incendie s'est déclaré dans un des bâtiments au mois d'août 2022. À la suite de courriers de mise en demeure, le maire de la commune de Langoat a, par un arrêté du 17 juillet 2023, prononcé la fermeture au public des gites pour des motifs de sécurité. Il résulte de ce qui a été dit à l'audience publique et n'est pas contesté par les requérants que l'accueil de clients s'est poursuivi en dépit de l'arrêté du 17 juillet 2023. Le 12 août 2023, le maire de la commune de Langoat, assisté d'un adjoint et des services de la gendarmerie, a procédé à la pose de bacs à fleurs, de chicanes et de motte de terre et d'un affichage de l'arrêté du 17 juillet 2023 devant les entrées de la parcelle sur laquelle se trouvent les gîtes faisant l'objet de l'exploitation commerciale de la société Kriter 5. Il résulte ainsi de l'instruction que l'activité de location de gites touristiques était déjà interdite par l'arrêté précité du 17 juillet 2023, de sorte que les requérants ne sauraient utilement invoquer une urgence à faire cesser l'atteinte causée à la liberté d'entreprendre, du commerce et de l'industrie par la mesure contestée. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. C, propriétaire des gîtes, et M. A D, dirigeant de la société Kriter 5, ne résident pas sur la parcelle faisant l'objet des installations contestées. À ce titre, si M. C soutient que les installations ont bloqué ses véhicules sur la parcelle, il n'apporte aucun élément de nature à déterminer le nombre de véhicule en cause, leur état de fonctionnement et la détention d'un certificat d'immatriculation en cours de validité. En outre, il résulte de l'analyse des pièces produites au cours de l'instruction, notamment les photographies des bacs à fleurs établies lors du constat d'huissier du 14 août 2023 que les gîtes restent accessibles à pied par l'entrée située au sud-ouest de la parcelle, la motte de terre bloquant seulement l'accès nord-ouest de la parcelle. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que cet arrêté a fait l'objet d'une requête en annulation ainsi que d'un recours en référé-suspension devant le tribunal qui est inscrit à l'audience du 29 août 2023. Dans ces conditions, les requérants ne démontrent pas l'existence d'une urgence justifiant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées au titre des frais de l'instance présentées par les requérants.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C et autre est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C, à la société Kriter 5 et à la commune de Langoat.

Fait à Rennes, le 23 août 2023.

Le juge des référés,

signé

C. DayonLe greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions