lundi 18 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2304733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er septembre 2023, Mme A C, représentée par Me Maral, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du préfet d'Ille-et-Vilaine du 23 mars 2023 portant rejet de sa demande de regroupement familial, présentée au bénéfice de sa fille ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocate contre sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et familiale ; elle fait obstacle à ce que sa fille puisse la rejoindre, dont elle est séparée depuis 2011 ; elle a déposé sa demande de regroupement familial dès que sa situation professionnelle et personnelle le lui permettait ; sa fille réside seule en Haïti, où la situation sécuritaire est alarmante ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
* elle méconnaît les dispositions des articles L. 434-7 et L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* un refus automatique fondé sur la seule insuffisance des revenus est illégal, sans appréciation de la situation personnelle du demandeur, en ce qu'il révèle que le préfet n'a pas exercé son pouvoir d'appréciation ; il appartenait en l'espèce au préfet d'Ille-et-Vilaine d'examiner l'ensemble des éléments de sa situation, outre qu'il lui était loisible de prendre en considération les revenus perçus postérieurement à l'enregistrement de sa demande ;
* elle a suivi des formations professionnelles et ses revenus ont augmenté après la période de référence ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est la seule représentante légale de sa fille mineure ; elle est également mère de deux enfants français, qui n'ont pas vocation à résider à Haïti ;
* elle méconnaît également de stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : les pièces du dossier ne confirment pas l'isolement allégué de la fille de Mme C ; il n'est pas établi que sa sécurité serait personnellement et actuellement menacée ; l'état-civil de cette jeune fille n'est pas même établi par les pièces du dossier, ce qui ferait en tout état de cause obstacle à la délivrance d'un visa par les autorités consulaires en Haïti ; Mme C n'établit pas son impossibilité de se rendre en Haïti pour voir sa fille ;
- Mme C ne soulève aucun moyen propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* les conditions de ressources ne sont pas satisfaites, y compris après la période de référence ; les prestations sociales sont exclues des ressources à prendre en considération ;
* la fille de Mme C sera majeure en janvier 2024, et pourra à cette date solliciter un visa pour visiter sa mère ;
* Mme C n'établit pas l'existence de liens conservés avec sa fille d'une intensité telle que la décision en litige porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de leur vie privée et familiale ;
* la décision ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de son enfant.
Vu :
- la requête au fond n° 2304478, enregistrée le 17 août 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Me Maral, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, et précise notamment que :
* Mme C est arrivée en Guadeloupe sans ressources en 2011, sans avoir pu emmener sa fille, âgée de 5 ans ; elle l'a confiée à ses parents, qui s'en sont occupés jusqu'à leur décès, en 2016 s'agissant de son père et en 2020 s'agissant de sa mère ; depuis lors, sa fille a été prise en charge par sa sœur, qui réside à Mirebalais ; sa fille réside toutefois désormais seule à Port-au-Prince, seule ville où elle peut faire ses études ;
* la condition tenant à l'urgence est satisfaite, eu égard à la durée de sa séparation d'avec sa fille ; elle ne peut retourner en Haïti, étant mère de deux enfants de nationalité française ; la situation sécuritaire en Haïti et tout particulièrement à Port-au-Prince est très préoccupante ; les risques de kidnapping sont, de manière avérée, très élevés et elle ne dispose pas des moyens financiers qui lui permettraient d'acquitter une rançon ; elle ne peut pas non plus s'acquitter des droits de passage exigés par les gangs ;
* la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
* le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est senti lié par l'insuffisance des revenus et n'a porté aucune appréciation sur sa situation personnelle, familiale notamment ;
* il n'a pas non plus pris en considération ses efforts d'intégration et les nombreuses formations professionnelles suivies ;
* elle justifie prendre en charge financièrement les besoins quotidiens de sa fille ; les relevés de virements réguliers en attestent ;
* elle justifie également de ses contrats de travail régulièrement renouvelés, dont un dernier, signé pour le mois de septembre 2023 ;
- les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes arguments, et fait notamment valoir que :
* Mme C est entrée régulièrement en Guadeloupe, sous couvert d'un visa, ce qui implique qu'elle disposait de ressources suffisantes ;
* l'isolement de sa fille n'est pas établi, pas davantage que ne l'est l'existence des menaces actuelles et personnelles qui pèseraient sur elle ;
* le contrat de bail produit a été conclu en novembre 2022, pour une prise d'effet en mai 2023 ;
* les ressources de Mme C sont insuffisantes, pour la période de référence et toute la période postérieure ; en 2023, l'intégralité des ressources déclarées a pour origine des prestations sociales ;
* les contrats de travail récents produits ne sont pas probants, et n'établissent pas que les revenus sont désormais suffisants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante haïtienne née le 8 août 1978, est entrée en France le 23 décembre 2011, en Guadeloupe, puis sur le territoire métropolitain en 2018, et y réside depuis lors, sous couvert d'un titre de séjour pluriannuel, valable en dernier lieu jusqu'au 7 novembre 2023. Elle a sollicité, le 24 juin 2021, un regroupement familial au bénéfice de sa fille aînée, née le 26 janvier 2006, rejeté par décision du préfet d'Ille-et-Vilaine du 23 mars 2023. Mme C a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cette décision et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Mme C justifie avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il y a par suite lieu, en application des dispositions précitées, de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Pour refuser de faire droit à la demande de regroupement familial déposée par Mme C au bénéfice de sa fille, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est fondé sur l'insuffisance de ses revenus au regard de la composition de son foyer et sur l'absence d'atteinte, tant à son droit au respect de sa vie privée et familiale qu'à l'intérêt supérieur de son enfant.
5. D'une part, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, (.), peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / () / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de son article L. 434-7 : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / () ". Aux termes de son article L. 434-8 : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / () ". Aux termes de son article R. 434-4 : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; / () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le niveau des ressources du demandeur doit être apprécié par référence à la moyenne du salaire minimum de croissance sur la période de douze mois précédant le dépôt de sa demande, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande. Il en résulte également que si l'autorité administrative peut légalement rejeter une demande de regroupement familial au motif que l'intéressé ne remplirait pas l'une ou l'autre des conditions légales requises, notamment celle tenant à des ressources stables et suffisantes, elle ne peut le faire qu'après avoir vérifié que, ce faisant, elle ne porte pas une atteinte excessive au droit du demandeur au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, le cas échéant, qu'elle ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
8. En premier lieu, la décision en litige fait mention des dispositions légales et réglementaires appliquées ainsi que des considérations de fait, tenant à l'insuffisance des revenus, qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation n'apparaît par suite pas propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
9. En deuxième lieu, la décision fait mention des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Pour regrettable que soit le caractère lapidaire de la décision sur ce point, il ne résulte d'aucun de ses termes, pas davantage qu'il ne ressort des pièces du dossier, que le préfet d'Ille-et-Vilaine se serait cru lié par la seule insuffisance des revenus de Mme C, n'aurait pas procédé à un examen complet et circonstancié de sa situation et n'aurait notamment pas préalablement vérifié que la décision défavorable envisagée ne les méconnaissait pas. L'intéressée ne soutient au demeurant pas avoir porté à la connaissance du préfet d'Ille-et-Vilaine des éléments précis et particuliers tenant à sa situation personnelle et familiale, qui n'auraient pas été pris en considération. Dans ces circonstances et en l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur de droit, motif pris d'un défaut d'examen complet et d'une absence de mise en œuvre par le préfet d'Ille-et-Vilaine de son pouvoir d'appréciation, n'apparaît pas non plus propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
10. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et n'est au demeurant pas sérieusement contesté par Mme C, qu'elle ne satisfait pas à la condition légale tenant aux ressources, ni pour la période de référence fixée par les textes applicables, ni pour la période postérieure courant jusqu'à la décision en litige. Le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions des L. 434-7 et L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'apparaît par suite pas davantage propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
11. En quatrième lieu, si Mme C justifie procéder à des virements réguliers à destination de membres de sa famille résidant en Haïti, dont rien ne laisse supposer qu'ils ne visent pas à satisfaire ou à tout le moins contribuer aux besoins de sa fille, il ne ressort toutefois d'aucune des pièces du dossier qu'elle aurait conservé avec elle des relations et liens particuliers, n'établissant pas et n'alléguant pas même l'avoir vue régulièrement depuis 2011, année de leur séparation. En se bornant par ailleurs à faire valoir qu'elle n'a pas vocation à retourner en Haïti au motif qu'elle est également mère de deux enfants français, elle n'établit pas qu'il lui est impossible de rendre visite régulièrement à sa fille aînée. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que celle-ci serait isolée à Port-au-Prince, le contrat de bail de son logement, conclu en novembre 2022 pour la période allant de mai à novembre 2023, indiquant une adresse à Mirebalais, et tant les relevés de notes que le certificat d'inscription au collège pour l'année 2022-2023 étant établis par un établissement situé également à Mirebalais, commune dont est originaire Mme C, située à environ 50 km de Port-au-Prince et dans laquelle elle indique que toute sa famille réside. Dans ces circonstances, et nonobstant la situation sécuritaire générale en Haïti, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant n'apparaissent pas non plus propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
12. Aucun des moyens invoqués par Mme C et analysés ci-dessus n'étant propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige, l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions de Mme C tendant à la suspension de l'exécution de la décision du préfet d'Ille-et-Vilaine du 23 mars 2023 portant refus de regroupement familial au bénéfice de sa fille ne peuvent, par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
13. La présente ordonnance n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par Mme C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise pour information au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 18 septembre 2023.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026