jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SALIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2023, Mme C E épouse D, représentée par Me Salin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé la Géorgie comme pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil,
Me Salin, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus du titre de séjour :
- il n'est pas justifié de l'habilitation des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) pour rendre l'avis du 6 mai 2022 ;
- il n'est pas établi que cet avis a été émis après un rapport médical rédigé par un médecin de l'OFII ayant les informations nécessaires sur la disponibilité des soins en Géorgie ;
- la décision portant refus de titre de séjour pour raison de santé, qui a été édictée dix mois après l'avis du collège de médecins de l'OFII, n'a pas pu prendre en compte l'évolution de l'état de santé de sa fille A D ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen complet et approfondi de sa situation personnelle et de celle de sa fille ;
- le préfet d'Ille-et-Vilaine a méconnu les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- sa fille est atteinte d'un diabète de type I traité par insuline sous-cutanée par une pompe à insuline alors que la Géorgie ne dispose pas de ce traitement ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision fixant le pays de destination méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grenier, présidente-rapporteure,
- et les observations de Me Salin, représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E épouse D, ressortissante géorgienne née le
27 août 1982, est entrée en France le 21 mai 2019 avec son époux M. F D et leurs deux filles mineures, A et B. Mme D a demandé l'asile le 27 mai 2019. Par une décision du 29 novembre 2019, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 26 janvier 2021. Le 4 août 2020, le préfet du Morbihan a édicté un arrêté portant obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours à l'encontre de la requérante. Le 30 novembre 2021, Mme D a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en qualité de parente de sa fille mineure malade. Par un arrêté du 20 mars 2023, dont
Mme D demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé la Géorgie comme pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). ". Selon l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article L.425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. (). / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".
3. Il résulte de ces dispositions que le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par le parent étranger d'un mineur étranger malade, compte tenu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui se prononcent au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du mineur étranger établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen de l'enfant, constitue une garantie pour celui-ci.
4. En premier lieu, d'une part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de désignation des médecins habilités à émettre l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Il ressort des pièces du dossier, notamment des pièces produites par le préfet d'Ille-et-Vilaine en défense, que l'avis du
6 mai 2022 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été signé par trois médecins régulièrement désignés, par une décision du 1er octobre 2021 du ministre de l'intérieur et des Outre-mer, pour participer au collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration chargés d'émettre l'avis prévu par les articles
R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, le collège des médecins s'est prononcé au vu d'un rapport médical établi par un quatrième médecin qui n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII. En outre, la requérante n'établit pas, par ses seules allégations, que le collège des médecins de l'OFII ne disposerait pas d'une documentation lui permettant de se prononcer sur la disponibilité des soins dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été rendue à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D a informé le préfet de l'évolution de l'état de santé de sa fille. Le préfet d'Ille-et-Vilaine qui s'est prononcé au vu des informations dont il avait connaissance, n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen approfondi de la situation de la fille de la requérante, et ce alors même qu'il a pris sa décision portant refus de titre de séjour plus de dix mois après l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet et approfondi de la situation de la requérante et de celle de sa fille ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour ce dernier de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
7. L'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 6 mai 2022 relève que l'état de santé de la jeune A, née le
25 décembre 2009, fille de la requérante, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais que celle-ci peut cependant bénéficier d'un traitement approprié en Géorgie, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans ce pays. En outre, cet avis précise que l'intéressée peut voyager sans risque vers son pays d'origine.
8. La requérante fait valoir que sa fille souffre d'un diabète de type I, traité par insuline sous-cutanée avec une pompe à insuline. Elle soutient que la Géorgie ne dispose pas de pompes à insuline, ce qui entrainera des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de sa fille. Toutefois, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge administratif doit seulement s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès. Il n'a pas à rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France. Au soutien de ses allégations selon lesquelles sa fille ne sera pas en mesure de bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, Mme D ne produit que des certificats médicaux dont les termes généraux ne permettent pas de remettre en cause la teneur de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant à la possibilité pour la jeune A de disposer d'un traitement effectif approprié à son diabète en Géorgie, alors même que ce traitement ne serait pas identique à celui dont elle bénéficie en France. Il en va de même pour la documentation générale de l'Organisation mondiale de la santé sur la prise en charge du diabète en Géorgie et pour les articles de presse, qui font d'ailleurs état de l'existence d'une prise en charge du diabète en Géorgie, grâce notamment à des lecteurs de glycémie et de l'insuline injectée par stylo ou seringue. L'article de presse du 2 février 2023 portant plus spécifiquement sur la prise en charge des enfants atteints de diabète en Géorgie, selon lequel l'insuline manque, n'est pas davantage de nature, par lui-même, à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme D réside en France avec sa famille depuis quatre ans à la date de la décision attaquée. Il ressort également des pièces du dossier que son époux fait également l'objet d'une décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Ainsi qu'il a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa fille ne pourrait pas se faire soigner en Géorgie. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les filles de la requérante, nées respectivement en 2005 et 2009, ne seront pas en mesure de poursuivre leur scolarité en Géorgie, s'agissant pour l'aînée d'études dans le secteur des métiers de la mode et du vêtement et, pour la seconde, de sa scolarité en classe de 3ème. Malgré les efforts d'intégration dans la société française de la requérante, qui a suivi des cours de français, travaillé en qualité d'employée de ménage, été bénévole dans plusieurs associations et produit une promesse d'une agence d'intérim pour lui proposer des missions et une formation d'aide à la personne ou de nettoyage, la décision portant refus de titre de séjour ne porte pas au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme D, garanti par les stipulations précitées, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Elle ne méconnaît pas, en conséquence, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En cinquième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.
13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences pour Mme D.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme D tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être écartés.
16. Il en résulte que les conclusions de Mme D tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi :
17. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
18. Si la requérante soutient qu'elle encourt des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Géorgie, Mme D n'établit toutefois pas la réalité des craintes alléguées et des risques personnels auxquels sa famille serait exposée. Sa demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'OFPRA, le 29 novembre 2019 au motif que ses déclarations ne permettaient pas de tenir les faits allégués pour établis et de regarder comme fondées les craintes de persécution alléguées en cas de retour en Géorgie. Mme D ne fait état d'aucune circonstance nouvelle au soutien de ses écritures. En outre, ainsi qu'il a été dit, il n'est pas établi que sa fille, A, ne sera pas en mesure de bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme D tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 mars 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant la Géorgie comme pays de destination doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction de Mme D.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande de Mme D au profit de son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E épouse D et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Thalabard, première conseillère,
- Mme Pellerin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 19 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
C. GrenierL'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
M. Thalabard
La greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026