jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SALIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2023, M. E D, représenté par
Me Salin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé la Géorgie comme pays à destination duquel il est susceptible d'être de renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil,
Me Salin, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus du titre de séjour :
- il n'est pas justifié de l'habilitation des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) pour rendre l'avis du 6 mai 2022;
- il n'est pas établi que cet avis a été émis après un rapport médical rédigé par un médecin de l'Office ayant les informations nécessaires sur la disponibilité des soins en Géorgie ;
- la décision portant refus de titre de séjour pour raison de santé qui a été édictée plus d'un an après l'avis du collège de médecins de l'OFII, n'a pas pu prendre en compte l'évolution de l'état de santé de M. D et la modification des traitements prescrits ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen complet et approfondi de sa situation personnelle ;
- le préfet d'Ille-et-Vilaine a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il existe un risque majeur pour sa santé mentale en cas de retour dans son pays d'origine, dès lors qu'il souffre d'un syndrome post-traumatique qui nécessite un suivi psychiatrique, alors que les moyens, notamment en soins ambulatoires, sont insuffisants ;
- il est atteint d'un diabète de type 2 non insulino-dépendant et le retour dans son pays d'origine entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé car la Géorgie ne dispose pas de tests HbA1c permettant de contrôler l'équilibre glycémique ;
-la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet d'Ille-et-Vilaine a méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est atteint d'un diabète de type 2 non insulino-dépendant et le retour dans son pays d'origine entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour son état de santé, car la Géorgie ne dispose pas de tests HbA1c permettant de contrôler l'équilibre glycémique ;
-la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
-elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision fixant le pays de destination méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
29 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grenier, présidente-rapporteure,
- et les observations de Me Salin, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant géorgien né le 26 mars 1981 à Tbilissi, est entré en France le 21 mai 2019 avec son épouse Mme C D et leurs deux filles mineures A et B. M. D a demandé l'asile le 27 mai 2019. Par une décision du 29 novembre 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 26 janvier 2021. Le 4 août 2020, le préfet du Morbihan a édicté un arrêté portant obligation de quitter le territoire à l'encontre du requérant. M. D a ensuite sollicité son admission au séjour pour raison de santé, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 mars 2023, dont M. D demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé la Géorgie comme pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Selon l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé (). ".
3. Il résulte de ces dispositions que le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui se prononcent au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci.
4. En premier lieu, d'une part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de désignation des médecins habilités à émettre l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des pièces produites par le préfet d'Ille-et-Vilaine en défense, que l'avis du
2 février 2022 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été signé par trois médecins régulièrement désignés, par une décision du 1er octobre 2021 du ministre de l'intérieur et des Outre-mer, pour participer au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration chargés d'émettre l'avis prévu par les articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, le collège des médecins s'est prononcé au vu d'un rapport médical établi par un quatrième médecin qui n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En outre, le requérant n'établit pas, par ses seules allégations que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne disposerait pas d'une documentation lui permettant de se prononcer sur la disponibilité des soins dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été rendue à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D a informé le préfet de l'évolution de son état de santé. Le préfet d'Ille-et-Vilaine qui s'est prononcé au vu des informations dont il avait connaissance, n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen approfondi de la situation personnelle de M. D et ce alors même que la décision portant refus de titre de séjour a été édictée plus d'un an après l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet et approfondi de la situation personnelle du requérant ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour ce dernier de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
7. Si l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du
2 février 2022 mentionne que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il indique également que M. D peut bénéficier d'un traitement approprié en Géorgie eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans ce pays. En outre, cet avis précise que l'intéressé peut voyager sans risque vers son pays d'origine.
8. Le requérant fait valoir qu'il souffre d'un syndrome anxio-dépressif et d'un diabète de type 2 non insulino-dépendant.
9. D'une part, si M. D produit un rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) du 30 juin 2020 faisant état du manque de moyens en particulier pour les soins psychiatriques ambulatoires, il ressort toutefois des termes mêmes de ce rapport que plusieurs établissements géorgiens dispensent des soins psychiatriques hospitaliers ou ambulatoires. Le certificat médical du 29 mars 2023 du médecin psychiatre qui le suit, s'il relève qu'un retour en Géorgie serait préjudiciable pour l'état psychique de M. D, ne se prononce pas sur la disponibilité des soins psychiatriques dans ce pays et n'est ainsi pas de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué, que les antidépresseurs et les anxiolytiques prescrits au requérant, ou des médicaments équivalents, ne seraient pas disponibles en Géorgie.
10. D'autre part, M. D fait également valoir que la Géorgie ne dispose pas des tests HbA1c permettant de contrôler l'équilibre glycémique, ce qui entrainera des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé. Toutefois, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge administratif doit seulement s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès. Il n'a pas à rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France. Au soutien de ses allégations selon lesquelles il ne sera pas en mesure de bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, le requérant ne produit que des certificats médicaux dont les termes généraux ne permettent pas de remettre en cause la teneur de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant à la possibilité pour M. D de bénéficier d'un traitement effectif approprié à son diabète en Géorgie, alors même que celui-ci ne serait pas identique à celui dont il bénéficie en France. Il en va de même pour la documentation générale de l'Organisation mondiale de la santé sur la prise en charge du diabète en Géorgie et pour les articles de presse, qui relèvent d'ailleurs qu'il existe une prise en charge du diabète en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. D résidait en France avec sa famille depuis quatre ans à la date de la décision attaquée. Alors même qu'il a suivi des cours de français, il ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle. Il ressort des pièces du dossier que son épouse fait également l'objet d'une décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Ainsi qu'il a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas se faire soigner en Géorgie. Les pièces produites ne permettent pas d'établir que sa fille A, née le 25 décembre 2009, qui souffre d'un diabète de type 1, ne sera pas en mesure de bénéficier d'un traitement adapté à sa pathologie en Géorgie, alors même qu'il ne serait pas identique à celui par pompe à insuline dont elle bénéficie en France. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les filles du requérant, nées respectivement en 2005 et 2009, ne seront pas en mesure de poursuivre leur scolarité en Géorgie, s'agissant pour l'aînée d'études dans le secteur des métiers de la mode et du vêtement et, pour la seconde, de sa scolarité en classe de 3ème. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour ne porte pas au droit au respect de la vie privée et familiale de
M. D, garanti par les stipulations précitées, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Elle ne méconnaît pas, en conséquence, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En cinquième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences pour M. D.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
17. En vertu des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français " l'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".
18. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 et 10 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être écartés.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :
21. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
22. Si le requérant soutient qu'il encourt des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Géorgie, M. D n'établit toutefois pas la réalité des craintes alléguées et des risques auxquels il serait personnellement exposé. Sa demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'OFPRA, le 29 novembre 2019 au motif que ses déclarations ne permettaient pas de tenir les faits allégués pour établis et de regarder comme fondées les craintes de persécution exprimées en cas de retour en Géorgie. M. D ne fait état d'aucune circonstance nouvelle au soutien de ses écritures. En outre ainsi qu'il a été dit, il n'est pas établi que M. D ne sera pas en mesure de bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 mars 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant la Géorgie comme pays de renvoi doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction de M. D.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. D au profit de son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Thalabard, première conseillère,
- Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 19 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
C. Grenier L'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
M. Thalabard
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026